Dans cette dynamique, les artistes vietnamiens établis à l’étranger jouent un rôle important. Ils contribuent à faire connaître l’identité et les valeurs culturelles du Vietnam auprès du public international.
La Résolution n° 80 souligne le rôle de la culture dans le renforcement du « soft power » et du rayonnement international du Vietnam. La Résolution n° 23, quant à elle, considère la communauté vietnamienne à l’étranger comme une ressource importante de la nation.
En Australie, Minh Ha Patmore s’emploie à faire vivre et connaître la musique et les arts traditionnels vietnamiens.
Artiste établie en Australie et membre de l’Organisation d’échanges culturels Vietnam-Australie, elle partage son expérience avec l’Agence vietnamienne d’information (VNA).
Artiste MINH HA PATMORE – Organisation d’échanges culturels Vietnam-Australie :
« Les artistes vietnamiens établis à l’étranger sont bien plus que de simples interprètes.
Nous sommes aussi des ambassadeurs culturels et un trait d’union entre le Vietnam et le public international.
Vivre dans une Australie multiculturelle nous permet de mieux comprendre le public local. Nous pouvons ainsi présenter les traditions vietnamiennes d’une manière qui permette au public de s’y identifier et de les apprécier.
Lorsque les instruments traditionnels et le monocorde résonnent sur les scènes internationales, ils contribuent à promouvoir le « soft power » culturel du Vietnam et à montrer la vitalité et la pérennité de la culture vietnamienne. »
Pour faire découvrir cette musique au public international, Ha se produit avec l’Organisation d’échanges culturels Vietnam-Australie.
Elle transmet aussi son savoir-faire en enseignant les instruments traditionnels vietnamiens à la communauté vietnamienne en Australie.
Artiste MINH HA PATMORE – Organisation d’échanges culturels Vietnam-Australie :
« D’après mon expérience, aussi bien sur scène que dans l’enseignement, j’ai constaté que la musique traditionnelle vietnamienne exerce un réel attrait.
Le public australien est ouvert et curieux. Beaucoup sont fascinés par les sonorités uniques d’instruments comme la cithare, le monocorde, la flûte en bambou ou encore le t’rung.
Nos cours attirent des Vietnamiens vivant à l’étranger qui souhaitent renouer avec leurs racines culturelles.
Ils attirent aussi des élèves de différentes nationalités, qui se passionnent pour la musique vietnamienne.
Les jeunes Vietnamiens nés en Australie grandissent dans un environnement occidental et sont quotidiennement en contact avec la culture locale.
Il est donc naturel qu’ils se sentent parfois moins proches de la musique traditionnelle. »
Pour elle, la transmission passe avant tout par la création d’un lien vivant avec le patrimoine.
Sans ce lien et sans moyens adaptés pour le découvrir et le pratiquer, les arts traditionnels peuvent être plus difficiles à apprécier.
Minh Ha Patmore estime donc qu’un soutien plus étroit doit être apporté aux artistes vietnamiens établis à l’étranger.
Elle propose notamment de renforcer la coordination entre les autorités culturelles vietnamiennes et les artistes, associations et organisations de la diaspora.
Cela permettrait de faciliter l’accès aux ressources artistiques traditionnelles, à de nouveaux contenus et formats de spectacles ainsi qu’aux programmes nationaux d’échanges culturels.
Artiste MINH HA PATMORE – Organisation d’échanges culturels Vietnam-Australie :
« Je pense également qu’il faudrait mettre en place des fonds de soutien ou des subventions ciblées pour les associations d’artistes de la diaspora qui préservent les arts traditionnels à l’étranger.
Ce soutien pourrait prendre la forme d’instruments de musique traditionnels et de supports pédagogiques numériques actualisés.
Il pourrait aussi contribuer à financer des spectacles réguliers et des expositions culturelles dans les pays d’accueil.
Par ailleurs, il convient d’encourager davantage les projets de musique contemporaine qui associent instruments traditionnels et styles modernes.
Apporter une touche contemporaine à la musique traditionnelle peut la rendre plus attrayante pour les jeunes.
C’est aussi une manière de faire découvrir la culture vietnamienne de façon plus naturelle et plus efficace. »