Hô Chi Minh-Ville (VNA) - La mégapole du Sud a ajouté deux lignes de chemin de fer urbain à sa liste de projets prioritaires pour la période 2026-2030, portant à huit le nombre de lignes retenues, pour un réseau total de 255 km. Pour atteindre cet objectif ambitieux, la ville devra mobiliser d’importantes ressources et accélérer les procédures.
La ligne reliant Thu Dau Mot à Hô Chi Minh-Ville ainsi que le tronçon Tham Luong-An Ha-zone urbaine du Nord-Ouest de la ligne n°2 ont récemment intégré dans la liste des projets prioritaires.
La ville vise l’achèvement de 255 km de lignes ferroviaires urbaines d’ici 2030, soit 55 km de plus que l’objectif fixé par la Résolution n°09-NQ/TW du Bureau politique, puis 532 km à l’horizon 2035. Hô Chi Minh-Ville accélère notamment les projets de la ligne n°2, sur les tronçons Ben Thanh-Tham Luong et Ben Thanh-Thu Thiem, ainsi que celui de la ligne Ben Thanh-Can Gio.
La ville accélère aussi l'achèvement des formalités pour la mise en chantier, dans le dernier trimestre, la ligne Thu Dau Mot-Hô Chi Minh-Ville et le tronçon Tham Luong-An Ha-zone urbaine du Nord-Ouest de la ligne n°2, outre la ligne reliant la nouvelle ville de Binh Duong à Suoi Tien, la première phase de la ligne n°6 entre l’aéroport international de Tan Son Nhat et Phu Huu.
Selon le docteur Ngo Viet Nam Son, président de NgoViet Architects & Planners, l’objectif est particulièrement ambitieux. La ligne Ben Thanh-Suoi Tien, longue de 19,7 km, a nécessité près de 20 ans pour être pratiquement achevée, alors que la ville veut réaliser 255 km en moins de dix ans.
Pour lui, cette ambition implique non seulement d’étendre rapidement le réseau, mais aussi de restructurer les transports et l’espace urbain. Le docteur Huynh Van Sinh, de l’Académie des cadres de Hô Chi Minh-Ville, souligne que la planification foncière, la répartition de la population et la libération des terrains doivent progresser parallèlement au développement des infrastructures afin d’éviter les retards enregistrés par le passé.
Dans cette perspective, la ville accélère également la planification des gares, des tracés et des zones de développement urbain selon l’orientation TOD, ou développement autour des transports publics. Ngo Viet Nam Son estime que le TOD doit être conçu parallèlement au métro afin de transformer les lignes ferroviaires urbaines en nouveaux axes de développement.
Les services chargés de la planification, des transports, des finances, du foncier, de la construction et de l’environnement doivent donc coordonner leurs actions dès le choix des tracés et des gares. Pour financer ce vaste programme, Hô Chi Minh-Ville prévoit de mobiliser le budget central et local, l’investissement public, les partenariats public-privé (PPP) et d’autres ressources légales.
Selon Huynh Van Sinh, l’investissement public devrait jouer un rôle central pour les infrastructures principales, tandis que le secteur privé pourrait intervenir dans les tronçons, gares et dépôts présentant un potentiel commercial.
Le TOD doit permettre de combiner ces différentes sources de financement. L’État pourrait notamment prendre en charge l’acquisition des terrains, les indemnisations, les relogements et la création de terrains viabilisés, tandis que les entreprises privées développeraient des logements et des activités commerciales autour des gares.
La Loi sur le développement urbain récemment adoptée renforce également les possibilités d’exploitation des ressources foncières afin de réinvestir dans les infrastructures.
La mise en œuvre coordonnée du métro et du TOD devrait contribuer à élargir les espaces de développement de Hô Chi Minh-Ville, à faire émerger de nouveaux pôles urbains et à réduire progressivement la dépendance aux transports individuels.
Pour Huynh Van Sinh, le métro et le TOD ne constituent donc pas seulement des solutions de transport, mais aussi des leviers importants pour renforcer à long terme la compétitivité de la ville et du pays. - VNA