Hanoï (VNA) - Les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, occupent une place croissante dans le mix électrique du Vietnam. Si leur développement est indispensable à la décarbonation de l’économie, leur forte dépendance aux conditions météorologiques les rend par nature intermittentes, posant d’importants défis à la sécurité et à la stabilité du réseau électrique.
Dans ce contexte, les centrales à gaz naturel liquéfié (GNL) sont considérées comme une solution adaptée à la période de transition énergétique. Grâce à leur capacité à ajuster rapidement leur production, elles peuvent compenser les fluctuations des énergies renouvelables et contribuer à maintenir l’équilibre du système électrique.
Une source flexible pour le système électrique
Selon Bui Quoc Hung, directeur adjoint du Département de l’électricité relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, alors que la demande d’électricité continue d’augmenter, le système électrique doit répondre à des exigences accrues en matière de fiabilité, de stabilité et de flexibilité. L’électricité produite à partir du GNL est ainsi considérée comme une source stratégique pour la transition énergétique, permettant à la fois d’équilibrer l’offre et la demande et de faciliter l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables.
Cette orientation s’inscrit dans la Résolution n°70-NQ/TW du Bureau politique sur la sécurité énergétique nationale d'ici 2030, avec vision à l'horizon 2045. Le texte prévoit notamment de diversifier les sources d’énergie, de donner la priorité aux énergies renouvelables, nouvelles et propres, tout en développant le nucléaire et le gaz et en réduisant progressivement la part du charbon.
Selon le Plan ajusté de l’électricité VIII, la capacité des centrales électriques au GNL devrait atteindre 22.524 MW d’ici 2030, tandis que quelque 2 000 à 3 000 MW de capacités électriques flexibles à démarrage rapide devraient être développés afin de contribuer à l’ajustement de la charge et à la stabilité du réseau.
Des obstacles à lever pour accélérer les projets
Pour la période 2025-2035, 22 projets de centrales au GNL sont prévus, dont 15 devraient être mis en œuvre et entrer en exploitation commerciale d’ici 2030. La mise en service commerciale des centrales GNL Nhon Trach 3 et 4 constitue déjà une avancée notable.
Toutefois, plusieurs projets restent confrontés à des difficultés, notamment en matière de réseau de transport et de libération des terrains pour les infrastructures communes. À cela s’ajoutent les risques liés au prix du GNL, entièrement importé, qui dépend des marchés internationaux, des coûts de transport, des taux de change et de la situation géopolitique.
Avec des investissements élevés et des cycles de retour sur investissement longs, les projets doivent également trouver un équilibre entre coûts du combustible, prix de l’électricité et rentabilité financière.
Nguyen Quoc Thap, président de l’Association pétrolière du Vietnam, propose de classer les projets en trois groupes : ceux pouvant parvenir à la décision finale d’investissement (FID) dans les 6 à 18 mois, ceux nécessitant de compléter les procédures, et ceux confrontés à de graves difficultés et nécessitant des solutions spécifiques. L’élargissement du mécanisme d’achat direct d’électricité (DPPA) est également proposé afin de permettre aux acheteurs et aux producteurs de convenir de contrats d’achat à long terme et de mieux sécuriser les débouchés. Des contrats d’achat d’électricité (PPA) plus flexibles et une tarification intégrant notamment une composante de capacité sont également envisagés.
Pour que le GNL puisse pleinement jouer son rôle dans la transition énergétique, il est donc nécessaire de lever simultanément les obstacles liés aux institutions, aux infrastructures, aux prix de l’électricité, aux contrats d’achat d’électricité, aux mécanismes de mobilisation et au financement. -VNA