Hanoi (VNA) – Le secteur de la santé envisage de développer un écosystème national de soins de santé spécialisés qui permet non seulement de traiter les cas difficiles mais aussi de former d’excellents médecins, de créer de nouvelles connaissances et de les diffuser en son sein.
Le professeur Trân Van Thuân, vice-ministre de la Santé, a déclaré que la transformation fondamentale en matière de santé spécialisée dans la période à venir consiste à passer d’une approche d’investissement dans certains établissements de santé spécialisés dans chaque localité à l’organisation d’un réseau de santé spécialisé multiniveau dont les acteurs assument des rôles bien définis, sont étroitement interconnectés et se soutient mutuellement.
Un centre médical spécialisé ne devrait pas seulement traiter les cas difficiles, mais aussi avoir pour mission de créer de nouvelles connaissances, de former d’excellents médecins et de diffuser l’expertise professionnelle dans l’ensemble du système de santé.
Depuis la première greffe de rein du pays effectuée en juin 1992 à l’Hôpital militaire 103 à Hanoi, le Vietnam a dépassé le cap des 10.000 transplantations d’organes, s’imposant aujourd’hui comme un leader en Asie du Sud-Est pour le volume annuel de ces interventions de pointe.
De nombreuses autres techniques spécialisées ont également été mises en œuvre avec succès dans les hôpitaux du pays, telles que l’intervention cardiaque fœtale, le remplacement valvulaire aortique par voie transcathéter, la chirurgie robotique, l’intervention neurovasculaire, la radiothérapie de haute technologie et la circulation extracorporelle et l’assistance respiratoire.
Parallèlement à l’acquisition de compétences techniques, les établissements de santé de référence jouent progressivement un rôle dans la formation et le pilotage du système. Des activités telles que le conseil technique, les téléconsultations et la télémédecine ont permis la mise en place d’un vaste mécanisme de transfert de technique.
De nombreuses techniques, auparavant réservées à Hanoi, Hô Chi Minh-Ville ou Huê, sont désormais appliquées dans les hôpitaux de province, y compris dans certaines zones montagneuses, frontalières et défavorisées.
Les soins de santé spécialisés, au lieu d’être limités au secteur public, ont vu de nombreux hôpitaux privés investir systématiquement dans les installations, les équipements, les ressources humaines et développer des services spécialisés.
Les réalisations mentionnées constituent la base de la résolution n°72-NQ/TW du Politburo, en date du 9 septembre 2025, sur certaines solutions de percée pour renforcer la protection, les soins et l’amélioration de la santé de la population.
Le plan révisé du réseau de santé pour la période 2021-2030, avec une vision à l’horizon 2050, prévoit que l’organisation du réseau doit être alignée sur six régions socio-économiques, avec 17 hôpitaux généraux de niveau provincial ; chaque région doit disposer d’au moins un hôpital spécialisé, et chaque province et ville doit disposer d’au moins un hôpital spécialisé.
Le Médecin du peuple, le prof.-Dr Trân Minh Diên, directeur de l’Hôpital national de pédiatrie, a estimé que les centres de santé spécialisés doivent devenir des établissements locomoteurs au sein du système, capables de créer de la valeur pour l’ensemble du réseau ; jouer un rôle de premier plan en matière d’expertise, d’élaboration de protocoles de traitement, de normes de qualité et de sécurité des patients, ainsi que d’organisation de la formation continue et du transfert de technique pour les hôpitaux du réseau et les établissements satellites.
Ce rôle devrait s’accompagner de la capacité à proposer des téléconsultations, un soutien professionnel en temps réel et une coordination efficace des soins entre les différents niveaux de prise en charge. Les centres spécialisés doivent être des pôles d’innovation, dotés d’un écosystème de recherche performant et appliquant la médecine de précision, l’intelligence artificielle, le big data et la transformation numérique.
Partageant ce point de vue, le prof.associé-Dr Dào Xuân Co, directeur de l’Hôpital Bach Mai, a indiqué que la construction de centres médicaux spécialisés doit être envisagée non seulement comme un axe de développement des techniques de pointe, mais aussi comme une stratégie nationale de renforcement des capacités du système de santé.
Un centre de santé spécialisé doit reposer sur cinq piliers : la capacité de réaliser des diagnostics et des traitements spécialisés, permettant de prendre en charge les maladies les plus complexes ; la formation de ressources humaines hautement qualifiées, en lien avec la pratique clinique ; la recherche scientifique, l’innovation et la maîtrise des nouvelles technologies ; une gestion hospitalière moderne conforme aux normes internationales ; et le rôle central qu’il joue au sein du réseau de santé, et l’élaboration de recommandations professionnelles et le soutien au renforcement des capacités des hôpitaux locaux.
Selon le prof.-Dr Trân Van Thuân, vice-ministre de la Santé, les hôpitaux chefs de file du pays doivent privilégier les techniques spécialisées et la prise en charge des maladies complexes et rares, tout en menant des recherches, en formant des spécialistes et en établissant des normes professionnelles.
Les hôpitaux d’échelon régional doivent avoir des capacités suffisantes pour traiter la majorité des maladies graves. Les hôpitaux spécialisés provinciaux et municipaux doivent devenir les pôles d’excellence des localités où ils se basent, en étroite collaboration avec les structures de soins de santé primaires et de base.
Selon le ministère de la Santé, à la fin 2024, le pays comptait 1.665 hôpitaux, dont 384 établissements privés, ainsi qu’un réseau de dispensaires communaux couvrant l’ensemble des localités. Le pays disposait également de 34 lits d’hôpital pour 10.000 habitants, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale (33). Le Vietnam est ainsi considéré comme l’un des rares pays à posséder un système de santé complet, s’étendant jusqu’aux villages et garantissant des services de base pour tous. – VNA