Hanoï (VNA) - Le développement des zones de production de matières premières agricoles, sylvicoles et aquacoles pour 2026-2030 privilégiera la gouvernance fondée sur les données numériques, l’adéquation aux marchés, la traçabilité et les chaînes de valeur. D’ici 2030, plus de 70 % de ces zones devraient disposer d’une cartographie numérique et de données de base standardisées.
Selon le projet de développement des zones de production concentrée de matières premières agricoles, sylvicoles et aquacoles pour 2026-2030 du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la transformation numérique constitue un pilier essentiel pour renforcer leur gouvernance. Le projet vise à établir une gestion unifiée fondée sur les données relatives aux superficies, producteurs, saisons, volumes, qualité, codes des zones de culture et d’élevage et débouchés.
D’ici 2030, au moins 60 % des superficies concernées devraient appliquer des carnets de production électroniques, la gestion des codes et la traçabilité adaptées aux exigences des filières et des marchés.
La numérisation vise à transformer les méthodes de gestion. Les données devront être standardisées, régulièrement mises à jour et interconnectées avec les plateformes communes, afin d’éviter des systèmes isolés entre localités, entreprises et coopératives.
Le système de gouvernance numérique reposera sur une cartographie et une base de données des zones de production de matières premières, avec la standardisation des informations sur les producteurs, les superficies, les volumes, les saisons, la qualité et les codes des zones de culture et d’élevage. Il permettra également de numériser les carnets de production, la gestion des intrants, les processus de production, la récolte et la traçabilité. Les données seront connectées et partagées, conformément à la réglementation, avec les bases de données et plateformes communes du ministère et des autorités locales.
Cette transformation devrait permettre aux coopératives, entreprises et autorités de mieux planifier la production, contrôler la qualité et organiser la collecte et la commercialisation.
Le projet prévoit en outre que plus de 80 % des coopératives et groupements coopératifs participant aux zones de production de matières premières bénéficient d’une formation en gouvernance, en planification de la production, en fourniture de services, en gestion de la qualité, en exécution des contrats et en gestion des données. Environ 70 % des zones soutenues devront compter des coopératives participant à l’organisation de la production et au moins une entreprise ou unité de transformation, de collecte, de distribution ou de commercialisation ayant signé un contrat de partenariat ou un accord de coopération encore en vigueur.
Les données numériques devront ainsi aller de pair avec l’organisation de la production. Les coopératives joueront un rôle central auprès des producteurs, tandis que les entreprises assureront le lien avec les marchés, la transformation, la commercialisation et l’exportation.
Parallèlement, le projet vise à améliorer les infrastructures et les liens au sein des chaînes de valeur, notamment les routes reliant les zones de production aux centres de collecte, de transformation, de stockage et aux marchés. D’ici 2030, il est prévu de réduire d’au moins 10 % les coûts de transport, de 10 à 15 % le temps de collecte et de 8 à 10 % les pertes post-récolte.
La sélection des zones reposera sur les besoins du marché, les capacités de transformation et les débouchés, plutôt que sur la seule superficie.
Le projet vise également à ce qu’au moins 60 % de la production soient commercialisés sous contrat et à augmenter d’au moins 10 % le chiffre d’affaires des coopératives et les revenus des producteurs participants.
Ces objectifs s’appuient sur les résultats du projet pilote 2022-2025, déployé dans cinq zones de production de onze provinces.
Fin 2025, les zones de production de matières premières couvraient environ 169 800 hectares, soit 33 800 hectares ou 20 % de plus qu’avant le projet. Près de 121 000 hectares (71,2 %) étaient liés à des entreprises par des contrats de commercialisation, contre quelque 17 000 hectares auparavant.
Plus de 123 coopératives ont été créées ou consolidées, portant leur nombre à 393, tandis que plus de 5 500 cadres et membres ont été formés. Les localités ont également mis en place plus de 90 chaînes de liaison, tandis que le nombre d’entreprises et d’unités de collecte et de transformation participantes est passé de 11 à 27. -VNA