Quang Ninh (VNA) - Dans le cadre de la Semaine numérique internationale du Vietnam 2026, le ministère des Sciences et des Technologies a organisé, le 29 octobre dans la province de Quang Ninh, un colloque international intitulé « Services de confiance au-delà des frontières : établir une infrastructure de confiance numérique pour un monde piloté par l’intelligence artificielle ».
Dans son discours d’ouverture, le vice-ministre des Sciences et Technologies, Pham Duc Long, a souligné que la transformation numérique et l'intelligence artificielle (IA) modifient en profondeur la gestion, la production, le commerce et la vie sociale.
Dans ce contexte, les services de confiance tels que la certification de signature numérique, le horodatage et la certification de messages de données constituent des éléments importants de l'infrastructure économique numérique. Ils permettent de vérifier l'identité des sujets et d'assurer l'authenticité ainsi que l'intégrité des transactions électroniques.
Pour bâtir un écosystème d’IA sûr et transparent, il est indispensable de vérifier de manière proactive l’origine et l’intégrité des contenus numériques, tout en définissant clairement les responsabilités des différents acteurs lorsque l’IA intervient dans des transactions automatisées, a estimé le vice-ministre.
Présentant les avancées du Vietnam dans ce domaine, Pham Quoc Hoan, directeur adjoint du Centre national de certification électronique (NEAC), a indiqué que le pays avait progressivement consolidé son cadre juridique et son infrastructure de certification électronique, notamment avec l’adoption de la Loi sur les transactions électroniques de 2023. L’écosystème national comprend désormais la certification des signatures numériques, l’horodatage électronique et la certification des messages de données, auxquels s’ajoute le système eSign, qui assure l’interconnexion entre les fournisseurs de services.
Concernant la reconnaissance des services de confiance transfrontaliers, le représentant du NEAC a soulevé les difficultés liées aux démarches manuelles d'identification et aux différences de normes techniques entre les pays. Pour faciliter l'interconnexion, il convient de construire des mécanismes d'échange de listes de confiance et de clarifier les responsabilités. Le Vietnam vise à passer de services de signature isolés à un écosystème global de certification de données, répondant à la tendance des transactions automatisées entre systèmes.
Lors du colloque, des représentants de l'Association asiatique des infrastructures à clé publique (APKIC) et des experts du Royaume-Uni, des États-Unis, de Russie et de Malaisie ont partagé leurs expériences. Une étude réalisée par l’APKIC en 2026 auprès de 36 pays et territoires révèle que, si la plupart disposent d’un cadre juridique en matière de services de confiance, les accords de reconnaissance mutuelle restent peu nombreux. Face à ce constat, l’association a proposé une démarche progressive, fondée sur le lancement de projets pilotes dans des secteurs où les volumes de transactions sont élevés.
Les échanges internationaux ont mis en lumière les points sur lesquels le Vietnam doit continuer de se concentrer pour développer son infrastructure de confiance numérique. Il s'agit notamment de perfectionner le cadre juridique de la reconnaissance des services de confiance étrangers, de renforcer l'interopérabilité des systèmes d'authentification électronique et d'étudier l'application des technologies d'authentification de l'origine des contenus numériques. Le NEAC continuera d'élargir sa coopération internationale afin de soutenir concrètement les citoyens et les entreprises dans l'intégration économique numérique. -VNA