La finance verte, un levier essentiel pour une agriculture vietnamienne bas carbone

Ces cinq dernières années, le Vietnam a progressivement mis en place un système de finance verte destiné à soutenir les activités de production respectueuses de l’environnement.

Dans le cadre de son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le Vietnam accélère la transition de son secteur agricole vers des modes de production plus technologiques et moins émetteurs. Photo: VNA
Dans le cadre de son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le Vietnam accélère la transition de son secteur agricole vers des modes de production plus technologiques et moins émetteurs. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - Dans le cadre de son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le Vietnam accélère la transition de son secteur agricole vers des modes de production plus technologiques et moins émetteurs. Toutefois, cette transformation reste freinée par des mécanismes de financement encore limités, entraînant des évolutions lentes, dispersées, de faible ampleur et peu efficaces dans de nombreuses exploitations et structures de production.

Ces cinq dernières années, le Vietnam a progressivement mis en place un système de finance verte destiné à soutenir les activités de production respectueuses de l’environnement. S’appuyant notamment sur la Directive 03/CT-NHNN de la Banque d’État, plusieurs établissements bancaires, dont BIDV, VCB, HDBank et Agribank, ont développé des lignes de crédit destinées au traitement des déchets, à l’agriculture de haute technologie, à la transformation numérique et à la réduction des émissions.

En 2025, l’encours des crédits verts accordés au secteur agricole par les banques nationales s’élevait à environ 150 000 milliards de dôngs (5,7 milliards de dollars). Par ailleurs, le Vietnam a également mobilisé des financements importants auprès d’organisations internationales telles que le Fonds vert pour le climat (GCF), la Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (BAD), ainsi que dans le cadre de programmes d’aide bilatérale de pays développés comme le Japon, l’Allemagne, la République de Corée et les Pays-Bas.
Selon la Banque d’État, environ 50 institutions financières au Vietnam proposent actuellement des crédits verts. Des projets concrets illustrent ce dynamisme, comme le programme de BIDV et de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) finance 78 projets de riziculture à faible émission de carbone et de bioénergie dans le delta du Mékong, pour un montant d'environ 1 200 milliards de dongs.

De son côté, HDBank déploie un projet de fermes intégrant des technologies de l’IoT et l’énergie solaire, pour un investissement total de 2 000 milliards de dôngs. Agribank mène pour sa part un projet pilote de prêts préférentiels destinés aux coopératives, tandis que des partenaires internationaux apportent un soutien financier à l’élaboration d’un cadre de critères pour la finance verte, à l’évaluation des risques et à l’identification d’un portefeuille de projets verts.

Malgré ces avancées, la finance verte demeure encore largement sous-exploitée dans le secteur agricole. Les petites entreprises, les coopératives et les exploitations familiales rencontrent notamment des difficultés d’accès au crédit en raison des exigences en matière de garanties, de la complexité des procédures administratives et de l’absence de mécanismes suffisamment aboutis pour évaluer les crédits carbone.

La BM estime que le Vietnam nécessitera environ 368 milliards de dollars d'ici 2050 pour atteindre l'objectif Net Zero, dont 20 % destinés à l'agriculture. Il apparaît donc nécessaire de perfectionner rapidement le cadre financier, les fonds d'investissement, les incitations fiscales, les taux d'intérêt et les outils d'assurance face aux risques climatiques.

Le déploiement des financements verts dans le secteur agricole vietnamien se heurte encore à des obstacles institutionnels et techniques, notamment l’absence d’un cadre unifié pour identifier les projets verts, compliquant leur évaluation et la gestion des risques. Les mécanismes financiers restent également insuffisamment incitatifs pour encourager la transition des entreprises. À cela s’ajoutent les capacités limitées des établissements de crédit et des entreprises agricoles en matière d’ESG, ainsi que les lacunes du cadre juridique, des données nationales sur l’économie verte et des ressources humaines qualifiées.

vnanet_potal-hung-yen-danh-thuc-gia-tri-moi-cua-nong-nghiep-truoc-bien-doi-khi-hau-8843178.jpg
Le renforcement des systèmes de mesure et de vérification des émissions est également essentiel pour émettre des obligations vertes. Photo: VNA

Pour lever ces obstacles, les experts recommandent d’élaborer des critères permettant d’identifier clairement les projets agricoles de haute technologie et à faibles émissions, ainsi que des mécanismes de crédit préférentiels, notamment pour les projets nécessitant d’importants investissements, tels que les modèles agricoles combinant énergie solaire, technologies de l’IoT et de l’IA à grande échelle, ou encore la numérisation de la chaîne d’approvisionnement. Ces mesures visent à faciliter et à encourager la participation du secteur privé à l’investissement.

Le renforcement des systèmes de mesure et de vérification des émissions est également essentiel pour émettre des obligations vertes et permettre aux petits producteurs d'accéder aux prêts.

L’Institut de stratégie et de politique agricoles du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement propose notamment l’élaboration de critères nationaux pour les projets agricoles verts et de lignes directrices spécifiques concernant les crédits et obligations verts dans l’agriculture.

La Banque d’État du Vietnam pourrait également envisager la mise en place d’un cadre d’action spécifique pour le financement de l’agriculture verte. Celui-ci permettrait aux banques commerciales de développer des produits financiers mieux adaptés aux besoins du secteur.-VNA

Voir plus

Dans la zone industrielle de Yen Phong II-C, province de Bac Ninh. Photo : VNA

IDE : au Vietnam, la stabilité fiscale devient un nouvel argument de compétitivité

Dans la compétition mondiale pour attirer les investissements étrangers, les avantages fiscaux ne constituent plus le seul critère déterminant. Pour les entreprises à capitaux étrangers déjà implantées au Vietnam, la stabilité, la transparence et la prévisibilité de la politique fiscale jouent un rôle croissant dans leurs décisions de maintenir, d’étendre leurs activités et d’investir à long terme.

En présence des deux Premiers ministres vietnamien et cambodgien, les organismes et entreprises des deux pays ont échangé cinq documents de coopération. Photo : VNA

Le Vietnam et le Cambodge déterminés à porter leur coopération économique à un niveau supérieur

Le Vietnam et le Cambodge entendent exploiter davantage les complémentarités de leurs deux économies, renforcer la connectivité des infrastructures, de la logistique et des chaînes d’approvisionnement, et faciliter les investissements et les activités des entreprises des deux pays, avec pour objectif de porter prochainement leurs échanges commerciaux bilatéraux à 20 milliards de dollars.

Photo d'illustration : VNA

Le Vietnam renforce le contrôle des prix des produits essentiels

Le vice-Premier ministre Nguyen Van Thang a appelé, le 9 octobre, les ministères, secteurs et collectivités locales à suivre de près l’offre, la demande et les prix des produits essentiels afin de maîtriser l’inflation, de stabiliser la macroéconomie et de soutenir la croissance en 2026.

Des produits VinFast exposés lors de l'Exposition « 80 ans de parcours vers l'indépendance, la liberté et le bonheur » à Hanoï. Photo : VNA.

Les véhicules électriques dopent le marché automobile vietnamien dans l’ASEAN-6

Selon le rapport Overview of the ASEAN-6 Automotive Market, les ventes automobiles au Vietnam, en Indonésie, en Thaïlande, en Malaisie, aux Philippines et à Singapour ont atteint environ 1,76 million de véhicules au cours des six premiers mois de 2026. Le Vietnam se distingue avec une progression de 31,1 %, atteignant près de 291 000 véhicules écoulés.

Nghê An veut moderniser sa flotte de surveillance des pêches

Nghê An veut moderniser sa flotte de surveillance des pêches

Face au vieillissement de sa flotte de surveillance, Nghê An prévoit de moderniser ses navires et embarcations afin de renforcer le contrôle de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) et d’assurer la sécurité des forces en mer.