Hanoï (VNA) - À l'aube d'une nouvelle ère, l'industrie sans fumée est à un tournant, où les impératifs de croissance économique doivent désormais s'accompagner d'une approche plus humaine et durable. Dans son 11e rapport annuel, la plateforme de réservation Booking.com dresse un panorama de l'évolution du tourisme au Vietnam, mettant en évidence une évolution majeure des mentalités.
Aujourd'hui, le voyage ne se résume plus à une recherche de plaisir individuel. Il devient aussi un moyen de contribuer aux communautés locales et à la protection de l'environnement.
Selon une étude de la plateforme de réservation en ligne Booking.com, 85 % des voyageurs vietnamiens considèrent désormais le tourisme durable comme une priorité, et une proportion identique souhaite laisser une empreinte positive sur les destinations visitées.
Le tourisme reste un moteur essentiel de développement, mais il s'accompagne aussi de nombreux défis. Selon une enquête menée par Booking.com auprès de 32 500 personnes dans 35 pays, un large consensus se dégage sur les retombées positives de cette industrie. Au Vietnam, 76 % des personnes interrogées considèrent le tourisme comme un moteur de développement économique. Parmi elles, 60 % estiment qu'il favorise la croissance économique, 55 % soulignent les opportunités d'emploi qu'il crée et 50 % mettent en avant la diversification des activités de loisirs. Ces résultats illustrent le rôle central du tourisme dans l'amélioration des moyens de subsistance des populations locales.
Toutefois, certains effets négatifs suscitent des préoccupations. Ainsi, 41 % des résidents déplorent la pression exercée sur les infrastructures et la gestion des déchets, tandis qu’un quart de la population estime souffrir de la saturation touristique. Cette situation impose de trouver un équilibre entre développement économique et préservation des ressources.
L'une des solutions consiste à mieux répartir les flux de visiteurs. Plutôt que de se concentrer sur les destinations les plus fréquentées, les voyageurs sont encouragés à découvrir des sites moins connus, comme Phu Yen et Ninh Thuan pour leurs plages préservées, ou Cao Bang et Mu Cang Chai pour leurs paysages naturels. Cette répartition permettrait de réduire la pression sur les infrastructures des grands centres touristiques tout en offrant de nouvelles opportunités économiques aux régions plus éloignées.
Le choix de la période de voyage constitue également un facteur important. Voyager hors saison n'est plus seulement une option économique, mais aussi une démarche plus durable. Environ 35 % des voyageurs vietnamiens déclarent désormais privilégier cette pratique afin d'éviter les foules. Une fréquentation mieux répartie tout au long de l'année permettrait en outre d'assurer des revenus plus stables aux populations locales.
Les modes de déplacement jouent eux aussi un rôle clé. Près de la moitié des voyageurs vietnamiens souhaitent un réseau de transports publics plus développé pour leurs déplacements touristiques. En privilégiant la marche, le vélo ou les transports en commun, notamment les réseaux de métro de Hanoï et de Hô Chi Minh-Ville, les visiteurs peuvent réduire leur empreinte carbone tout en découvrant les villes de manière plus authentique. Les balades en cyclo-pousse contribuent également à préserver un patrimoine culturel traditionnel tout en soutenant les moyens de subsistance des habitants.
Parallèlement, la question de la mobilité devient centrale. Près de la moitié des voyageurs souhaitent disposer de systèmes de transport public plus performants. En privilégiant la marche, le vélo ou les réseaux de transport collectif en développement à Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, les visiteurs peuvent réduire leur empreinte carbone tout en découvrant les villes de manière plus authentique.
L’impact du tourisme sur la vie locale dépend également de la manière dont les dépenses sont orientées. En privilégiant les restaurants familiaux et l’artisanat traditionnel plutôt que les grandes chaînes internationales, 38 % des voyageurs choisissent de soutenir directement l’économie locale.
Dans un contexte où la pollution devient une préoccupation majeure, le fait que 54 % des voyageurs souhaitent réduire leurs déchets durant leur séjour est un signal encourageant. Des gestes simples, comme l'usage de gourdes réutilisables ou le respect strict des sentiers de randonnée pour protéger la biodiversité, constituent le socle de la conservation des écosystèmes.
Enfin, les opérateurs touristiques sont encouragés à développer des expériences favorisant une contribution directe à la préservation de la nature, à l’image des programmes de protection des tortues marines à Con Dao ou des randonnées écologiques associant reboisement et collecte des déchets sur le mont Dai Binh.
Le rapport de Booking.com montre ainsi que le tourisme durable n’est plus une notion théorique. Dès lors que chacun prend conscience de son rôle au sein de l’écosystème, voyager ne signifie plus seulement découvrir, mais aussi comprendre, partager et préserver. -VNA