Hanoi (VNA) - Le Centre national d’action contre les mines du Vietnam (VNMAC) et l’Organisation norvégienne d’aide populaire (NPA) ont présenté, le 30 septembre à Hanoi lors d'un séminaire, les premiers résultats d’une étude pilote utilisant les systèmes d’information géographique (SIG) pour établir les priorités en matière de déminage et appuyer les décisions.
Le séminaire consacré à l’application des SIG pour déterminer les priorités et soutenir la prise de décision dans la lutte contre les conséquences des mines et autres engins explosifs laissés par la guerre avait pour objectif de partager les résultats d’une étude pilote menée dans la province de Quang Ngai. Celle-ci combine les données relatives aux bombardements pendant la guerre, les résultats des enquêtes de terrain, la densité de population, la planification de l’utilisation des terres ainsi que d’autres facteurs socio-économiques afin d’établir une cartographie des zones prioritaires.
Selon les organisateurs, ces premiers résultats montrent que les technologies modernes, notamment les SIG, peuvent être appliquées concrètement à la lutte contre les conséquences des mines et des engins explosifs au Vietnam, contribuant ainsi à améliorer l’efficacité des opérations. Le séminaire devait également constituer un espace d’échanges scientifiques destiné à perfectionner la méthode et à rechercher des solutions permettant d’étendre les résultats de l’étude à d’autres localités du pays.
Ha Dinh Huong, directeur général adjoint permanent du VNMAC, a souligné que, malgré l’éloignement de la guerre, les conséquences des mines et des engins explosifs encore présents dans le sol demeuraient un défi important pour la sécurité de la population et le développement socio-économique durable dans de nombreuses localités. Ces dernières années, le Parti, l’État et le ministère de la Défense ont accordé une attention particulière à cette question, mobilisant au maximum les ressources disponibles et renforçant la coopération avec les organisations internationales afin d’accélérer la libération des terres contaminées.
Auparavant, la détermination des zones à déminer reposait principalement sur les cartes des zones suspectées d’être contaminées, établies à partir de vastes opérations d’enquête. Or, l’étendue de ces zones est considérable, tandis que les ressources financières, humaines et matérielles restent limitées. Une approche fondée uniquement sur les données de contamination ne permet donc pas toujours d’adapter l’allocation des ressources aux besoins urgents de développement propres à chaque localité.
Pour répondre à cette nécessité, le VNMAC, en coordination avec la NPA et grâce à un financement du gouvernement américain, a mené à Quang Ngai une étude pilote destinée à élaborer une méthode de hiérarchisation des priorités et d’aide à la décision fondée sur les SIG. Cette méthode intègre notamment la densité des mines, la superficie des zones suspectées de contamination, la densité de population à partir des données d’adresses, les zones présentant un risque élevé d’accidents et l’évolution de l’utilisation des terres prévue dans les plans de développement local pour la période 2021-2030.
Lors du séminaire, les participants ont discuté des moyens de perfectionner les indicateurs de priorité, d’assurer leur pertinence scientifique et leur faisabilité dans les différentes conditions locales, ainsi que de la mise en place progressive d’une plateforme commune de données SIG destinée à soutenir la direction, la gestion et la prise de décision.
La province de Quang Ngai a notamment souligné la nécessité de disposer de données mises à jour en permanence, exactes, complètes et fiables, de développer une plateforme commune de partage des données WebGIS et de renforcer la formation et le transfert de compétences techniques aux agents locaux. -VNA