D'ici le Têt, les températures au Nord devraient atteindre desvaleurs inhabituelles sous l'influence de ce phénomène, bien qu'unenouvelle vague de froid soit attendue en fin de cette semaine.
Pour la même raison, la sécheresse devrait s'accentuer jusqu'enavril partout dans le pays. Dans le Sud, elle sera aggravée par lahausse de la salinité dans nombre de cours d'eau.
Ces anomalies météorologiques ont été discutées lors du 2e Forumsur le climat de mousson, organisé le 28 janvier au Vietnam par leCentre national de météorologie et d'hydrologie (CNMH), la Croix-Rougeaméricaine et le Centre asiatique de prévention des catastrophesnaturelles.
En 2009, la situation météorologique au Vietnam a été semblable àcelle constatée il y 12-13 ans, avec une mousson d'été plus tardive qued'habitude et une mousson de septembre peu marquée. Parallèlement, lesmétéorologues ont constaté également une hausse des températures. "Iln'y aura pas cet hiver de vague de froid record comme celle du début del'année 2008. Mais le risque d'une grave sécheresse estparticulièrement élevé", a déclaré le directeur général adjoint duCNMH, Nguyên Van Sap.
Une mousson tardive et faible entraîne généralement un gravedéficit pluviométrique. En novembre et décembre derniers, les nappesphréatiques étaient au plus bas dans de nombreuses localités. Le niveaudes réservoirs des barrages hydroélectriques n'était que de 70% decelui des années précédentes. A Hanoi, malgré un récent "déluge", leniveau du fleuve Rouge le 21 janvier dernier n'était que de 0,48 m, leplus bas depuis 1902, année des premiers relevés hydrologiques.
Selon les experts du CNMH, la saison hiver-printemps connaîtra unepénurie d'eau, avec un débit des cours d'eau très faible. Ainsi, celuide la rivière Dà (rivière Noire) ne devrait être en février, mars etavril, que de 150-220 m3/seconde, soit la moitié du volume normal(400-500m3/seconde). Même situation pour le fleuve Thai Binh, sonaffluent Thao...
Dans la partie sud du Centre, le Tây Nguyên (hauts plateaux duCentre ) et le Sud, le niveau des cours d'eau connaîtra dans lesprochains mois une baisse de 10 à 20% par rapport à la moyenne desprécédentes années.
Selon le vice-directeur de la Station météorologique du Sud,Nguyên Minh Giam, les niveaux des fleuves Tiên et Hâu - les deux brasdu Mékong - seront bien plus bas que ces dernières années. Ceresponsable souligne par ailleurs le phénomène des remontées d'eausalée, précisant sur ce point que "pour la saison sèche 2010, lesremontées d'eau salée devrait être plus précoces et plus fortes".
Le service des Ressources naturelles et de l'Environnement de HoChi Minh-Ville a lancé un programme d'actions pour faire face auchangement climatique. D'ici 2012, il sera financé de près de 2.000milliards de dongs sur le budget municipal.
Dans le Nord, 10 jours avant le Têt, les pêchers s'épanouissentdéjà à Hanoi. Les horticulteurs espèrent que les caprices météon'influenceront pas trop cette floraison, et surtout que celle-cipourra avoir lieu au bon moment. "C'est un printemps précoce certes,mais nous pouvons faire en sorte que nos pêchers fleurissent juste pourle Têt", confie, optimiste, Dô Duc Kinh, patron d'un jardin en banlieuede la capitale.
Les horticulteurs ne sont pas les seuls à suivre de près la météo.Les producteurs de "gio" et de "cha" (pâté de viande pilée et hachisfrit), aliments traditionnels du Têt, se plaignent du ralentissement deleur production en raison des températures anormalement élevées.
Traditionnellement, à l'approche du Têt, la production de "gio" etde "cha" bat son plein. Le froid favorise leur confection, leurconservation, mais aussi leur vente. Cette année, les habitants duvillage de Phuc Thuy (commune de Tân Uoc, district de Thanh Oai,Hanoi), spécialisés dans ces préparations culinaires, attendent avecimpatience le retour du froid... -AVI