Hanoi (VNA) - L’Association des musiciens du Vietnam prévoit de créer un musée numérique de la musique afin de préserver le patrimoine musical du pays et de rendre plus accessibles les partitions, les enregistrements et les documents d’archives.
L’Association des musiciens du Vietnam prévoit de créer un musée numérique afin de préserver le patrimoine musical du pays et de rendre plus accessibles les partitions, les enregistrements et les documents d’archives.
Le déploiement de cette nouvelle institution culturelle numérique s'étalera sur une période de cinq ans, de 2026 à 2031. Portée par l'association, cette initiative ambitieuse vise à renforcer la visibilité de la musique vietnamienne sur les plateformes numériques tout en réinventant l'expérience interactive du public avec les œuvres.
Cette initiative intervient alors que la technologie transforme rapidement le paysage musical. Des documents autrefois conservés principalement sous forme physique — notamment des manuscrits, des partitions, des enregistrements et des pièces d’archives — peuvent désormais être numérisés et organisés pour en faciliter l’accès.
« La numérisation permet non seulement de préserver de précieuses archives musicales, mais aussi de rapprocher le patrimoine du public », a déclaré le compositeur Duc Trinh, président de l’association.
« Des documents autrefois accessibles uniquement dans des centres d’archives spécifiques toucheront un public bien plus large, y compris les jeunes, habitués à découvrir, à étudier et à apprécier des œuvres culturelles en ligne», a-t-il indiqué.
L’association prévoit également d’élargir l'accès en ligne au catalogue de ses membres en créant une plateforme numérique pour centraliser les échanges et transactions musicaux. Grâce à cet espace, les auditeurs, les programmateurs d’événements et les professionnels du secteur pourront identifier et acquérir ces œuvres plus facilement, tout en garantissant le strict respect et la protection des droits d’auteur.
Loin de se cantonner à un simple rôle d'archivage, ce projet se déploie comme une véritable plateforme dynamique dédiée à la diffusion, la valorisation et l'exploitation des œuvres musicales. Parallèlement à la préservation numérique, l’association vise à rapprocher le public de la musique classique, y compris des œuvres orchestrales.
Ces dernières années, elle a organisé des concerts, des festivals, des activités de composition et des échanges internationaux, offrant ainsi aux compositeurs davantage d’opportunités de collaborer avec des artistes étrangers. Cette démarche revêt une importance croissante à mesure que les frontières entre les genres musicaux évoluent.
La technologie peut permettre aux œuvres orchestrales et aux musiques traditionnelles de s’affranchir des salles de concert pour conquérir une nouvelle audience.
De jeunes artistes contribuent également à cette évolution. Vu Diêu Thao, titulaire d’un master et joueuse de "tỳ bà" (luth piriforme), a affirmé que la jeune génération apportait une contribution positive à la musique vietnamienne.
«De nombreux jeunes artistes intègrent activement la technologie dans leur travail tout en explorant de nouvelles approches fondées sur des éléments musicaux traditionnels», a-t-elle fait savoir.
« Grâce à cette nouvelle créativité, j'espère que la musique vietnamienne continuera de se développer et d'atteindre un public mondial», a-t-elle plaidé.
Loin d'effacer le passé, la technologie s'impose désormais comme un puissant vecteur de transmission des traditions. Lorsqu’elle est utilisée de manière réfléchie, elle peut offrir de nouvelles façons d’exprimer des valeurs traditionnelles et de les relier aux jeunes publics.
Le compositeur Duc Trinh considère également l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies comme des outils incontournables pour les créateurs.
«Toutefois, les artistes doivent maîtriser la technologie et l’utiliser pour soutenir leur propre démarche créative, plutôt que de devenir dépendants d’elle. C’est aussi l’un des défis auxquels la musique vietnamienne est confrontée à mesure qu’elle s’ancre davantage dans l’espace numérique », a-t-il estimé.
Fondée par plus de 50 compositeurs et musiciens, l’association contribue depuis près de sept décennies à la scène musicale du Vietnam. Au fil des générations, ses membres ont créé et préservé un vaste corpus d’œuvres musicales, de manuscrits, d’enregistrements et de documents d’archives.
Un musée numérique de la musique, s’il était développé de manière systématique, offrirait une nouvelle façon d’organiser ce patrimoine tout en reliant les documents historiques aux pratiques musicales contemporaines et aux jeunes générations.
Le défi majeur ne réside plus seulement dans la sauvegarde de ce patrimoine, mais dans son rayonnement, des salles de concert aux plateformes numériques, pour toucher l’âme d’un public tant local qu’international, bien au-delà des frontières du Vietnam. - VNA