Hô Chi Minh-Ville mise sur un système de santé à plusieurs niveaux

Hô Chi Minh-Ville développe un système de santé à plusieurs niveaux afin d'assurer une prise en charge continue, de la prévention aux soins spécialisés, tout en plaçant les citoyens au cœur de son organisation sanitaire.

À partir de 2026, les habitants de Hô Chi Minh-Ville bénéficieront, selon une mise en œuvre progressive, d'un bilan de santé périodique ou d'un dépistage annuel. Photo d'illustration : VNA
À partir de 2026, les habitants de Hô Chi Minh-Ville bénéficieront, selon une mise en œuvre progressive, d'un bilan de santé périodique ou d'un dépistage annuel. Photo d'illustration : VNA

Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Face au vieillissement de la population et à l'augmentation des maladies chroniques, Hô Chi Minh-Ville met en place un système de santé à plusieurs niveaux, intégré et interconnecté. Centré sur les besoins des citoyens, ce modèle vise à assurer une prise en charge continue, de la prévention au suivi médical de long terme.

Selon le Département municipal de la Santé, Hô Chi Minh-Ville dispose du plus vaste réseau de santé du Vietnam, avec 169 hôpitaux, plus de 13.000 établissements de santé, 168 postes de santé et près de 300 antennes répartis sur l'ensemble du territoire. Au-delà des besoins de ses habitants, la métropole constitue également le principal centre de soins de la région méridionale.

Pour Tang Chi Thuong, directeur du Département municipal de la Santé, cette envergure représente à la fois un atout et un défi. Le système ne peut plus être organisé autour d'établissements fonctionnant de manière isolée, mais doit évoluer vers un réseau unifié dans lequel chaque structure remplit une mission spécifique tout en contribuant à une prise en charge globale et continue des patients.

Face à la transition épidémiologique, marquée par la progression des maladies chroniques, au vieillissement démographique et à l'évolution des besoins de santé, la ville estime que le renforcement des seuls hôpitaux de dernier recours ne constitue plus une réponse suffisante. Elle privilégie désormais un modèle de soins gradués permettant aux patients d'accéder au niveau de prise en charge le plus adapté à leur état de santé.

L'un des piliers de ce modèle repose sur l'interconnexion des différents niveaux de soins grâce au dossier médical électronique, au dossier de santé numérique, à une base de données commune, aux systèmes de régulation des transferts de patients, aux téléconsultations spécialisées et à d'autres plateformes numériques garantissant la continuité des soins.

Trois piliers pour une prise en charge globale

Le nouveau modèle s'articule autour de trois niveaux complémentaires.

Le premier niveau est consacré aux soins de santé primaires, assurés principalement par les postes de santé, les médecins de famille et les réseaux de santé communautaires. Il privilégie la prévention, la vaccination, les bilans de santé réguliers, le dépistage précoce, la prise en charge des maladies non transmissibles ainsi que les soins destinés aux mères, aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes nécessitant une réadaptation fonctionnelle.

La ville déploie parallèlement un programme de bilans de santé pour l'ensemble de la population, le dossier de santé électronique et des équipes assurant un suivi médical continu tout au long de la vie. Selon Tang Chi Thuong, l'objectif de ce premier niveau est de permettre aux habitants de rester en bonne santé plus longtemps, de détecter les maladies plus précocement et de réduire les hospitalisations.

Le deuxième niveau correspond aux soins hospitaliers de base, assurés par les hôpitaux généraux régionaux et les hôpitaux de proximité. Il prend en charge la majorité des besoins médicaux courants, notamment les urgences, la médecine interne, la chirurgie, l'obstétrique, la pédiatrie, la réadaptation et les actes techniques les plus fréquents. Son renforcement doit contribuer à désengorger les établissements de dernier recours tout en rapprochant les services médicaux de qualité des habitants.

Le troisième niveau regroupe les hôpitaux spécialisés et les établissements de référence de la ville. Outre le traitement des cas les plus complexes, ces structures jouent un rôle moteur dans la recherche scientifique, l'innovation médicale, le développement de nouvelles techniques, la formation des ressources humaines de haut niveau, le transfert de technologies et l'appui technique à l'ensemble du réseau de santé.

Vers un système de santé moderne et durable

Selon les autorités sanitaires municipales, cette organisation à plusieurs niveaux traduit une évolution profonde de la stratégie de développement du secteur de la santé. Elle marque le passage d'un modèle centré sur les établissements hospitaliers à un réseau intégré, mettant les citoyens au cœur du système et privilégiant une prise en charge globale plutôt qu'une approche essentiellement curative.

L'accélération de la transformation numérique, le partage des données de santé et le renforcement de la coordination entre les différents niveaux de soins devraient permettre d'améliorer la qualité des services, d'optimiser l'utilisation des ressources et de garantir un accès plus équitable et continu aux soins.

Les responsables du secteur estiment que ce modèle, développé à Hô Chi Minh-Ville, pourrait servir de référence pour la modernisation du système de santé vietnamien, dans la perspective d'un système plus performant, plus équitable et plus durable.- VNA

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