Hanoi (VNA) – Avec plus de 1,07 million d’entreprises en activité et un nombre croissant de nouvelles créations, le secteur privé vietnamien connaît une forte expansion. L’enjeu est désormais de transformer cet essor quantitatif en croissance durable, en renforçant la taille, la productivité et la compétitivité des entreprises afin d’accroître leur contribution à l’économie nationale.
Lors d’un séminaire intitulé « Promouvoir l’inclusion financière et les opportunités de développement des entreprises dirigées par des femmes en faveur d’un avenir vert », organisé récemment par la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), Trân Thanh Huong, représentante du ministère des Finances, a souligné que le secteur privé bénéficiait de nouvelles perspectives de développement.
Depuis la promulgation, le 1er mai 2025, de la Résolution 68-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de l’économie privée, le Vietnam a enregistré environ 297.500 entreprises nouvellement créées ou ayant repris leurs activités en 2025. Au cours des huit premiers mois de 2026, près de 206.400 entreprises ont été créées ou ont fait leur entrée sur le marché. Le pays compte actuellement plus de 1,07 million d’entreprises en activité, représentant un capital social enregistré total de plus de 32,5 millions de milliards de dôngs. Quelque 4.200 ménages exerçant une activité commerciale ont également adopté le statut d’entreprise.
Partageant cette analyse, Hoang Quang Phong, vice-président de la VCCI, a estimé que cette résolution permettait non seulement aux particuliers et aux entreprises de prendre davantage d’initiatives dans leurs activités économiques, mais contribuait également à un développement socio-économique plus durable.
Selon lui, la mise en place d’un cadre juridique plus clair et la simplification des procédures permettent aux entreprises de mieux anticiper leurs investissements, d’accroître leur capacité de production, de se conformer à la législation et d’élaborer des stratégies à long terme.
Toutefois, au-delà de l’augmentation du nombre d’entreprises, le défi majeur consiste désormais à améliorer leur qualité et leur capacité de développement. Trân Thanh Huong a notamment évoqué les difficultés liées à l’affaiblissement de la demande sur certains grands marchés européens, américain et asiatiques, à la montée du protectionnisme commercial, à l’augmentation des coûts de l’énergie et du transport ainsi qu’au durcissement des exigences en matière d’origine et de traçabilité des marchandises.
Dans ce contexte, les politiques de soutien évoluent progressivement, privilégiant désormais la qualité de la croissance, la capacité d’adaptation et le développement durable des entreprises. Le 25 mai 2026, le Premier ministre a promulgué la décision n° 926/QĐ-TTg approuvant le Programme de soutien aux activités économiques durables pour la période 2026-2030. Celui-ci prévoit notamment des formations sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), des conseils en matière de transition verte, la formation d’experts et un accompagnement pour faciliter l’accès des entreprises aux marchés.
Le programme devrait bénéficier à 25.000 entreprises, ménages commerciaux et coopératives, tout en permettant de développer 20 modèles exemplaires. Il prévoit également de mobiliser davantage de ressources privées, de développer la finance verte, de promouvoir l’innovation et de renforcer les liens entre les entreprises et les chaînes d’approvisionnement durables.
La nécessité de faire grandir les entreprises est également au cœur de l’élaboration des politiques en faveur des petites et moyennes entreprises (PME). Lors d’une séance de discussion organisée le 28 septembre par les députés à plein temps sur plusieurs projets de loi, dont celui relatif au développement des PME, le ministre des Finances, Ngô Van Tuân, a souligné que leur croissance constituait une mission essentielle pour atteindre l’objectif d’une croissance économique à deux chiffres.
Il a présenté trois principes fondamentaux pour les politiques de soutien : faciliter au maximum les activités de production et commerciales, encourager les entreprises à se développer tant en taille qu’en qualité, et garantir une utilisation équilibrée des ressources budgétaires.
Selon les estimations du ministère des Finances, compte tenu du nombre actuel de PME, le budget de l’État devrait consacrer environ 10.000 milliards de dôngs par an aux exonérations de l’impôt sur les sociétés pendant les trois premières années d’activité. Le ministère propose également de relever les seuils d’application d’une méthode simplifiée de calcul de la taxe sur la valeur ajoutée et de l’impôt sur les sociétés, fondée sur le chiffre d’affaires multiplié par le taux d’imposition, afin de réduire les coûts de conformité.
Le projet de loi prévoit par ailleurs d’institutionnaliser les dispositions relatives au soutien à l’accès aux locaux commerciaux, conformément à la Résolution 68-NQ/TW et à la Résolution n° 198/2025/QH15 de l’Assemblée nationale. Il propose également un mécanisme de bons de soutien permettant aux PME de réduire certaines dépenses liées au recours à des services.
La Résolution 68-NQ/TW ouvre ainsi de nouvelles perspectives à l’économie privée. Après avoir favorisé l’émergence de nouvelles entreprises, le Vietnam entend désormais créer les conditions permettant à celles-ci de changer d’échelle, d’améliorer leur productivité et de renforcer leur compétitivité. La capacité à transformer cette dynamique entrepreneuriale en croissance durable constituera un enjeu majeur pour l’économie vietnamienne dans la nouvelle période.-VNA