Hanoï (VNA) – Les courts métrages et les films faisant appel aux technologies d’intelligence artificielle (IA) sont de plus en plus présents sur les plateformes numériques. Ils répondent à une demande de divertissement rapide tout en ouvrant de nouvelles possibilités de création aux cinéastes. Mais derrière des œuvres attrayantes et inventives, certains contenus présentent des lacunes en matière de qualité, de construction des personnages ou de comportements, voire véhiculent des messages inappropriés susceptibles d’influencer la perception et les goûts du public, notamment des enfants et des adolescents. Une situation qui pose la question du renforcement de la responsabilité des acteurs diffusant des films sur Internet et de leur encadrement.
Les témoignages de spectateurs illustrent l’attrait de ces productions. Hông Nhung, commerçante au marché de Thach Ban, à Long Biên, à Hanoï, explique regarder régulièrement des courts métrages sur les réseaux sociaux pendant les périodes creuses. Ce qui n’était au départ que quelques séquences est progressivement devenu une habitude difficile à interrompre, certaines séances pouvant durer plusieurs heures. Elle reconnaît toutefois que, si certains films sontintéressants, d’autres proposent des situations peu réalistes et mettent en scène des comportements qu’elle juge déviants.
Minh Hang, fonctionnaire résidant dans le quartier de Hai Ba Trung, à Hanoï, regarde quant à elle des courts métrages sur Facebook, TikTok ou YouTube pour se détendre. Elle apprécie leur rythme soutenu et leur format court, qui permet de suivre facilement les épisodes tout en maintenant l’intérêt grâce à des fins qui incitent à regarder la suite. Elle estime cependant que certains films réalisés avec l’IA exagèrent les situations, s’éloignent de la réalité et présentent parfois des modes de pensée ou des comportements déformés. Selon elle, leur multiplication pourrait finir par influencer la perception du public.
Les jeunes sont également fortement attirés par ces contenus. Nguyên Thu Phuong, étudiante dans une université de Hanoï, raconte qu’elle prévoit parfois de regarder seulement quelques minutes avant de dormir, mais finit par enchaîner les films, parfois toute la nuit, au point d’être trop fatiguée le lendemain pour aller en cours.
Ces derniers temps, les courts métrages et les films utilisant l’IA se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Si certaines productions présentent de belles images et des contenus attractifs, d’autres sont réalisées avec peu de soin, avec des scénarios confus et des personnages adoptant des comportements violents, vulgaires ou contraires aux normes sociales. Des spécialistes estiment qu’une œuvre de valeur doit tendre vers le vrai, le bien et le beau, refléter de manière authentique la vie et contribuer à promouvoir les valeurs positives. La consommation répétée de contenus vulgaires, violents ou nuisibles pourrait avoir des effets négatifs sur les valeurs culturelles, particulièrement chez les jeunes.
Le directeur de l’Agence du cinéma, Dang Tran Cuong, souligne que les courts métrages et les films utilisant l’IA ne constituent pas en eux-mêmes une source d’inquiétude. Ces nouvelles formes de création disposent d’un potentiel de développement et, si elles sont correctement encadrées, peuvent contribuer à l’essor de l’industrie cinématographique. L’enjeu porte plutôt sur la classification des films, leur étiquetage, leur conformité aux règles et les conditions nécessaires à leur diffusion en ligne.
L’Agence du cinéma a récemment demandé aux entreprises, organismes et particuliers diffusant des films en ligne de vérifier les contenus et de respecter strictement la réglementation. Les diffuseurs doivent notamment disposer d’un conseil, d’un logiciel ou d’un mécanisme de classification, assumer la responsabilité des résultats et être en mesure d’actualiser, de suspendre ou de retirer les contenus à la demande des autorités compétentes. Les listes de films et leurs classifications doivent être communiquées avant leur diffusion, avec l’affichage des catégories, des avertissements et des mesures de protection destinées aux enfants.
Les plateformes numériques, plateformes intermédiaires et magasins d’applications proposant des films au Vietnam sont également appelés à examiner rapidement les films, courts métrages et applications concernés et à empêcher la diffusion des contenus ne répondant pas aux exigences légales.
L’Agence du cinéma coordonne actuellement les opérations de contrôle et la vérification des contenus présentant des signes d’infraction. Les cas concernés seront traités, selon leur nature, par les autorités compétentes.-VNA