Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Ayant pour thème « Vision 2045 : bâtir une économie à revenu élevé et à forte valeur ajoutée », le Forum d’affaires Royaume-Uni–Vietnamr a été organisé le 29 octobre par la Chambre de commerce britannique au Vietnam (BritCham Vietnam), dans le cadre du Forum économique d’automne 2026. Les échanges ont mis l’accent sur la qualité des investissements, le transfert de technologies et le renforcement des liens entre les entreprises des deux pays.
Dans son discours, le vice-président du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, Nguyên Công Vinh, a souligné que le Vietnam entendait désormais privilégier la qualité des investissements directs étrangers (IDE), le transfert de technologies et les liens avec les entreprises nationales, plutôt que le seul volume des capitaux mobilisés.
Le Royaume-Uni dispose d’atouts complémentaires dans les services financiers, les marchés de capitaux, le conseil professionnel, l’éducation et les énergies propres. Le partenariat stratégique global établi en 2025 et l’accord de libre-échange bilatéral constituent une base favorable à cette coopération. En 2025, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint environ 9,4 milliards de dollars, en hausse de 11,3 % sur un an.
La fusion de Hô Chi Minh-Ville avec Binh Duong et Ba Ria-Vung Tau ouvre de nouvelles perspectives de développement en rapprochant les pôles financiers, industriels et technologiques des infrastructures portuaires et logistiques. La métropole ambitionne ainsi d’attirer davantage d’entreprises britanniques dans les secteurs à forte valeur ajoutée, notamment la recherche-développement, les technologies et l’industrie verte. Elle souhaite également accélérer le développement des énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique et promouvoir les zones industrielles écologiques, tout en renforçant la formation professionnelle et les échanges d’expériences en matière de gestion urbaine.
L’ambassadeur britannique au Vietnam, Iain Frew, a estimé que l’élévation des relations bilatérales au rang de partenariat stratégique global en 2025 avait ouvert un nouveau chapitre après plus de cinquante ans de relations diplomatiques. Le Royaume-Uni souhaite soutenir l’intégration du Vietnam à l’économie mondiale, sa participation aux chaînes d’approvisionnement technologiques et l’attraction de capitaux internationaux.
Le président de BritCham Vietnam, Denzel Eades, a souligné que l’objectif de revenu élevé à l’horizon 2045 nécessitait une économie plus diversifiée, durable et créatrice de valeur. Il a notamment relevé les possibilités de coopération liées au développement du marché vietnamien des capitaux et à la création du Centre financier international de Hô Chi Minh-Ville.
Pour Kim Byoungho, président du conseil d’administration de HDBank, les entreprises vietnamiennes disposent d’un potentiel de croissance considérable, mais leur accès aux financements internationaux demeure limité. Il a appelé à améliorer leur gouvernance et leur transparence, ainsi que leur capacité à présenter leurs stratégies aux investisseurs étrangers. Une coopération renforcée entre Londres et Hô Chi Minh-Ville pourrait stimuler les investissements dans les deux sens, en tirant parti de l’expertise britannique tout en tenant compte des spécificités du marché vietnamien.
De son côté, Mariam J. Sherman, directrice de la Banque mondiale pour le Vietnam, le Cambodge et le Laos, a estimé que le modèle de croissance actuel ne suffirait pas à faire accéder le Vietnam au groupe des économies à revenu élevé. Depuis le lancement du Doi Moi, le PIB par habitant a été multiplié par environ six, dépassant 5.000 dollars, tandis que l’extrême pauvreté a presque été éradiquée. Le pays reste toutefois confronté à une population en âge de travailler ayant atteint son pic, à une faible croissance de la productivité et à des liens encore limités entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises nationales.
Elle a préconisé la création d’emplois de meilleure qualité, une meilleure interconnexion des marchés et des régions, la transformation des risques climatiques en leviers de croissance et le renforcement des institutions. Selon elle, la prochaine phase de développement devra permettre aux entreprises de progresser vers des activités à plus forte valeur ajoutée, de l’assemblage à l’ingénierie et aux services, et des énergies importées à l’électricité propre.
Enfin, elle a encouragé les investisseurs britanniques à renforcer leurs partenariats avec les fournisseurs vietnamiens, à soutenir le respect des normes de gouvernance, d’environnement et de travail et à investir dans les capacités locales afin d’intégrer plus étroitement l’économie vietnamienne aux chaînes de valeur mondiales. -VNA