Conflit au Moyen-Orient : des pressions croissantes sur les entreprises vietnamiennes et sept pistes de réponse

Sous l’effet du conflit au Moyen-Orient, les entreprises vietnamiennes subissent des pressions croissantes sur les coûts, la logistique, les marchés et le financement, conduisant les autorités à proposer un ensemble de solutions pour renforcer leur résilience et leur capacité d’adaptation.

Un navire transportant du GNL accoste au terminal LNG de Thi Vai pour importer du gaz naturel liquéfié et renforcer l’approvisionnement énergétique du marché intérieur. Photo: VNA
Un navire transportant du GNL accoste au terminal LNG de Thi Vai pour importer du gaz naturel liquéfié et renforcer l’approvisionnement énergétique du marché intérieur. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - Le Comité de recherche sur le développement du secteur privé, relevant du Conseil consultatif des réformes administratives du Premier ministre, a récemment soumis un rapport évaluant l’impact du conflit militaire au Moyen-Orient sur les activités de production et d’affaires des entreprises vietnamiennes.

Fondé sur une enquête rapide menée du 16 au 22 mars 2026 auprès de 228 entreprises, le document met en évidence la transformation des risques géopolitiques en pressions concrètes sur l’activité économique.

Selon l’enquête, 62,7 % des entreprises estiment que le conflit a un impact important ou très important sur leurs activités, tandis que 55,3 % déclarent en subir déjà des effets directs. Les secteurs les plus exposés sont ceux liés à l’énergie, au transport, à l’import-export, à l’industrie manufacturière et à l’agriculture.

La hausse des coûts des intrants constitue le principal canal de transmission. Près de 87,7 % des entreprises interrogées signalent une augmentation des coûts, dont plus de la moitié à un niveau élevé. Cette pression, liée notamment à la hausse des prix de l’énergie, des matières premières, de la logistique et du financement, érode les marges, fragilise les flux de trésorerie et menace la continuité des commandes.

Parallèlement, 52,2 % des entreprises font état de perturbations du transport international et de la logistique, se traduisant par des délais allongés et des coûts en hausse. En outre, 53,5 % signalent une baisse des commandes à l’export, en particulier vers l’Asie et le Moyen-Orient, affectant directement leur compétitivité et leur capacité à maintenir leurs marchés.

Le choc touche également l’investissement et les conditions financières : 64,5 % des entreprises ont reporté ou ajusté leurs projets d’investissement, dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, de difficultés d’accès au crédit et de volatilité des taux de change. La majorité des entreprises évaluent leur résilience comme moyenne (59,3 %), voire faible (23,7 %), révélant une capacité d’adaptation limitée face à des chocs simultanés.

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Manutention de marchandises à l’export et à l’import au port MPC de Hai Phong. Photo: VNA

Face à ces défis, le Comité recommande au gouvernement de stabiliser en priorité les prix de l’énergie et de sécuriser les approvisionnements afin de réduire la pression sur les coûts de production. Il souligne également la nécessité de déployer rapidement des mesures de soutien financier, notamment en facilitant l’accès au crédit, en réduisant les taux d’intérêt et en restructurant les dettes pour améliorer la trésorerie des entreprises, en particulier des PME et des secteurs les plus exposés.

Parallèlement, il appelle à renforcer les systèmes d’information, de prévision et d’alerte précoce, tout en intensifiant le dialogue public-privé afin de diversifier les marchés, les sources d’approvisionnement et les routes logistiques. Le rapport insiste aussi sur l’urgence d’accélérer la réforme des procédures administratives, de lever les obstacles juridiques et de garantir une mise en œuvre cohérente des politiques, afin de réduire les coûts de conformité pour les entreprises.

En outre, le Comité souligne l’importance de mettre en œuvre la Résolution 57-NQ/TW du Bureau politique, relative aux percées en matière de développement scientifique et technologique, d’innovation et de transformation numérique. Il relève également que les perturbations actuelles des chaînes d’approvisionnement alimentaires mondiales offrent au Vietnam une opportunité stratégique de renforcer sa position dans ce domaine.

Enfin, dans un contexte de risques accrus, notamment en matière de cybersécurité, le rapport appelle à renforcer les capacités de prévention et de réponse des entreprises face aux menaces numériques, afin d’en limiter les impacts. -VNA

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