Le Vietnam est bien placé pour tirer parti de l'intelligence artificielle, selon la Banque mondiale

Le Vietnam figure parmi les économies émergentes les mieux placées pour tirer parti de l’intelligence artificielle, grâce à ses avancées réglementaires et à son rôle croissant dans la chaîne d’approvisionnement technologique mondiale, selon le Rapport sur le développement dans le monde 2026 publié le 4 août par le Groupe de la Banque mondiale.

Espace d'exposition et de présentation des produits lors de l'AI Day 2026. Photo: VNA
Espace d'exposition et de présentation des produits lors de l'AI Day 2026. Photo: VNA

Hanoï (VNA) – L’intelligence artificielle (IA) pourrait permettre aux pays en développement de raccourcir un processus de développement de près d’un siècle à une dizaine d’années, à condition que les gouvernements investissent rapidement dans les infrastructures, les compétences et les institutions. C’est la principale conclusion du Rapport sur le développement dans le monde 2026 : La promesse de l’IA, publié le 4 août par le Groupe de la Banque mondiale (BM).

Selon le rapport, les gouvernements doivent agir rapidement pour combler les écarts en matière d'énergie, d'infrastructures de connectivité, de compétences et de qualité institutionnelle, faute de quoi les pays en développement risquent d'être laissés pour compte.

Seuls 4,5 % des emplois dans les économies à revenu faible ou intermédiaire présentent un risque élevé d'automatisation par l'IA générative, contre 14,2 % dans les économies à revenu élevé. En revanche, 16,2 % des emplois dans les pays en développement pourraient bénéficier de gains de productivité substantiels grâce à cette technologie, un niveau proche des 18,7 % enregistrés dans les économies avancées. La BM souligne ainsi que, dans les pays en développement, l'IA est davantage susceptible de renforcer les capacités des travailleurs que de se substituer à eux.

Le rapport cite le Vietnam parmi les rares économies en dehors de l'Union européenne à s'être doté, dès 2025, d'un cadre juridique global régissant l'intelligence artificielle. Inspiré de l'approche européenne fondée sur les risques, ce cadre classe les systèmes d'IA selon leur niveau de risque et prévoit des obligations proportionnées pour chaque catégorie, afin de favoriser un développement sûr, responsable et transparent de cette technologie.

La BM met également en avant la place du Vietnam dans les chaînes d'approvisionnement mondiales liées à l'IA. Le pays figure parmi les cinq principales économies en développement exportatrices de produits entrant dans la fabrication des systèmes d'IA, aux côtés de la Chine, du Mexique, de la Malaisie et de la Thaïlande. Cette position lui permet de tirer parti de l'essor des investissements dans les semi-conducteurs, les composants électroniques et les infrastructures de centres de données.

Le rapport souligne toutefois la nécessité de développer des solutions d'IA adaptées aux contextes nationaux. Il cite l'exemple d'un modèle d'IA conçu par l'Université d'Oxford pour détecter les cas suspects de COVID-19. Après avoir obtenu de bons résultats au Royaume-Uni, ce modèle a vu ses performances diminuer sensiblement lors de son évaluation dans deux hôpitaux vietnamiens, en raison des différences démographiques et épidémiologiques entre les populations. Cet exemple illustre l'importance d'investir dans des données locales de qualité et dans la capacité d'adapter les systèmes d'IA aux réalités de chaque pays.

S'agissant de l'emploi, le rapport estime que le risque de substitution des travailleurs par l'IA demeure relativement limité au Vietnam, en raison de la forte proportion d'emplois dans l'agriculture et les secteurs manufacturiers à forte intensité de main-d'œuvre. Il cite notamment l'industrie de l'habillement, où les technologies de production automatisées restent peu répandues, le coût relativement faible de la main-d'œuvre étant encore inférieur aux investissements qu'exigerait le déploiement de l'IA et de la robotique.

L'IA offre au Vietnam une occasion d'accélérer son développement et de renforcer sa position sur la scène technologique mondiale. Grâce à une politique volontariste, le pays est engagé dans la bonne voie. Toutefois, Gaurav Nayyar, directeur du Rapport sur le développement dans le monde 2026, souligne que le Vietnam, à l'instar des autres pays en développement, doit dès à présent poser les fondations nécessaires — infrastructures énergétiques, connectivité, compétences et qualité des institutions — afin d'être en mesure d'adopter et d'adapter l'IA aux besoins de sa population. -VNA

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