Hanoi (VNA) - Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, Tô Lâm, a demandé que la Stratégie de développement de l’industrie des matériaux du Vietnam soit étroitement alignée sur les grandes orientations du Parti en matière d’industrialisation et de modernisation.
Elle devra également intégrer les priorités nationales liées aux sciences et technologies, à l’innovation, à la transformation numérique, à la transition verte, au développement du secteur privé ainsi qu’à la sécurité énergétique, à la défense, à la sécurité et à l’intégration internationale.
Dans l’après-midi du 21 mai, au siège du Comité central du Parti, le haut dirigeant Tô Lâm a présidé une séance de travail avec la Commission centrale des politiques et des stratégies ainsi qu’avec des représentants de plusieurs ministères et secteurs concernés sur les orientations de développement de l’industrie des matériaux au Vietnam dans la nouvelle période.
Selon les évaluations présentées lors de cette réunion, l’industrie vietnamienne des matériaux a enregistré ces dernières années des progrès notables. Des secteurs tels que l’acier, le ciment, les matériaux de construction, les produits chimiques de base, les engrais, les plastiques, le caoutchouc, les fibres textiles et le bois industriel ont connu une croissance rapide, répondant aux besoins nationaux tout en soutenant les exportations. De nombreuses entreprises ont investi dans de grands complexes industriels, intégrant progressivement les chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales.
Le Vietnam dispose également d’un fort potentiel en ressources minières stratégiques telles que les terres rares, la bauxite, le titane, le tungstène, le graphite, le sable siliceux et le calcaire. Parallèlement, les matériaux nouveaux, verts et recyclés, ainsi que les matériaux destinés aux semi-conducteurs, aux batteries, aux énergies renouvelables, au biomédical et aux composites commencent à susciter un intérêt croissant.
Cependant, selon Tô Lâm, l’industrie vietnamienne des matériaux continue de se développer davantage en largeur qu’en profondeur. Malgré des volumes de production importants, la qualité et la valeur ajoutée demeurent limitées ; les capacités de transformation profonde restent faibles et plusieurs secteurs se caractérisent par une forte consommation d’énergie et des émissions élevées.
Il a souligné que le Vietnam dépend encore fortement des importations pour de nombreux matériaux stratégiques tels que les matériaux pour semi-conducteurs, les produits chimiques électroniques, les matériaux pour batteries, les alliages spéciaux, les polymères techniques, les aciers de haute qualité ainsi que les technologies de raffinage. Bien que les investissements directs étrangers aient obtenu des résultats positifs, les liens avec les entreprises nationales restent limités, tandis que la recherche et la commercialisation des nouveaux produits progressent lentement.
Selon le dirigeant vietnamien, le Vietnam ne manque ni de ressources ni de demande du marché. Les principales insuffisances concernent les technologies de base, les capacités de transformation approfondie, les entreprises locomotives, l’écosystème de recherche, d’expérimentation, de contrôle et de commercialisation, ainsi qu’une stratégie suffisamment intégrée pour structurer une chaîne de valeur nationale des matériaux.
Lors de cette réunion, Tô Lâm a présenté cinq grandes orientations pour le développement futur de l’industrie des matériaux. Il a notamment affirmé que cette industrie devait être considérée comme un secteur fondamental et stratégique du processus d’industrialisation et de modernisation du pays.
Il a demandé un développement ciblé et sélectif, organisé autour de trois niveaux : les matériaux de base à consolider et moderniser, les matériaux stratégiques nécessitant des percées et les matériaux du futur à préparer dès maintenant. Il a également insisté sur la nécessité de passer de l’exploitation brute des ressources à leur transformation approfondie, à la maîtrise des technologies et à l’augmentation de la valeur ajoutée nationale.
Le secrétaire général et président Tô Lâm a par ailleurs souligné l’importance de faire des sciences et technologies, des normes, des ressources humaines hautement qualifiées et des entreprises vietnamiennes les piliers du développement ; il a appelé à bâtir une industrie des matériaux verte, durable, autonome et compétitive à l’échelle internationale, tout en garantissant au mieux les intérêts nationaux dans le contexte de l’intégration internationale.
Le haut dirigeant vietnamien a chargé le Comité du Parti du gouvernement d’étudier l’élaboration de la Stratégie de développement de l’industrie des matériaux du Vietnam à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045, en vue de sa promulgation prochaine. Selon lui, cette stratégie devra reposer sur une vision de long terme, des objectifs clairs, une feuille de route réaliste et une répartition précise des responsabilités, en évitant toute approche générale et dispersée.
Tô Lâm a demandé que cette stratégie définisse clairement les groupes de matériaux prioritaires, le niveau de maîtrise technologique visé, les organismes responsables, les entreprises pilotes, les ressources à mobiliser ainsi que les politiques à mettre en œuvre. Elle devra également établir une liste nationale des matériaux stratégiques, une cartographie de la dépendance aux importations, une évaluation des capacités nationales ainsi qu’une liste des projets et missions prioritaires.
Sur le plan des politiques publiques, il a préconisé de passer d’un soutien fragmenté à une logique de création de marché et de commandes publiques ciblées. L’État devra mettre en place des mécanismes associant les entreprises, les normes techniques, les applications concrètes et des calendriers précis de commercialisation, tout en perfectionnant les mécanismes d’expérimentation contrôlée, de protection de la propriété intellectuelle et de partage équitable des bénéfices entre scientifiques, instituts de recherche et entreprises.
À court terme, Tô Lâm a proposé de privilégier cinq groupes de matériaux : les matériaux issus des terres rares, les matériaux pour semi-conducteurs, les matériaux pour batteries et stockage d’énergie, les nouveaux matériaux et les matériaux de construction de nouvelle génération. Selon lui, ces secteurs jouent un rôle fondamental dans l’industrialisation, la modernisation et l’autonomie économique nationale.
Concernant le marché des matériaux de construction, il a demandé un développement plus vert, plus propre et plus économe en énergie et en ressources, avec une utilisation accrue de matériaux recyclés et alternatifs afin de réduire les émissions. Il a également insisté sur la nécessité d’assurer l’approvisionnement en sable, pierres, matériaux de remblaiement, ciment et acier pour les projets d’investissement public, les infrastructures de transport, les zones urbaines, l’énergie et le logement.
Enfin, Tô Lâm a souligné qu’il ne fallait ni gaspiller les ressources naturelles, ni exporter des matières premières brutes, ni sacrifier l’environnement au profit de la croissance économique. Il a toutefois averti qu’il convenait également d’éviter que les ressources stratégiques restent inexploitées faute de mécanismes adaptés, de technologies ou de coordination dans l’exploitation et la transformation des minerais stratégiques. - VNA