Hanoï (VNA) – Le Vietnam accélère sa transition vers des zones industrielles vertes et éco-industrielles afin d’améliorer la qualité des investissements directs étrangers (IDE), de renforcer sa compétitivité et de consolider sa position au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Selon le ministère des Finances, le pays compte actuellement 478 zones industrielles, dont 324 sont déjà opérationnelles et 153 en cours de développement. Le Vietnam a également attiré plus de 45 000 projets d’IDE, pour un capital enregistré total dépassant 530 milliards de dollars.
Do Van Su, directeur général de l'Agence de l'investissement étranger du ministère des Finances, a déclaré que les flux d'IDE vers les zones industrielles et les zones franches d'exportation restent sur une trajectoire positive, contribuant significativement à la croissance industrielle, aux exportations et à la restructuration économique.
Il a noté que le Vietnam privilégie de plus en plus la qualité à la quantité pour attirer les IDE, avec une augmentation des investissements supplémentaires dans les projets existants, témoignant de la confiance à long terme des investisseurs. Les tendances d'investissement évoluent également vers les industries de haute technologie, la fabrication avancée et la production intelligente.
Malgré ces progrès, Do Van Su a indiqué que plusieurs défis persistaient, notamment l’hétérogénéité de la qualité des projets, des retombées économiques encore limitées ainsi que des liens insuffisants entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises nationales. Les contraintes liées aux infrastructures, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et la répartition déséquilibrée des parcs industriels continuent également de freiner le développement.
Dans un contexte de restructuration des chaînes d'approvisionnement mondiales, le Vietnam est soumis à une pression croissante pour améliorer la qualité des investissements. Les investisseurs accordent une attention accrue à l'innovation, à la technologie, aux compétences de la main-d'œuvre et à l'environnement des affaires, tandis que les critères ESG, la transition écologique, l'efficacité énergétique et la transformation numérique prennent une importance grandissante dans les décisions d'investissement.
Dans ce contexte, les zones industrielles ne sont plus seulement considérées comme des pôles de production, mais comme de véritables écosystèmes intégrés capables de générer une plus forte valeur ajoutée et de renforcer la connectivité des chaînes d’approvisionnement. Le développement de zones industrielles vertes, intelligentes et éco-responsables devient ainsi essentiel pour permettre au Vietnam de s’intégrer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement mondiales de nouvelle génération.
Cependant, la connaissance des modèles de zones éco-industrielles demeure relativement faible. Une enquête menée par la Chambre de commerce et d'industrie du Vietnam (VCCI) auprès de 118 zones industrielles a révélé que près de la moitié des entreprises avaient une compréhension limitée, voire nulle, des concepts de zones industrielles durables. Seules 30 % environ connaissaient les zones éco-industrielles, et à peine 20 % comprenaient pleinement la nécessité d'équilibrer les objectifs économiques, environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Pour soutenir cette transition, le décret n° 35/2022/ND-CP du 28 mai 2022 a établi un cadre juridique pour les zones éco-industrielles, suivi de la circulaire n° 05/2025/TT-BKHDT, publiée début 2025 par l'ancien ministère du Plan et de l'Investissement (désormais ministère des Finances), qui a fourni des orientations de mise en œuvre supplémentaires.
Face au renforcement des engagements internationaux en matière de réduction des émissions de carbone et au durcissement des normes environnementales imposées par de nombreux marchés importateurs, la transition des zones industrielles traditionnelles vers des modèles éco-industriels devient de plus en plus urgente.
Hanoï exploite actuellement neuf zones industrielles couvrant environ 1 348 hectares, la plupart ayant été créés il y a une vingtaine d'années, dont trois issus de la reconversion d'anciens sites industriels plus petits.
Nombre de ces zones sont aujourd'hui confrontés à des infrastructures vieillissantes, des installations vétustes et des lacunes en matière de conformité aux normes environnementales et de sécurité incendie actualisées, soulignant la nécessité d'une transformation globale.
Le Thanh Son, directeur adjoint des Zone industrielles et de haute technologie de Hanoï, a averti que, sans réforme rapide, les terrains industriels risquent de s'enliser dans des modèles de croissance obsolètes ou de devenir un refuge pour des technologies dépassées, ce qui nuirait à la compétitivité et à l'attractivité de la capitale pour les investisseurs.
Les autorités élaborent actuellement une feuille de route visant à transformer les zones industrielles existantes en zones industrielles vertes, intelligentes et éco-responsables. Elles travaillent également à la mise en place d’un cadre d’évaluation complet couvrant la planification, les infrastructures numériques et techniques, l’environnement, l’énergie, la structure industrielle, l’économie circulaire, les infrastructures sociales et la gouvernance.
Selon Le Thanh Son, ces critères visent non seulement à évaluer les zones industrielles, mais aussi à sélectionner les projets d'investissement, à améliorer l'efficacité de l'utilisation des sols, à accroître la valeur de la production et à promouvoir une croissance durable.
Des experts économiques estiment enfin que le modèle des zones éco-industrielles aidera le Vietnam à répondre aux normes environnementales internationales tout en créant de nouvelles opportunités pour améliorer la qualité de la croissance et la compétitivité économique. De nombreuses multinationales considèrent désormais les normes environnementales, la réduction des émissions et l'efficacité énergétique comme des critères essentiels dans le choix de leurs destinations d'investissement. -VNA