Hanoï (VNA) – Le discours liminaire prononcé par le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, To Lam, lors de la 23e édition du Dialogue de Shangri-La reflète clairement le rôle et l’influence grandissants du Vietnam dans les affaires régionales et mondiales.
Il propose également des initiatives concrètes pour promouvoir le dialogue, renforcer la confiance et préserver la paix et la stabilité dans un contexte international marqué par de profondes mutations.
C’est l’évaluation formulée par Veeramalla Anjaiah, chercheur principal au Centre d’études de l’Asie du Sud-Est (CSEAS) en Indonésie, lors d’un entretien accordé au correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Jakarta au sujet de l’intervention du dirigeant vietnamien lors de ce forum de sécurité de premier plan en Asie.
Selon lui, ce discours a été prononcé à un moment particulièrement opportun, alors que le monde est confronté à de multiples défis complexes liés à la sécurité, au développement et à la confiance stratégique. Il estime que les problématiques évoquées par To Lam, la crise de l’ordre international, la crise du modèle de développement et la crise de la confiance stratégique, reflètent fidèlement les réalités actuelles du monde.
Le chercheur indonésien a salué l’approche du dirigeant vietnamien consistant à gérer les divergences dans le respect des règles, en favorisant une concurrence encadrée, responsable et prévisible. Dans un contexte marqué par la multiplication des tensions et des conflits dans plusieurs régions du monde, ce message revêt, selon lui, une importance particulière pour prévenir les confrontations et favoriser un environnement international plus stable.
Veeramalla Anjaiah s’est notamment déclaré impressionné par les propositions vietnamiennes visant à élargir les canaux de consultation, à mettre en place des mécanismes de médiation souples, à créer des groupes de contact en cas d’incident, ainsi qu’à renforcer les forums semi-officiels et les initiatives destinées à instaurer la confiance entre les forces armées, les services de sécurité, les autorités chargées de l’application de la loi, les universitaires, les entreprises et les organisations sociales.
À ses yeux, ces mécanismes peuvent constituer de véritables « voies de sortie diplomatiques », permettant de gérer les différends et de réduire les risques d’escalade vers la confrontation ou le conflit. Dans un contexte de concurrence stratégique croissante entre les grandes puissances, le maintien de canaux de dialogue et de coopération demeure essentiel pour préserver la paix et la stabilité régionales.
Concernant le rôle de l’ASEAN, le chercheur indonésien a partagé l’analyse de To Lam selon laquelle la centralité de l’organisation n’est ni acquise ni garantie de manière permanente. Pour continuer à jouer un rôle moteur dans l’architecture régionale, l’ASEAN doit, selon lui, associer l’inclusivité à l’efficacité, faire en sorte que le dialogue débouche sur des actions concrètes et que le consensus permette une réaction rapide face aux défis communs.
Évoquant les messages de dialogue, de coopération et de respect du droit international mis en avant dans le discours, Veeramalla Anjaiah a souligné qu’ils constituent aujourd’hui des principes fondamentaux pour maintenir la paix, la stabilité et la prospérité dans un monde où la rivalité stratégique s’intensifie. Il estime que de nombreux conflits et crises auraient pu être évités ou atténués si des mécanismes de dialogue plus efficaces avaient existé.
Selon lui, les efforts du Vietnam pour promouvoir la confiance stratégique et réduire les risques de conflit revêtent une importance particulière pour les perspectives de développement à long terme du pays. La paix et la stabilité demeurent, à ses yeux, des conditions indispensables à la réalisation des objectifs de développement socio-économique du Vietnam, notamment son ambition de devenir un pays développé d’ici 2045.
Le spécialiste du CSEAS considère également que les propositions vietnamiennes en faveur du dialogue, du renforcement de la confiance et du respect du droit international peuvent contribuer positivement à l’édification d’une architecture régionale plus stable, inclusive et durable en Asie du Sud-Est et dans l’ensemble de la région Asie-Pacifique. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de prévention des crises en amont afin d’éviter que des malentendus ou des erreurs d’appréciation ne dégénèrent en tensions majeures.
Dans une perspective plus large, Veeramalla Anjaiah estime que les idées développées par To Lam lors du Dialogue de Shangri-La illustrent la place de plus en plus importante qu’occupe le Vietnam sur la scène internationale dans un environnement mondial en rapide évolution. Le pays a désormais établi des partenariats stratégiques globaux avec de nombreux États majeurs, maintient une croissance économique soutenue, attire d’importants investissements étrangers et développe continuellement ses échanges commerciaux avec le reste du monde.
Selon lui, la capacité du Vietnam à entretenir des relations équilibrées avec les grandes puissances, tout en poursuivant une politique étrangère fondée sur la paix, la coopération et le développement, a considérablement renforcé sa stature stratégique sur la scène internationale. Le discours prononcé lors de la 23e édition du Dialogue de Shangri-La constitue, à cet égard, une illustration éloquente du rôle croissant et de la contribution active du Vietnam aux affaires régionales et mondiales.- VNA