Hanoï (VNA) - L’industrie du bois vietnamienne s’efforce de maintenir sa dynamique d’exportation et d’atteindre son objectif de 19 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’exportation cette année, en diversifiant ses marchés et en développant des chaînes d’approvisionnement plus transparentes, légales et durables.
Malgré les difficultés liées aux tensions au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse des coûts de transport et de logistique, les exportations de bois et de produits dérivés ont atteint environ 1,53 milliard de dollars en juin, portant leur valeur cumulée au premier semestre à 8,54 milliards de dollars, soit une progression de 4,4 % sur un an, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.
Les États-Unis restent la principale destination, représentant près de la moitié des recettes d'exportation du bois vietnamien, tandis que la Chine représente 15 % et le Japon 12,9 %. Cependant, les performances à l'exportation présentent un tableau contrasté : les expéditions vers les États-Unis ont chuté de 8 % au cours des cinq premiers mois de l'année, tandis que les exportations vers la Chine ont bondi de 49 % et celles vers le Japon de 5,1 %. Les Pays-Bas ont enregistré la croissance la plus rapide parmi les principaux marchés, tandis que la République de Corée a connu le recul le plus marqué.
Le Vietnam figure parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de meubles et exporte ses produits vers près de 170 pays et territoires. Cependant, le pays ne représente qu'environ 7 % de la demande mondiale d'importations de meubles, ce qui laisse un potentiel de croissance important.
Selon les acteurs du secteur, le principal risque réside dans sa dépendance au marché américain, qui absorbe près de la moitié du chiffre d'affaires total des exportations, exposant les entreprises aux fluctuations de la politique commerciale, aux droits de douane et aux mesures de défense commerciale. L’élargissement de marchés vers l'UE, le Japon, la Chine, l'Inde et le Moyen-Orient est ainsi devenu de plus en plus urgent.
Les exportateurs indiquent que le principal défi consiste désormais à satisfaire aux exigences plus strictes en matière d'approvisionnement légal en bois, de lutte contre la déforestation, de traçabilité et de réduction des émissions de carbone.
Nguyen Van Dien, directeur général adjoint du Département des forêts et de la protection des forêts relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, a déclaré que le Vietnam avait renforcé sa position sur les marchés internationaux grâce au développement de sources légales de matières premières, à l’extension des forêts certifiées durables et à la mise en place progressive d’une chaîne d’approvisionnement en bois conforme aux normes internationales. Il a toutefois reconnu que le dispositif actuel ne constituait qu’une première étape face aux exigences de plus en plus strictes des marchés.
Le programme pilote de classification des zones forestières de production couvre actuellement environ 25 500 hectares dans cinq provinces du nord, une petite fraction des quelque 4,9 millions d'hectares de forêts plantées du pays. Environ 868 000 hectares ont obtenu la certification de gestion durable des forêts, mais cette superficie reste insuffisante pour répondre à la demande à l'exportation.
Nguyen Van Dien a estimé que le secteur devait poursuivre l’extension des forêts certifiées, garantir la légalité des sources d’approvisionnement en bois, accélérer la traçabilité numérique et se conformer de manière proactive aux nouvelles réglementations, notamment le règlement européen sur la déforestation (EUDR), la loi américaine Lacey et les normes émergentes relatives au carbone. Selon lui, ces efforts ne visent pas seulement à maintenir l’accès aux marchés internationaux, mais aussi à améliorer la compétitivité globale du secteur.
Afin d’accompagner les entreprises, le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement coopère avec le ministère des Finances pour résoudre les difficultés liées au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux produits du bois semi-transformés. Les autorités prévoient également de lancer le Plan national sur les codes des zones forestières de production pour la période 2026-2030, d’étendre les programmes pilotes à 15 à 20 provinces clés et d’intégrer ce système à la base de données forestières nationale afin de répondre aux exigences de traçabilité des marchés importateurs. -VNA