Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Le Vietnam doit intensifier ses efforts pour attirer les investissements de haute technologie afin de transformer son modèle de croissance, en s’appuyant sur les sciences et les technologies, l’innovation et l’amélioration de la productivité. C’est l’un des principaux enjeux mis en avant lors du programme CEO 500, organisé le 26 octobre dans le cadre du Forum économique d’automne 2026 à Hô Chi Minh-Ville.
Placée sous le thème « Convergence des IDE, des technologies et des flux financiers mondiaux », la rencontre a souligné la nécessité d’aller au-delà de la simple mise à disposition de terrains pour attirer des projets à forte intensité technologique.
Bill Giannikos, directeur du Centre de services mondiaux et du Centre de données d’Aurecon Vietnam, a estimé que le développement de l’intelligence artificielle (IA), de l’informatique en nuage et des services numériques offrait d’importantes perspectives au Vietnam. Il a toutefois souligné que les infrastructures devaient faire l’objet d’une planification coordonnée, notamment pour les centres de données, en tenant compte de la disponibilité des terrains, de l’approvisionnement en électricité, des télécommunications et des services de soutien. Les investisseurs doivent disposer d’informations précises sur les capacités d’alimentation électrique, les délais d’approvisionnement et les conditions de raccordement.
S’appuyant sur l’expérience de l’État de Victoria, en Australie, il a proposé d’étudier la création de zones spécialisées dans les infrastructures numériques, notamment à Hô Chi Minh-Ville. Il a également insisté sur la nécessité de relier les capacités de calcul aux universités, aux entreprises et aux ressources humaines afin de favoriser l’adoption de l’IA dans l’industrie, la logistique, la santé, l’éducation et les services publics. L’efficacité des investissements doit être évaluée à l’aune de la valeur économique créée, tout en prenant en compte la consommation d’énergie et d’eau, l’adaptabilité aux évolutions technologiques et la résilience à long terme.
Nguyen The Duy, vice-président du conseil d’administration et directeur général adjoint du groupe Becamex, a souligné que l’élargissement de l’espace de développement à la suite de la réorganisation administrative offrait à Hô Chi Minh-Ville de nouvelles possibilités de créer des pôles industriels de haute technologie et des zones urbaines modernes.
Les investisseurs étrangers recherchent désormais non seulement des terrains et des usines, mais aussi des infrastructures de connexion, des technologies, une main-d’œuvre qualifiée et des services de soutien. Dans cette perspective, Becamex développe des zones industrielles intelligentes, écologiques et durables, intégrant la production, la recherche, le transfert de technologies, l’automatisation et la formation, en coopération avec des partenaires internationaux, dont l’agence singapourienne A*STAR.
Le groupe prévoit également de développer la zone urbaine scientifique et technologique du nord de Hô Chi Minh-Ville pour en faire un écosystème intégrant l’industrie de haute technologie, la recherche et développement (R&D), l’innovation, la formation et un urbanisme moderne. Sa connexion au centre-ville reposera sur les autoroutes, le réseau ferroviaire, le métro et les infrastructures logistiques régionales. Becamex appelle ainsi la ville à mettre en place des mécanismes novateurs pour attirer des projets à forte valeur ajoutée.
Au-delà des infrastructures, les entreprises souhaitent disposer de mécanismes facilitant le passage de la recherche à la commercialisation. Jesse Choi, directeur général du groupe Sunwah pour l’ASEAN, a proposé que la ville mette à disposition des sites pilotes, établisse des normes techniques et des mécanismes de gestion des risques, puis définisse des procédures permettant aux technologies ayant fait leurs preuves d’accéder au marché.
L’utilisation de l’IA pour optimiser le traitement des eaux usées pourrait réduire de 20 à 25 % les coûts d’exploitation, a-t-il indiqué. Les drones et les véhicules électriques autonomes pourraient également être mis à contribution dans la logistique et les services urbains. Des expérimentations encadrées permettraient d’évaluer la sécurité et l’efficacité de ces solutions avant leur déploiement à grande échelle.
Enfin, San Eng, président de WorkOptional.ai, à Singapour, a relevé l’émergence de nouveaux besoins liés aux agents d’IA capables d’exécuter des tâches à la place des humains. Cette évolution nécessitera de nouveaux services de communication, de transaction, de paiement, d’identification, d’authentification et de gestion des risques.
Estimant que le Vietnam dispose d’atouts pour adopter des technologies internationales, développer des plateformes numériques nationales et mobiliser des ressources humaines adaptées, il a proposé de développer les infrastructures nécessaires à l’économie des agents d’IA et de renforcer les liens entre le Centre financier international et les entreprises technologiques. WorkOptional.ai souhaite également organiser, avant le premier trimestre 2027, des rencontres avec des partenaires vietnamiens afin d’explorer des possibilités de coopération dans les domaines des technologies et de la finance. - VNA