Hanoï (VNA) - D’ici la fin de l’année 2026, l’enjeu pour le secteur de l’agriculture et de l’environnement ne réside pas seulement dans l’augmentation des exportations, mais aussi dans la consolidation des grands marchés, la valorisation des filières à fort potentiel et la levée rapide des obstacles liés aux normes, à la logistique et aux matières premières.
Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les exportations de produits agricoles, sylvicoles et aquatiques ont rappporté 49,3 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de l’année. Dans le détail, les produits agricoles ont représenté 25,66 milliards de dollars, les produits sylvicoles 12,57 milliards, les produits aquatiques 7,94 milliards et les produits d’élevage 511,9 millions de dollars.
L’Asie est restée un marché majeur, la Chine ayant représenté à elle seule 11,2 milliards de dollars, en hausse de 22,1 %, devant les États-Unis avec 9,4 milliards et le Japon avec 3,3 milliards.
Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Dang Ngoc Diep, a indiqué que durant les quatre derniers mois de l’année, son ministère continuerait de suivre de près chaque marché et chaque filière, tout en cherchant à lever les barrières techniques, en accélérant l’attribution de codes des zones de culture et des établissements de conditionnement et en répondant aux exigences de traçabilité. Ces mesures sont déterminantes alors que les marchés importateurs renforcent leurs normes.
Selon Ngo Xuan Nam, directeur adjoint du Bureau vietnamien de notification et d’information sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (Bureau SPS Vietnam), 254 mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) ont été notifiées depuis le début de l’année jusqu’au 15 septembre par la Chine, l’Europe et la région Moyen-Orient - Afrique. Ces nouvelles exigences concernent notamment les limites de résidus, les substances actives, la quarantaine, l’enregistrement des établissements et la traçabilité. Les entreprises et les zones de production doivent donc anticiper les exigences des marchés dès la phase de production.
Le durian figure parmi les filières offrant un important potentiel de croissance pour les derniers mois de l’année, avec une production d’environ 2,08 millions de tonnes sur quelque 200.000 ha. Après avoir généré 3,85 milliards de dollars d’exportations en 2025, cette filière a atteint environ 1,95 milliard de dollars sur les huit premiers mois de 2026, dont quelque 95 % provenant du marché chinois. L’Administration générale des douanes de Chine a récemment accordé 567 codes supplémentaires à des zones de culture de durians vietnamiennes, portant leur nombre total à plus de 1.800. Parallèlement, le délai d’attribution de ces codes a été ramené de dix à trois jours. La filière cherche également à diversifier ses débouchés vers l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, tout en développant les durians surgelés et les produits transformés afin d’accroître la valeur ajoutée.
Les produits aquatiques ont également affiché une croissance soutenue, avec 7,94 milliards de dollars d’exportations sur les huit premiers mois, en hausse de 10,9 %. L’Association vietnamienne des producteurs et exportateurs de produits aquatiques (VASEP) estime que les exportations pourraient atteindre 12,3 ou 12,5 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année si les difficultés liées aux matières premières et à la logistique sont résolues. Elle préconise notamment de réduire les coûts de transport et de développer une flotte de porte-conteneurs frigorifiques afin de réduire la dépendance à l’égard des compagnies maritimes étrangères.
Pour atteindre l’objectif de 74 milliards de dollars d’exportations, le secteur agricole doit encore réaliser environ 24,9 milliards de dollars au cours des quatre derniers mois de l’année, soit une moyenne mensuelle de 6,23 milliards.
Le ministère entend avant tout préserver les marchés et chercher à lever les barrières, tout en exploitant le potentiel propre à chaque filière. Il poursuivra également ses efforts pour réduire les coûts, accélérer les procédures administratives et promouvoir les sciences et technologies, l’innovation et la transformation numérique.
Du durian au riz en passant par les produits aquatiques, chaque filière fait face à des difficultés spécifiques. Les solutions doivent donc être adaptées à chaque marché et à chaque produit afin d’élargir les débouchés, d’accroître la valeur ajoutée et de lever les obstacles qui freinent les exportations vietnamiennes. -VNA