Le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement, selon la Banque mondiale

Pour la Banque mondiale, le passage du Vietnam dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ouvre une nouvelle étape de développement.

Vue d'une partie de la zone industrielle de Bien Hoa 2, à Dong Nai. Photo : VNA
Vue d'une partie de la zone industrielle de Bien Hoa 2, à Dong Nai. Photo : VNA

Hanoï (VNA) – Le Groupe de la Banque mondiale a récemment reclassé le Vietnam parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, saluant les solides performances du pays en matière de croissance économique et d'exportations. Pour Mariam J. Sherman, directrice de la Banque mondiale pour le Vietnam, le Cambodge et le Laos, cette évolution marque une étape importante, mais ouvre également une nouvelle phase de défis sur la voie de l'objectif de devenir un pays à revenu élevé d'ici à 2045.

Selon la dernière classification annuelle de la Banque mondiale, le Revenu national brut (RNB) par habitant du Vietnam est passé de 4.490 dollars en 2024 à 4.970 dollars en 2025, franchissant ainsi le seuil de 4.636 dollars retenu pour intégrer la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Cette année, le Vietnam figure parmi les six économies ayant accédé à une catégorie de revenu supérieure, après dix-sept ans passés dans celle des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Pour Mariam J. Sherman, ce reclassement est de nature à renforcer la confiance de la communauté internationale dans les perspectives économiques à long terme du Vietnam et à conforter son attractivité auprès des investisseurs.

Elle souligne toutefois que ce changement de catégorie ne constitue pas une fin en soi. Selon elle, à mesure qu'un pays progresse, les défis de son développement évoluent également.

vnanet-mariam.jpg
Mariam J. Sherman, directrice de la Banque mondiale pour le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Photo: VNA

La responsable de la Banque mondiale estime que le « piège du revenu intermédiaire » demeure un défi majeur. De nombreux pays mettent plusieurs décennies à accéder au statut de pays à revenu élevé, tandis que d'autres restent durablement bloqués à un niveau intermédiaire. Selon elle, la prochaine étape du développement du Vietnam dépendra non seulement de la vitesse de la croissance, mais aussi de sa qualité. Le maintien d'une croissance soutenue reposera davantage sur les gains de productivité, l'innovation, le renforcement des entreprises nationales et la création d'une plus forte valeur ajoutée dans l'économie.

Mariam J. Sherman recommande en priorité de réduire l'écart entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises nationales. Si les investissements étrangers ont largement contribué au succès du Vietnam, la prochaine phase de développement devra s'appuyer sur un secteur national plus solide, notamment les petites et moyennes entreprises, afin de favoriser l'innovation, la création d'emplois de qualité et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Elle estime également que le Vietnam, l'une des économies les plus ouvertes au monde, doit renforcer sa résilience face aux chocs extérieurs et diversifier davantage les moteurs de sa croissance.

La représentante de la Banque mondiale souligne par ailleurs que l'investissement public et le développement des infrastructures constituent un levier essentiel de croissance. Elle recommande cependant de privilégier l'impact des projets plutôt que la seule rapidité de leur décaissement.

En parallèle, Mariam J. Sherman estime que la croissance à long terme passe aussi par le développement de sources de financement plus diversifiées et plus profondes, au-delà du seul système bancaire.

Elle insiste également sur l'importance d'investir dans des ressources humaines qualifiées. À mesure que le Vietnam se rapproche du statut de pays à revenu élevé, l'innovation, le développement des compétences et l'adoption des technologies seront essentiels pour permettre aux entreprises vietnamiennes de monter en gamme, de se positionner sur des activités à plus forte valeur ajoutée et de créer davantage d'emplois de qualité.

Enfin, la représentante de la Banque mondiale estime que l'amélioration du cadre juridique est indispensable, mais qu'elle doit s'accompagner d'un engagement cohérent de l'ensemble des institutions et des acteurs économiques en faveur d'un objectif commun de développement.

Malgré les défis à relever, Mariam J. Sherman considère que le Vietnam dispose de solides atouts, notamment une population active jeune et dynamique, une économie macroéconomique stable, une position géostratégique favorable au cœur de la région asiatique la plus dynamique, ainsi qu'une capacité d'adaptation et de réforme déjà démontrée. Autant d'avantages qui devraient soutenir le Vietnam dans son ambition de devenir un pays développé à revenu élevé d'ici à 2045. -VNA

Voir plus

L'indice ALE 2025 sera dévoilé le 18 août

L'indice ALE 2025 sera dévoilé le 18 août

Le ministère de l'Industrie et du Commerce, en coordination avec les organismes compétents, organisera le 18 août à Hanoï une cérémonie consacrée à la publication de l'indice ALE 2025, destiné à évaluer la mise en œuvre des accords de libre-échange (ALE) au Vietnam.

Activités de production au sein de la société Viet Hai High-Tech Structure Production, située dans la zone économique de Vung Ang. La province de Ha Tinh ambitionne de transformer la zone économique de Vung Ang en un pôle régional pour l'industrie, l'énergie, les infrastructures portuaires et la logistique. Photo : VNA

Approbation du plan directeur révisé de la zone économique de Vung Ang

Le gouvernement vietnamien a approuvé le plan directeur révisé de la zone économique de Vung Ang, dans la province de Ha Tinh. Ce document fixe les orientations de développement jusqu'en 2050 pour faire de cette zone un pôle économique côtier majeur, centré sur l'industrie, les ports, la logistique et les services, afin de renforcer son rôle de moteur de la croissance régionale.

Photo: Air Premia

Air Premia reprendra ses vols entre Incheon et Hô Chi Minh-Ville en novembre.

La compagnie aérienne sud-coréenne Air Premia reprendra, le 5 novembre prochain, l’exploitation de sa liaison entre Incheon et Hô Chi Minh-Ville, suspendue depuis septembre 2023. Cette reprise vise à répondre à la hausse de la demande de déplacements entre la République de Corée et le Vietnam, tout en renforçant les correspondances vers l’Amérique du Nord via l’aéroport d’Incheon.

Signature de l’accord de crédit entre Nam A Bank et SIFEM. Photo: VNA

Nam A Bank mobilise 20 millions de dollars de capitaux verts internationaux auprès d'une institution financière suisse

Détenu à 100 % par le gouvernement suisse, SIFEM est l’institution suisse de financement du développement. Il investit dans des projets du secteur privé sur les marchés émergents. Ce mécanisme de financement est géré par responsAbility Investments AG, un gestionnaire d’actifs suisse de premier plan spécialisé dans l’investissement à impact et le financement du développement.

Le siège du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

Le Vietnam mise sur son Centre financier international pour financer sa transition verte

Face à un besoin estimé entre 670 et 700 milliards de dollars pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, le Vietnam entend faire du Centre financier international un levier majeur de mobilisation des capitaux verts. Les experts estiment toutefois que l’enjeu ne réside plus dans la disponibilité des financements, mais dans la capacité du pays à proposer des projets conformes aux standards internationaux.

Production de panneaux MDF destinés à l'exportation vers les marchés américain, australien et thaïlandais à la société Hai Duong MDF Construction and Production Co., Ltd., située dans la province de Binh Duong. Photo: VNA

Le marché intérieur, nouveau moteur de croissance de la filière bois vietnamienne

Longtemps axée sur les exportations, la filière bois vietnamienne est appelée à faire du marché intérieur un nouveau moteur de croissance. Les experts plaident pour la mise en place d'une infrastructure de marché plus transparente et de normes harmonisées afin d'exploiter pleinement le potentiel d'un marché domestique estimé à plus de 7 milliards de dollars à l'horizon 2030.