Plus de trente ans depuis son adhésion à la Convention de Vienne et au Protocole de Montréal – deux traités internationaux fondamentaux pour la protection de la couche d’ozone –, le Vietnam est parvenu à éliminer plus de 90 % du volume total de sa consommation de substances réglementées.
Les substances contrôlées concernent principalement les CFC (chlorofluorocarbures), le Halon (utilisé dans les extincteurs), les HCFC (hydrochlorofluorocarbures, employés dans la fabrication d’équipements de réfrigération et de climatisation automobile) et les HFC (hydrofluorocarbures)…
Ces informations ont été affirmées par Lê Ngoc Tuân, chef adjoint du Département du changement climatique, lors d’un séminaire intitulé « Activités de protection de la couche d’ozone pour une transition verte : promouvoir la coopération intergouvernementale et public-privé », organisé le 15 septembre à Hanoï par le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.
Lê Ngoc Tuân a qualifié ce résultat de réalisation remarquable, témoignant de l’engagement du Vietnam à appliquer la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal, tout en soulignant la contribution active du pays aux efforts mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Cependant, le responsable a rappelé que le défi actuel réside dans la mise en œuvre de l’Amendement de Kigali, qui vise à contrôler les HFC — des fluides frigorigènes artificiels à fort potentiel de réchauffement climatique. Face à la demande croissante d’équipements de réfrigération et de climatisation, le Vietnam doit concilier ses besoins de développement avec un contrôle strict de ces substances.
Il s’agit d’une tâche urgente nécessitant une coordination harmonieuse entre les autorités, les entreprises et les consommateurs, a souligné Lê Ngoc Tuân.
Le séminaire a mis en avant des outils de soutien concrets : les procédures d’enregistrement, de déclaration et de dédouanement ; les opportunités de crédits carbone liées à la collecte, au recyclage et au traitement des substances ; le partage de technologies avancées ; les modèles de coopération public-privé ainsi que les ressources financières pour la transition verte, des technologies respectueuses du climat et des solutions de refroidissement durables.
Lê Ngoc Tuân s’est dit convaincu que ce séminaire offrirait une vision d’ensemble, allant des politiques publiques aux pratiques des entreprises, aidant ainsi le Vietnam à remplir ses obligations internationales tout en favorisant la croissance verte, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la protection de la couche d’ozone.
De son côté, le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Lê Công Thành, a ajouté que le séminaire présenterait de nouveaux outils technologiques et des initiatives pour gérer et éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone, ainsi que les gaz à effet de serre.
Tina Chondraki Birmpili, cheffe du bureau du Fonds multilatéral pour la mise en œuvre du Protocole de Montréal, a salué les contributions du Vietnam, le décrivant comme l’un des premiers pays à avoir proposé et obtenu l’approbation de son plan d’action pour l’application de l’Amendement de Kigali. Elle a souligné que cette décision témoignait d’un engagement fort en faveur d’une utilisation économique et efficace de l’énergie.
Selon elle, ces contributions ont non seulement un impact local, mais s’étendent à plus de 200 secteurs, favorisant ainsi le développement socio-économique et la création d’emplois. À ce jour, le Fonds a approuvé 90 projets pour le Vietnam, d’une valeur totale d’environ 30 millions de dollars.
Elle a également rappelé que la couche d’ozone joue un rôle essentiel dans la protection de l’humanité contre les cancers de la peau, les maladies oculaires et d’autres risques pour la santé. L’élimination des substances qui l’appauvrissent n’est pas seulement une responsabilité environnementale, mais aussi un devoir de protection de la santé publique et, plus largement, de la vie sur Terre. — VietnamPlus