New Delhi (VNA) – Le discours liminaire prononcé par le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien Tô Lâm, lors du 23e Dialogue de Shangri-La le 29 mai, à Singapour, témoigne d’une profonde compréhension des défis mondiaux contemporains et de leur nature interdépendante, tout en proposant des solutions pratiques pour construire la confiance, gérer les risques et promouvoir la coopération internationale, a déclaré SD Pradhan, ancien président du Comité conjoint du renseignement de l’Inde et ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale.
S’adressant à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à New Delhi, SD Pradhan a souligné que, fort de sa vaste expérience en matière de sécurité nationale et de relations internationales, ainsi que de sa connaissance approfondie du droit international, le dirigeant vietnamien a identifié trois crises étroitement liées qui affectent le monde actuel : une crise de l’ordre international, une crise des modèles de développement et une crise de la confiance stratégique.
Selon SD Pradhan, ces défis se manifestent dans un contexte de déclin de l’efficacité des institutions multilatérales, d’intensification et de dérapage de la concurrence stratégique, et de pressions croissantes sur l’ordre juridique international.
Il a salué l’analyse pragmatique du leader vietnamien, selon laquelle la région Asie-Pacifique n’est pas confrontée à un choix entre concurrence et non-concurrence, comme la concurrence est une caractéristique inhérente aux relations internationales.
SD Pradhan a mis en lumière six orientations clés proposées par le secrétaire général et président Tô Lâm pour relever les défis actuels.
Premièrement, le dialogue doit être un outil efficace de réduction des risques grâce à l’identification précoce des menaces, au renforcement du partage d’informations, au maintien des canaux de communication en période de tension et à la prévention de l’escalade des désaccords en crises.
Deuxièmement, il a plaidé pour le développement d’une architecture régionale ouverte et inclusive, centrée sur l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), capable de concilier les intérêts, de réduire la méfiance, de renforcer les mécanismes existants et de garantir la transparence et le respect du droit international.
Troisièmement, la sécurité humaine et la résilience sociétale doivent être placées au cœur des efforts de développement durable, notamment par la création de chaînes d’approvisionnement ouvertes et diversifiées, le renforcement de la connectivité des infrastructures et l’élargissement de la coopération dans les domaines de la finance, des technologies, de la cybersécurité, de la protection des infrastructures critiques et des opérations de recherche et de sauvetage.
Quatrièmement, des normes responsables doivent être établies pour les technologies émergentes et l’industrie de la défense.
Cinquièmement, il est nécessaire de sensibiliser davantage le public aux effets néfastes de la désinformation et des opérations d’influence, qui peuvent nuire à la cohésion sociale et fausser la perception du public.
Sixièmement, les capacités de diplomatie préventive, de médiation et de résolution des conflits doivent être renforcées par des mécanismes flexibles et de multiples canaux de dialogue.
SD Pradhan a déclaré que l’attention considérable portée par les médias internationaux à ce discours témoignait de l’intérêt mondial croissant pour l’approche vietnamienne des questions de paix, de sécurité et de développement, tout en soulignant le rôle de plus en plus important du pays au sein des instances multilatérales.
Faisant référence à la récente interview accordée par le secrétaire général et président Tô Lâm à Reuters, SD Pradhan a observé que sa réaffirmation de la politique étrangère vietnamienne d’indépendance et d’autonomie, résumée par le message selon lequel le Vietnam ne choisit pas de camp, reflétait clairement la politique de longue date du pays en matière de diversification et de multilatéralisme des relations extérieures.
Il a ajouté que l’accent mis par le leader vietnamien sur la Charte des Nations Unies et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982 revêtait une importance particulière dans le contexte des tensions croissantes en mer de Chine méridionale et était conforme à la position de nombreux pays du Sud, dont l’Inde.
Selon SD Pradhan, la participation du secrétaire général et président Tô Lâm au Dialogue de Shangri-La démontre que le Vietnam n’est pas seulement un acteur des affaires régionales, mais un pays contribuant activement à l’élaboration des agendas régionaux et mondiaux. – VNA