Hanoï (VNA) – L’accord de libre-échange entre le Vietnam et l’Association européenne de libre-échange (AELE), qui regroupe la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, a été signé le 18 octobre à Hanoï. À cette occasion, les ambassadeurs de Norvège, Stein Iversen, et de Suisse, Thomas Gass, ont souligné l’importance de cet accord pour les relations économiques et les perspectives de coopération entre les deux parties.
Selon Stein Iversen, l’aboutissement de négociations longues et complexes témoigne de l’ampleur des engagements pris par les parties. L’accord ouvrira de nouvelles perspectives d’accès au marché vietnamien pour les entreprises des quatre pays membres de l’AELE et facilitera les exportations vietnamiennes vers leurs marchés.
Thomas Gass a rappelé que, malgré les nombreux accords commerciaux conclus séparément par le Vietnam et les pays membres de l’AELE, les deux parties ne disposaient jusqu’à présent d’aucun accord de libre-échange commun. Cette signature constitue également, selon lui, un signal en faveur d’un commerce international plus prévisible, fondé sur des règles et un cadre juridique propices à la confiance.
L’accord devrait bénéficier aux consommateurs des deux parties. La suppression des droits de douane sur les produits de la mer norvégiens exportés vers le Vietnam pourrait notamment rendre le saumon plus accessible aux consommateurs vietnamiens. En retour, la Norvège espère voir davantage de café transformé, de fruits et d’autres produits vietnamiens sur son marché.
La Suisse mise notamment sur les technologies susceptibles de contribuer à la modernisation de l’économie vietnamienne, telles que les réseaux électriques intelligents, les techniques de moulage sous pression et la production de ciment à faibles émissions de carbone. Les entreprises pharmaceutiques suisses s’intéressent également au marché vietnamien, dans un contexte marqué par le doublement de la classe moyenne en dix ans. Parallèlement, Berne souhaite faciliter l’accès à son marché des produits vietnamiens de qualité, notamment agricoles et issus de modes de production durables.
Plusieurs secteurs offrent des perspectives prometteuses. La Norvège s’intéresse notamment à la construction navale, à l’aquaculture marine et aux énergies renouvelables. Une délégation de six entreprises norvégiennes s’est récemment rendue au Vietnam afin d’étudier les possibilités d’investissement dans ce dernier secteur. Environ 14 entreprises norvégiennes sont actuellement présentes dans le pays.
La coopération avec la Suisse couvre notamment la transformation du café, les infrastructures portuaires, les équipements énergétiques, les laboratoires de contrôle de la qualité et les services numériques. Un grand groupe suisse du café transforme environ 25 % de la production vietnamienne en produits raffinés à forte valeur ajoutée destinés à l’exportation. Des hôpitaux et des universités vietnamiens collaborent également avec des groupes pharmaceutiques suisses dans le domaine des traitements contre le cancer.
Les deux ambassadeurs ont souligné le rôle de l’accord dans la transition verte. Le partenariat stratégique vert entre le Vietnam et la Norvège définit les orientations de leur coopération, tandis que l’accord de libre-échange établit un cadre juridique propice au développement des échanges commerciaux et des investissements. L’éolien en mer, le transport maritime à faibles émissions, l’aquaculture, l’économie circulaire et la protection des forêts figurent parmi les domaines prioritaires. L’année 2026 marque également le 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et la Norvège.
Thomas Gass a salué l’objectif du Vietnam d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Selon lui, l’accès aux marchés des pays membres de l’AELE, caractérisés par un pouvoir d’achat élevé, pourrait favoriser les exportations vietnamiennes de produits durables. Les technologies de ces pays pourraient également contribuer à accroître la valeur ajoutée des produits vietnamiens destinés aux marchés internationaux.
Les deux diplomates ont enfin appelé les entreprises à se préparer dès à présent à la mise en œuvre de l’accord, sans attendre l’achèvement des procédures de ratification. La diffusion d’informations et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises seront essentiels pour leur permettre de mieux comprendre les normes applicables et de tirer parti des nouvelles possibilités commerciales.
L’accord entrera en vigueur trois mois après que le Vietnam et au moins un des quatre pays membres de l’AELE auront achevé leurs procédures de ratification respectives. Pour la prochaine décennie, les deux ambassadeurs souhaitent notamment renforcer la coopération universitaire, la recherche, l’innovation et la formation, tout en maintenant la construction navale, l’économie maritime, l’aquaculture et l’économie circulaire parmi les principaux axes du partenariat. - VNA