Da Nang (VNA) – Alors que Da Nang accélère sa transition vers une économie numérique, appelée à représenter jusqu’à 40 % de son PIB d’ici 2030, experts et responsables estiment que le développement d’une main-d’œuvre hautement qualifiée sera un facteur clé de la prochaine phase de croissance de la ville.
À la suite d’une restructuration administrative et d’un réaménagement territorial, Da Nang entre dans une nouvelle phase de développement. Les autorités locales ambitionnent de porter la part de l’économie numérique à 35-40 % du PIB régional d’ici la fin de la décennie, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne nationale.
Le président de l’Union des associations scientifiques et technologiques de Da Nang, Vo Cong Tri, qualifie les ressources humaines de haute qualité de « facteur essentiel ». Da Nang est déjà considérée comme l’une des principales « villes universitaires » du Vietnam, avec 19 établissements d’enseignement supérieur et une forte concentration d’étudiants et de travailleurs qualifiés. La ville abrite également un réseau croissant d’organisations scientifiques et technologiques contribuant au développement d’un écosystème d’innovation.
Toutefois, Vo Cong Tri souligne que la ville doit évoluer d’un modèle de gestion administrative traditionnel vers une approche plus dynamique de « gouvernance du capital intellectuel ». Cela implique des formations ciblées et des politiques innovantes afin d’attirer les talents dans des secteurs stratégiques tels que la conception de semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, la biotechnologie, la finance et l’économie maritime…
Le professeur et docteur Bui Van Ga, ancien vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, estime que pour attirer les talents dans les hautes technologies, Da Nang ne peut pas compter uniquement sur les salaires ou les avantages sociaux, mais doit miser sur la qualité du cadre de vie, un environnement propice à l’innovation et des mécanismes d’incitation spécifiques.
Selon lui, le plus important est que la ville oriente ses programmes de formation en fonction de la liste nationale des technologies stratégiques. Il estime que si Da Nang parvient à former chaque année entre 500 et 1.000 ingénieurs hautement qualifiés en conception de semi-conducteurs, la ville pourrait devenir, d’ici cinq ans, le deuxième grand centre vietnamien des semi-conducteurs, après Ho Chi Minh-Ville.
Le docteur Nguyen Quang Thanh, vice-président de l’Association vietnamienne d’informatique (Vietnam Association for Information Processing – VAIP), déclare que l’économie numérique est en passe de devenir un pilier du développement socio-économique de Da Nang, grâce à des politiques incitatives ciblant des secteurs clés tels que les logiciels, les semi-conducteurs, les actifs et la finance numériques ainsi que les infrastructures numériques.
Pour accélérer cette dynamique, il propose de développer les paiements numériques et l’inclusion financière, tout en attirant des investissements dans de grands centres de données, tant nationaux qu’internationaux. Il insiste également sur la nécessité de développer des sources d’énergie propre destinées aux industries numériques et de privilégier les technologies conformes à la liste définie par le gouvernement.
Le professeur associé et docteur Nguyen Gia Nhu, recteur de l’École d’informatique de l’Université Duy Tan, estime que Da Nang peut se positionner à l’avenir comme un centre majeur de l’économie numérique au Vietnam. Selon lui, la ville doit développer un écosystème d’innovation fondé sur une coopération étroite entre l’État, les universités, les investisseurs, les entreprises et la communauté.
Selon Le Tri Thanh, président du Comité municipal du Front de la Patrie du Vietnam, les intellectuels, les scientifiques et les experts constituent une ressource essentielle, jouant un rôle majeur dans la recherche, le conseil en politiques publiques, la formation des ressources humaines et l’innovation.
Dans cette nouvelle ère, Da Nang doit adopter de nouvelles visions, de nouvelles approches et des solutions encore plus innovantes afin de créer de nouveaux moteurs de croissance, de renforcer sa compétitivité et d’assurer un développement rapide et durable. -VNA