Le textile vietnamien accélère sa transition verte

Le textile-habillement vietnamien accélère sa transformation verte et technologique pour maintenir la dynamique de ses exportations et renforcer sa position dans les chaînes d’approvisionnement mondiales face aux nouvelles exigences des marchés internationaux.

Les exportations de vêtements et de textiles ont généré 46 milliards de dollars en 2025, le secteur visant 48 milliards de dollars pour 2026. (Photo : VNA)
Les exportations de vêtements et de textiles ont généré 46 milliards de dollars en 2025, le secteur visant 48 milliards de dollars pour 2026. (Photo : VNA)

Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Le textile-habillement reste l’un des principaux secteurs exportateurs du Vietnam. Toutefois, face aux exigences croissantes des marques internationales en matière de développement durable, de réduction des émissions et de traçabilité, les entreprises ne peuvent plus compter uniquement sur leurs avantages en termes de prix et de capacités de production.

La transition verte, l’innovation technologique, le développement de matières premières durables et la modernisation des chaînes d’approvisionnement deviennent des facteurs essentiels pour conserver les commandes et accroître la valeur ajoutée du secteur dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, les exportations vietnamiennes de textile-habillement ont atteint 46 milliards de dollars en 2025, et le secteur vise 48 milliards de dollars en 2026. Au cours des huit premiers mois de cette année, elles se sont établies à environ 26,9 milliards de dollars, en hausse de 1,6% sur un an. Ces résultats témoignent du maintien de la compétitivité du secteur, mais celui-ci fait face à une pression croissante liée aux coûts de production, aux politiques commerciales internationales et aux nouvelles normes environnementales, notamment en matière de réduction des émissions et d’économie circulaire.



Le verdissement, nouveau facteur de compétitivité

Selon Alen Wei, directeur financier de H&M Production pour la Chine et l’Asie du Sud-Est, les marques de mode ne recherchent plus seulement des fournisseurs disposant de capacités de production et commerciales, mais exigent également des performances en matière de développement durable, d’innovation et de résilience des chaînes d’approvisionnement.

Pour H&M, la compétitivité d’un produit repose désormais sur la combinaison de la mode, de la qualité, du prix et de la durabilité. Les fournisseurs doivent également améliorer continuellement leur efficacité, leur productivité et leur capacité d’innovation.

Alors qu’auparavant le prix, les capacités de production et les délais de livraison constituaient les principaux critères de sélection, les entreprises doivent désormais répondre simultanément à des exigences concernant les matières premières, l’environnement, l’énergie, les produits chimiques, les conditions de travail et la responsabilité sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de H&M, le Vietnam occupe une place importante. Le groupe s’approvisionne auprès du Vietnam depuis plus de 20 ans et coopère actuellement avec plus de 40 fournisseurs et plus de 70 usines dans le pays, créant des emplois pour plus de 60.000 travailleurs.

Les acheteurs internationaux participant au programme Vietnam International Sourcing 2026, organisé à Hô Chi Minh-Ville, estiment que le Vietnam est devenu l’un des principaux centres mondiaux de production textile. La prochaine étape de développement exige toutefois que le secteur passe d’un modèle fondé principalement sur les capacités de production à un modèle axé sur le textile vert, les technologies avancées, l’économie circulaire et une plus forte valeur ajoutée.



Moderniser l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement

Outre les exigences environnementales, les changements de politique commerciale internationale constituent également un défi pour les entreprises vietnamiennes.

Selon Dô Ngoc Hung, conseiller commercial et chef du Bureau commercial du Vietnam aux États-Unis, les politiques tarifaires américaines appliquées à plusieurs économies pourraient affecter le pouvoir d’achat des consommateurs et des importateurs, et ainsi peser sur la compétitivité-prix des produits vietnamiens.

Toutefois, les grands importateurs et distributeurs américains n’ont pas, à ce stade, prévu de modifier leurs sources d’approvisionnement. Le Vietnam continue d’être considéré comme l’un des partenaires stratégiques des grands groupes, notamment dans le textile-habillement. Ce signal positif souligne néanmoins la nécessité pour les entreprises vietnamiennes de renforcer leurs avantages compétitifs au-delà du seul facteur prix.

Elles doivent ainsi améliorer leurs capacités de production, accroître la part des matières premières et des technologies d’origine nationale, créer davantage de valeur ajoutée et réduire les risques de mesures de défense commerciale ou d’accusations liées à l’utilisation de matières premières d’origine non transparente.

De nombreuses entreprises ont déjà engagé cette transformation. Selon Nguyen Thi Hong Trang, cheffe adjointe du Département de recherche, développement et investissement de la Compagnie générale 28, l’entreprise a mis en place une chaîne de production intégrée allant de la filature au tissage, à la teinture et à la confection, jusqu’à la distribution.

Parallèlement aux investissements dans des équipements modernes, elle accélère l’automatisation des différentes étapes, de la conception à la découpe, à la confection et à la finition, afin d’améliorer la productivité et d’optimiser l’utilisation des matières premières et accessoires.

De son côté, Faslink Vietnam mise sur le développement de nouvelles matières premières respectueuses de l’environnement et de la santé des consommateurs, notamment à base de bambou, de lotus, de café et de menthe. L’entreprise développe également l’utilisation de la technologie 3D, de l’analyse des mégadonnées pour anticiper les tendances et de solutions de recyclage.

Selon Tran Hoang Phu Xuan, directrice de Faslink Vietnam, les solutions de recyclage permettent de réduire d’environ 59% les émissions de CO₂ et de 47% la consommation d’eau par rapport aux procédés de production conventionnels. Cette approche contribue à renforcer la position de l’entreprise comme fournisseur de matières premières et de solutions de production pour plus de 60 marques de mode.

Les experts estiment que le textile-habillement vietnamien dispose encore d’importantes perspectives de développement. Pour transformer ces opportunités en croissance durable, le secteur doit toutefois passer de la sous-traitance traditionnelle à des activités à plus forte valeur ajoutée, renforcer ses capacités de conception et de développement de produits, moderniser la gestion des chaînes d’approvisionnement et accroître son autonomie en matières premières.

Les investissements dans les compétences de la main-d’œuvre, les technologies numériques, l’automatisation, l’anticipation des tendances et la gestion des données permettront également aux entreprises d’améliorer leur productivité, de répondre plus efficacement aux exigences des acheteurs et de consolider leur position dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, de plus en plus orientées vers la durabilité, la flexibilité et la réduction des émissions.- VNA

source

Voir plus

Des agents du Service de surveillance du marché de Hanoï inspectent des produits présentant des signes de non-conformité aux réglementations relatives à l'étiquetage, à la publicité et à la propriété intellectuelle. Photo: VNA

Contrefaçon et piratage : près de 4 000 cas sanctionnés en trois mois

Selon Le Huy Anh, directeur adjoint de l’Office de la propriété intellectuelle du ministère des Sciences et des Technologies, les ministères, secteurs et localités ont intensifié les contrôles pour détecter et sanctionner rigoureusement les infractions, en particulier les marchandises contrefaites, les violations sur les plateformes numériques et les affaires de grande ampleur. mois

Le politologue britannique Kyril Whittaker. Photo: VNA

Un chercheur britannique souligne trois conditions pour ancrer les politiques vietnamiennes dans la réalité

Les quatre transformations stratégiques définies par le leader Tô Lâm pour la nouvelle étape de développement du Vietnam suscitent l’intérêt de chercheurs internationaux. Pour le politologue britannique Kyril Whittaker, leur mise en œuvre repose notamment sur trois conditions déjà réunies au Vietnam : un mécanisme d’action unifié, des politiques adaptées aux réalités locales et le soutien de l’ensemble de la société.

Une chaîne de production de l’usine intelligente de YADEA Vietnam, représentant un investissement de plus de 100 millions de dollars, dans la zone industrielle de Tan Hung, province de Bac Ninh. Photo : VNA

Le passage à un nouveau modèle de croissance devient incontournable

Après son accession au groupe des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, le Vietnam doit désormais sortir du « piège du revenu intermédiaire » pour devenir un pays à revenu élevé d’ici 2045, un objectif qui passe par un nouveau modèle de croissance fondé sur les technologies et l’innovation.

Des projets d'infrastructures énergétiques dans la zone économique spéciale de Phu Quoc, province d'An Giang. Photo : VNA

Phu Quoc renforce son réseau électrique en vue de l’APEC 2027

La mise en service coordonnée de ces ouvrages permet de renforcer la capacité d’alimentation électrique de l’île et d’améliorer la sécurité et la fiabilité du réseau, afin d’accompagner le développement de Phu Quoc et de répondre aux exigences liées à l’organisation de l’APEC 2027.

Ligne de production de la société par actions Thang Long Packaging Production and Import-Export dans le quartier de Tu Son, Bac Ninh. Photo : VNA

Les IDE au Vietnam dépassent 40 milliards de dollars en huit mois

Au cours des huit premiers mois de 2026, le Vietnam a attiré 40,63 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE), soit une hausse de 55,4 % sur un an. Les décaissements ont atteint 17,25 milliards de dollars, leur plus haut niveau pour une période de huit mois depuis cinq ans.