Hanoi (VNA) - Face à la progression simultanée de la malnutrition et du surpoids chez les enfants, le Vietnam considère l’amélioration de la nutrition scolaire comme une priorité stratégique afin de garantir le développement physique et intellectuel des jeunes générations et de renforcer, à long terme, la qualité des ressources humaines du pays.
Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), la nutrition joue un rôle déterminant dans le développement global des enfants. Une alimentation adéquate permet non seulement d’améliorer la santé, mais aussi de favoriser les capacités d’apprentissage, le développement cognitif et les compétences sociales, contribuant ainsi à former des citoyens actifs et productifs pour l’avenir.
L’organisation souligne notamment l’importance des 1.000 premiers jours de vie, depuis la grossesse jusqu’aux deux ans de l’enfant, considérés comme une période décisive pour le développement physique et intellectuel. Toutefois, les besoins nutritionnels demeurent essentiels tout au long de la croissance, notamment entre 3 et 19 ans, période marquée par un développement rapide du cerveau, de la taille et de la condition physique.
L’UNICEF estime qu’investir dans la nutrition infantile revient à investir dans le capital humain d’un pays. Des enfants en bonne santé apprennent plus efficacement, tandis que des adultes bénéficiant d’une base nutritionnelle solide contribuent davantage à la productivité et à la croissance économique.
Conscient de ces enjeux, le Vietnam a mis en œuvre plusieurs politiques et programmes visant à améliorer la nutrition des enfants, en particulier dans le cadre scolaire. Les efforts engagés ces dernières années ont permis des avancées notables, notamment le renforcement progressif du cadre juridique, l’augmentation de la taille moyenne des jeunes Vietnamiens et le développement de modèles de repas scolaires dans de nombreux établissements préscolaires et primaires.
Le taux de retard de croissance chez les enfants âgés de 5 à 19 ans est ainsi passé de 23,4 % en 2010 à 14,8 % en 2020, permettant au Vietnam d’atteindre l’objectif de développement durable des Nations unies relatif à la réduction de la malnutrition chronique infantile.
Cependant, le pays fait désormais face à un double fardeau nutritionnel. Alors qu’une partie des enfants souffre encore de carences nutritionnelles, notamment en fer, une autre est confrontée à une hausse rapide du surpoids et de l’obésité, en particulier dans les zones urbaines.
Les résultats de l’Enquête nationale sur la nutrition montrent que 17 % des enfants âgés de 10 à 14 ans présentent une carence en fer, principal facteur de l’anémie, susceptible d’affecter la concentration, les performances scolaires et le développement physique. Dans le même temps, la proportion d’enfants de 5 à 19 ans en surpoids ou obèses est passée de 8,5 % en 2010 à 19 % en 2020. Dans les zones urbaines, ce taux atteint 26,8 %, reflétant l’évolution des modes de vie ainsi que la consommation croissante d’aliments transformés et de boissons sucrées.
Le vice-ministre de la Santé, Nguyen Tri Thuc, a souligné la nécessité d’adopter des solutions innovantes en matière de nutrition scolaire afin de créer une dynamique durable dans l’amélioration de la condition physique des jeunes générations. Selon lui, les écoles doivent devenir un espace prioritaire d’intervention, notamment pour les enfants âgés de 2 à 12 ans, considérés comme se trouvant dans une phase déterminante pour les actions nutritionnelles et l’activité physique.
L’UNICEF considère la nutrition scolaire comme l’un des moyens les plus efficaces d’améliorer la santé des enfants. Au-delà de leur mission éducative, les écoles constituent un environnement privilégié pour l’éducation nutritionnelle, la sensibilisation aux questions de santé et l’adoption d’habitudes alimentaires équilibrées.
L’organisation recommande au Vietnam de faire de la nutrition scolaire une priorité dans sa stratégie de développement des ressources humaines, en garantissant à tous les élèves un accès à des aliments sûrs, nutritifs et abordables, ainsi qu’à de l’eau potable dans les écoles. Elle préconise également de renforcer la protection des enfants face au marketing des aliments et boissons malsains et de promouvoir un étiquetage nutritionnel clair et compréhensible.
Les experts insistent par ailleurs sur l’importance d’améliorer la qualité des repas scolaires en privilégiant des menus équilibrés, adaptés aux besoins nutritionnels des élèves et élaborés à partir de produits locaux, afin de garantir diversité alimentaire, sécurité sanitaire et durabilité.
Ils soulignent enfin la nécessité de renforcer l’éducation nutritionnelle à travers des activités pédagogiques et pratiques permettant aux enfants d’acquérir durablement de bonnes habitudes alimentaires et un mode de vie sain.
Grâce à des politiques adaptées et à des investissements coordonnés, le Vietnam espère atteindre les objectifs fixés dans sa Stratégie nationale de nutrition pour la période 2021-2030, notamment la réduction de la malnutrition et l’amélioration de la stature ainsi que de la condition physique des jeunes générations.-VNA