Hanoi (VNA) – Une nouvelle étude de l’UNICEF révèle qu’à l’échelle mondiale, la scolarité d’au moins un élève sur dix a été perturbée par des aléas climatiques en 2025.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a appelé les gouvernements, dont celui du Vietnam, à intensifier leurs efforts pour protéger l’éducation des enfants face aux aléas climatiques, en s’appuyant sur les conclusions d’une nouvelle analyse publiée jeudi 10 septembre.
Fondé sur l’analyse de données provenant de 106 pays ou territoires, le rapport intitulé « Learning Interrupted: Global Snapshot of Climate-Related School Disruptions in 2025 » (Apprentissages à l’arrêt : Aperçu mondial des perturbations scolaires liées au climat en 2025), le rapport révèle que plus de 171 millions d’élèves dans le monde – soit 1 sur 10 – de l’enseignement préprimaire à l’enseignement supérieur ont vu leur scolarité perturbée par les aléas climatiques en 2025.
Selon cette analyse, les tempêtes ont été la principale cause des perturbations scolaires l’an dernier, touchant 109 millions d’élèves dans le monde. Les inondations ont quant à elles affecté au moins 70 millions d’élèves, tandis que les vagues de chaleur ont perturbé la scolarité d’environ 50 millions d’enfants.
Si ces perturbations ont touché des élèves appartenant à toutes les catégories de revenus, l’étude souligne toutefois que les trois quarts des enfants concernés vivent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, où les systèmes éducatifs ne disposent souvent pas des ressources nécessaires pour préserver l’apprentissage lors des urgences climatiques.
Les aléas climatiques, notamment les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur, les sécheresses et les feux incontrôlés, ont entraîné de lourdes répercussions sur la scolarité de millions d’élèves dans le monde, notamment des suspensions de cours, des dommages aux écoles, une réduction du temps d’enseignement, une baisse de la fréquentation scolaire et un risque accru de décrochage.
Au Vietnam, ces aléas climatiques ont perturbé la scolarité de 3.098.500 élèves.
Les tempêtes et les inondations ont également constitué les principaux aléas climatiques à l’origine de perturbations scolaires à travers le Vietnam en 2025, et le pays figure parmi ceux qui sont de plus en plus exposés à des chocs climatiques récurrents.
« La crise climatique se transforme de plus en plus en une crise de l’apprentissage pour les enfants au Vietnam », a déclaré Silvia Danailov, représentante de l’UNICEF au Vietnam.
« Lorsque les écoles ferment en raison d’inondations ou de tempêtes, les conséquences vont bien au-delà des cours manqués. Les enfants les plus vulnérables perdent un temps d’apprentissage précieux, voient leur quotidien perturbé et risquent d’être privés de l’environnement sûr et bienveillant qu’offre l’école.
« Nous devons agir dès maintenant pour garantir que chaque école soit sûre, résiliente et préparée à l’évolution du climat. »
Selon le rapport, les pertes d’apprentissage et la hausse du taux de décrochage scolaire peuvent réduire la productivité de la main-d’œuvre, ralentir la croissance économique et compliquer la réduction de la pauvreté pour les pays.
L’inaction pourrait entraîner une perte potentielle d’au moins 200 milliards de dollars de revenus sur toute la vie pour les élèves ayant subi des perturbations scolaires liées au climat.
Les filles sont davantage exposées au risque de décrochage lorsque les aléas climatiques perturbent le fonctionnement des écoles ou entraînent leur fermeture ; en effet, les dommages aux infrastructures, les déplacements de population et la perte de revenus familiaux peuvent leur imposer des responsabilités supplémentaires, telles que les soins aux proches ou la corvée d’eau.
Ces pressions peuvent également accroître le risque de mariage d’enfants, rendant plus difficile le retour en classe des filles lors de la réouverture des établissements.
L’UNICEF a appelé les gouvernements et ses organisations partenaires à intensifier leurs efforts pour protéger l’éducation des enfants face aux impacts des aléas climatiques.
« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne se contentent pas de perturber les cours, ils détruisent aussi leurs écoles, déracinent leur famille et privent les plus vulnérables d’entre eux, en particulier les filles, de la possibilité de retourner un jour en classe », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF.
« Les aléas climatiques mettent en péril la vie et l’avenir des enfants », a-t-elle ajouté. « Pour protéger leur éducation ainsi que celle des futures générations, il est impératif d’investir dans des écoles et des systèmes éducatifs capables de résister aux chocs climatiques. »
Parmi les solutions pratiques suggérées par le rapport figurent l’intégration de la résilience climatique dans la planification nationale de l’éducation, le renforcement des infrastructures scolaires et la garantie de la continuité de l’apprentissage pendant et après les perturbations.
L’éducation au climat devrait être intégrée aux programmes scolaires afin de doter les enfants et les jeunes des compétences nécessaires pour renforcer la résilience, mener des actions en faveur du climat et s’adapter à un monde en mutation, indique le rapport. — VNA