Hanoï (VNA) – La visite officielle au Vietnam du Premier ministre polonais Donald Tusk, du 24 au 26 octobre, à l’invitation de son homologue vietnamien Le Minh Hung, ouvre une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays, qui célèbrent 76 ans de relations diplomatiques. À cette occasion, le vice-ministre vietnamien des Affaires étrangères Ngo Le Van a souligné la portée de l’établissement d’un partenariat stratégique et les perspectives de coopération bilatérale.
De retour au Vietnam après 16 ans, le Premier ministre Donald Tusk a convenu avec les dirigeants vietnamiens d’élever les relations au rang de partenariat stratégique. Cette décision traduit la volonté commune de consolider la confiance politique, de rapprocher les intérêts et d’élargir la coopération. Le Vietnam considère la Pologne comme l’un de ses principaux partenaires en Europe centrale et orientale, tandis que la Pologne considère le Vietnam comme un partenaire de premier plan en Asie du Sud-Est et l’un de ses partenaires les plus importants en Asie.
Les atouts polonais dans l’industrie, les sciences, les technologies, l’éducation et l’économie maritime correspondent aux besoins de développement du Vietnam. Associés aux capacités de production vietnamiennes et à sa position dans les chaînes d’approvisionnement régionales, ils peuvent offrir de nouvelles possibilités aux entreprises des deux pays et renforcer les liens entre l’ASEAN et l’Union européenne (UE).
Pour concrétiser le partenariat stratégique, les deux parties ont adopté un plan d’action pour 2026-2030 définissant les priorités de coopération. Cette démarche s’inscrit dans la politique étrangère du Vietnam fondée sur l’indépendance, l’autonomie, la multilatéralisation et la diversification, tout en renforçant son réseau de partenaires en Europe et en donnant un nouvel élan aux relations Vietnam-UE, récemment élevées au rang de partenariat stratégique global.
Sur le plan politique, les deux pays ont affirmé leur détermination de maintenir des contacts réguliers à tous les niveaux, notamment au plus haut niveau, d'améliorer les mécanismes de coopération et de reprendre les réunions de la Commission intergouvernementale sur la coopération économique. Les consultations politiques au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères seront également maintenues, tandis que la coopération parlementaire contribuera à améliorer le cadre juridique et à suivre l’application des accords.
Dans le domaine économique, Hanoï et Varsovie ambitionnent de porter leurs échanges commerciaux à 6 milliards de dollars d’ici 2030, selon des principes d’équilibre, de durabilité et d’avantages mutuels. Ils entendent mieux exploiter l’Accord de libre-échange entre le Vietnam et l'UE (EVFTA), réduire les obstacles commerciaux et faciliter l’accès réciproque à leurs marchés. Les investissements seront encouragés dans l’industrie manufacturière, les technologies de l’information, les produits pharmaceutiques, l’énergie et la logistique.
Les deux parties veulent également renforcer leur coopération dans les sciences et technologies, l’innovation, la transformation numérique. Les orientations en matière d’économie maritime, d’énergies propres et de hautes technologies ouvrent de nouvelles perspectives de coopération à long terme. La coopération en matière de défense et de sécurité sera également renforcée, en fonction des besoins et des capacités de chaque partie, notamment dans les domaines de la formation, de l’industrie de défense, de la lutte contre la criminalité transnationale et la cybercriminalité.
Les échanges entre les peuples seront favorisés par deux documents de coopération dans l’enseignement supérieur et le tourisme. La reprise des vols directs de la compagnie LOT devrait faciliter le tourisme, les affaires et les contacts humains. Les deux pays souhaitent aussi faciliter le séjour, le travail et les études de leurs ressortissants, en valorisant le rôle de la communauté vietnamienne en Pologne.
Sur les questions internationales, ils ont réaffirmé le rôle central des Nations unies, le respect du droit international et le règlement pacifique des différends. Ils ont souligné l’importance de la paix, de la stabilité et de la liberté de navigation maritime et aérienne en Mer Orientale, conformément au droit international, notamment à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.
La priorité est désormais de traduire le plan d’action en programmes et projets concrets, avec des responsabilités, des ressources et des échéances clairement définies. La réussite du partenariat se mesurera aux engagements réalisés et aux bénéfices tangibles pour les populations et les entreprises des deux pays. -VNA