Hanoi (VNA) - Quels que soient les artifices rhétoriques employés, les discours hostiles peinent à résister à la réalité au Vietnam ainsi qu’aux orientations visant à bâtir un appareil dirigeant intègre, transparent et au service du peuple. Pour 2026, la lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques négatives devra être menée de manière « plus résolue, plus efficace et plus durable », conformément aux directives du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV), Tô Lâm.
Chaque fois que le Parti et l’État vietnamiens mettent en œuvre des politiques ou des solutions destinées à favoriser le développement national et à améliorer les conditions de vie de la population, des organisations et individus hostiles, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, multiplient les attaques et accusations.
La campagne de lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques négatives menée ces dernières années n’échappe pas à cette logique. Certains opposants la qualifient de campagne « de façade », « populiste » ou encore menée avec indulgence.
Pourtant, ces accusations ont perdu de leur crédibilité en mai dernier, lorsque le Tribunal populaire de Hanoï a ouvert le procès de l’ancienne ministre de la Santé, Nguyên Thi Kim Tiên, ainsi que de neuf autres accusés impliqués dans des irrégularités liées aux projets du second établissement des hôpitaux Bach Mai et Viêt Duc.
Autrefois considérée comme une figure influente du secteur de la santé, l’ancienne ministre a néanmoins fait l’objet de réquisitions du Parquet proposant une peine de cinq à six ans d’emprisonnement pour « violation des règles relatives à la gestion et à l’utilisation des biens publics ayant entraîné pertes et gaspillage ».
Dès lors, les accusations récurrentes évoquant une lutte « sélective » ou limitée aux échelons inférieurs ont perdu toute force persuasive. Les discours hostiles se sont alors réorientés vers d’autres thèses, présentant la campagne anticorruption comme une « lutte de factions » ou une opération de « boucs émissaires ».
Lors de sa 29e session tenue le 25 décembre 2025, le Comité central de pilotage de la prévention et de la lutte contre la corruption, le gaspillage et les phénomènes négatifs a présenté un bilan détaillé des actions engagées.
Malgré un contexte marqué par des difficultés économiques et des catastrophes naturelles, les autorités ont affirmé avoir poursuivi de manière active les actions de prévention, de contrôle et de sanction, en lien avec le développement socio-économique et l’organisation des congrès du Parti à différents niveaux.
Selon ce rapport, l’année 2025 – dernière année de mise en œuvre de la Résolution du 13e Congrès national du Parti – s’est déroulée dans un contexte marqué par de nombreuses difficultés, notamment des catastrophes naturelles et des inondations d’une ampleur exceptionnelle. Malgré cela, le Comité de pilotage a poursuivi avec détermination les actions de prévention, de contrôle et de sanction, en les associant au développement socio-économique, au fonctionnement des administrations locales à deux niveaux et à l’organisation des congrès du Parti à différents échelons.
Les résultats publiés témoignent de cette intensification. En 2025, les comités du Parti et les commissions de contrôle ont sanctionné plus de 330 organisations du Parti et 9.600 membres. Le Comité central, le Bureau politique, le Secrétariat et la Commission centrale de contrôle ont infligé des mesures disciplinaires à 23 cadres relevant de leur compétence, dont six ont fait l’objet de poursuites pénales. Les autorités ont également recommandé la récupération ou le traitement financier de plus de 75.132 milliards de dôngs et de 633 hectares de terrains, ainsi que des sanctions administratives contre 928 collectifs et 3.058 individus.
Par ailleurs, les organes judiciaires du pays ont ouvert 3.325 nouvelles affaires impliquant 8.516 personnes poursuivies pour des infractions économiques, de corruption ou d’abus de fonction, dont 585 affaires de corruption concernant 1.585 accusés.
S’agissant des affaires suivies directement par le Comité central de pilotage, les autorités ont engagé de nouvelles poursuites dans plusieurs dossiers complexes, lancé des procédures complémentaires et organisé des procès en première instance comme en appel.
Pour 2026, les autorités vietnamiennes entendent renforcer les inspections, audits, enquêtes et procédures judiciaires afin de traiter définitivement les affaires graves et complexes suscitant l’attention de l’opinion publique. Elles affirment également vouloir empêcher la répétition des anciennes irrégularités et prévenir tout acte de corruption ou de gaspillage dans la mise en œuvre des grands projets nationaux et locaux.
Le Vietnam considère la lutte contre la corruption comme une tâche politique majeure, menée selon le principe "sans zone interdite, sans exception". Cette politique repose notamment sur la loi modifiée sur la prévention et la lutte contre la corruption adoptée en 2025, ainsi que sur des mécanismes renforcés de contrôle des patrimoines et des sanctions pénales.
Les autorités soulignent également que la corruption demeure un phénomène présent dans tous les pays, quel que soit leur niveau de développement ou leur système politique. Elles estiment que, dans les économies développées, certaines formes de corruption prennent des formes plus sophistiquées, notamment à travers les activités de lobbying, les financements politiques ou les relations d’intérêts entre responsables publics et groupes économiques.
Au Vietnam, la campagne anti-corruption est placée sous la direction directe du Comité central de pilotage et mise en œuvre avec la coordination de plusieurs institutions, dont l’Inspection gouvernementale, le ministère de la Sécurité publique, le Parquet populaire suprême et la Cour populaire suprême.
Les autorités affirment enfin que les poursuites engagées contre des responsables, y compris de haut rang, ont contribué à assainir l’appareil de l’État et à renforcer la confiance de la population. Lors d’une réunion tenue le 18 mars 2026 sur les priorités du premier semestre, le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, a insisté sur la nécessité de « parler moins et agir davantage », tout en exigeant des résultats concrets et durables après chaque session du Comité de pilotage. -VNA