Festival de Huê 2026 : immersion dans les croyances ancestrales au festival du palais Huê Nam

Le festival du palais Huê Nam (également connu sous le nom de temple Hon Chen), ville de Huê (Centre) se déroulera les 18 et 19 avril prochains.

Un rituel du festival 2025. Photo: VNA
Un rituel du festival 2025. Photo: VNA

Huê (VNA) - Événement phare de la vie spirituelle de Huê, le festival du palais Huê Nam (également connu sous le nom de temple Hon Chen) se déroulera les 18 et 19 avril prochains. Marquant l’ouverture du Festival d’été de Huê, cette célébration dédiée au culte de la déesse Thiên Y A Na constitue un élément majeur du patrimoine culturel immatériel de la région centrale du Vietnam.

Situé sur la montagne Ngoc Tran, surplombant les eaux poétiques de la rivière des Parfums, le palais Huê Nam est un site singulier où l’histoire impériale rencontre les croyances populaires. Il témoigne d’une fusion religieuse unique entre le culte cham de la déesse Po Nagar et le culte vietnamien des Déesses-Mères (Tho Mâu).

L'histoire du temple est indissociable de la dynastie des Nguyên. La tradition populaire rapporte que le temple de Hon Chen portait autrefois le nom de Hoan Chen, signifiant "restituer le calice de jade". Selon la légende, lors d’une visite en ces lieux, l’empereur Minh Mạng fit tomber un calice de jade précieux dans les eaux de la rivière des Parfums. Alors qu’il pensait l’avoir perdue à jamais, une tortue gigantesque, surgit soudainement à la surface, tenant le calice dans sa gueule, pour le rendre au souverain. Plus tard, sous le règne de Dông Khanh (1886-1888), l'édifice fut rebaptisé "Palais Huê Nam" (la Grâce du Sud) en signe de gratitude envers la déesse pour son accession au trône.

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Les participants lors du festival 2025. Photo: VNA

Le palais Huê Nam se distingue par son syncrétisme religieux exceptionnel. Outre Thiên Y A Na, on y vénère la princesse Liêu Hanh, Bouddha, le saint Quan Công et plus d'une centaine d'autres divinités. Cette mixité reflète la richesse de la vie spirituelle des habitants de Huê à la fin du XIXe siècle.

Le point d’orgue du festival est sans conteste la procession de la Sainte-Mère, un spectacle saisissant mêlant parcours terrestre et fluvial. Le programme comprend également une série de rites structurés : cérémonie d’ouverture (Cáo yết), accueil de la Sainte Mère, pèlerinages, offrandes et prières. La cérémonie centrale, dédiée à la paix et à la prospérité nationales, exprime les aspirations collectives de la communauté. Les festivités s’achèvent par les rites de clôture dans une atmosphère empreinte de solennité.

Pour cette édition 2026, les autorités de Huê prévoient d'accueillir entre 6 000 et 10 000 participants, incluant fidèles, touristes et praticiens du culte des Déesses-Mères.

L’espace festif, reliant harmonieusement les zones terrestres et fluviales, constitue un véritable "théâtre vivant", où rites traditionnels et paysages naturels se conjuguent. Processions sur la rivière, musique rituelle, costumes colorés et afflux de pèlerins composent un tableau à la fois sacré et artistique.

Dans le contexte de la mise en œuvre de la Résolution 80 sur le développement culturel, Huê s’oriente vers un modèle de ville patrimoniale, culturelle et écologique. Le festival du palais Huê Nam s’inscrit ainsi dans une stratégie de valorisation du patrimoine, transformé en ressource au service du développement durable et de l’attractivité touristique.

Le choix de cet événement pour ouvrir le Festival d’été illustre une approche renouvelée fondée sur un modèle de festivals "quatre saisons", visant à prolonger la durée de séjour des visiteurs et à proposer une offre culturelle continue et diversifiée tout au long de l’année.

Ce festival a été officiellement inscrit au patrimoine culturel immatériel national en 2025. -VNA

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