Washington (VNA) - Parlant de la participation du secrétaire général du Parti et président de la République Tô Lâm au débat général de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies et de ses activités bilatérales aux États-Unis à partir du 20 septembre, la professeure Campbell, de l’École des services internationaux de l’American University, a souligné que les visites et les échanges entre les deux pays s’inscrivaient dans le processus de concrétisation du partenariat stratégique intégral.
Dans un entretien accordé à l’Agence vietnamienne d’information, elle a estimé que 2026 était une année particulièrement dynamique pour les relations Vietnam-États-Unis. Elle a notamment cité la visite du dirigeant Tô Lâm à Washington en février, à l’occasion de la réunion inaugurale du Conseil de paix pour Gaza, ainsi que plusieurs activités américaines au Vietnam, dont la visite à Hanoï du sous-secrétaire d’État Christopher Landau en juin, pour participer au Forum sur l’avenir de l’ASEAN, celle du porte-avions USS George Washington en juillet et celle du commandant du Commandement indo-pacifique américain (PACOM) en août.
Selon la professeure Campbell, dans un contexte marqué par un calendrier diplomatique chargé de l’administration américaine et à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre, il est particulièrement important que les partenaires stratégiques, dont le Vietnam, puissent échanger directement avec les dirigeants américains sur les questions internationales.
Les États-Unis ont discuté des possibilités d’approfondir leur partenariat stratégique intégral avec le Vietnam dans de nombreux domaines, notamment le commerce et l’investissement, l’énergie, la défense et la sécurité, les sciences et technologies, l’innovation, les minerais essentiels et l’aviation. Les deux parties ont également échangé sur la nécessité d’élargir la coopération et les échanges concrets, tout en traitant leurs divergences, notamment sur les questions commerciales, dans un esprit ouvert et constructif.
S’appuyant sur ses échanges avec la communauté des affaires américaine, la professeure Campbell a indiqué que le Vietnam continuait d’être considéré comme un marché important et attractif. Elle a également relevé que des responsables américains comme vietnamiens souhaitaient parvenir à un accord commercial entre les deux pays.
Sur le plan économique, elle a souligné que les États-Unis étaient non seulement un partenaire commercial majeur du Vietnam, mais aussi un important investisseur dans plusieurs secteurs de son économie. Si les semi-conducteurs suscitent actuellement le plus d’attention, elle a également évoqué les perspectives offertes par les infrastructures de télécommunications et la coopération énergétique bilatérale, notamment dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL). Elle a par ailleurs souhaité voir les deux pays coopérer au développement du secteur vietnamien des minerais essentiels, selon une approche efficace, transparente et respectueuse de l’environnement.
Concernant le rôle du Vietnam dans le renforcement de la coopération économique et commerciale entre les États-Unis et l’ASEAN, la professeure Campbell a relevé deux évolutions jugées prometteuses.
La première concerne l’Accord-cadre de l’ASEAN sur l’économie numérique (DEFA), dont la signature est prévue lors du 49e sommet de l’ASEAN en novembre. Selon elle, cet accord est largement considéré comme le premier accord régional complet et de grande ampleur sur l’économie numérique, couvrant notamment les règles du commerce numérique, les flux transfrontaliers de données, les transactions sans papier, le commerce électronique, la cybersécurité et les paiements numériques au sein de l’ASEAN. Il devrait contribuer à faire passer la taille de l’économie numérique de l’ASEAN d’environ 1.000 milliards de dollars à 2.000 milliards de dollars d’ici 2030.
La seconde évolution concerne l’intérêt renouvelé pour l’idée d’un Réseau électrique de l’ASEAN ou, à tout le moins, pour le renforcement de la coopération énergétique au sein du bloc. Selon elle, cette dynamique est encourageante dans un contexte marqué par les préoccupations actuelles concernant l’énergie dans la région.
La professeure Campbell a enfin souhaité une participation plus approfondie des États-Unis aux questions énergétiques de la région, estimant que la feuille de route de coopération de l’ASEAN pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans ce domaine. -VNA