Hanoi (VNA) - Le vice-ministre des Affaires étrangères, Dang Hoang Giang, expose les orientations de la diplomatie multilatérale vietnamienne pour la nouvelle phase de développement, dans un article publié à l’occasion de la 33e Conférence diplomatique et de la 22e Conférence nationale des affaires étrangères.
Selon le vice-ministre, l'ordre international évolue vers une configuration plus stratifiée, multipolaire et complexe. La concurrence stratégique entre les États s'intensifie. L'émergence de mécanismes de coopération en formats restreints peut compléter les institutions multilatérales traditionnelles, mais elle accroît également le risque de fragmentation en l'absence d'une coordination efficace et d'un large consensus.
Parallèlement à ces mutations de l'équilibre des pouvoirs, de nouveaux enjeux s'imposent au cœur de la gouvernance mondiale. L'intelligence artificielle, la gouvernance des données, la cybersécurité, la transition énergétique, le financement de l'action climatique et la gouvernance de l'espace extra-atmosphérique ne relèvent plus uniquement des domaines scientifique et technologique ; ils sont désormais devenus des champs de compétition et de coopération stratégiques.
Toutefois, aucun pays ne peut, à lui seul, faire face efficacement au changement climatique, aux pandémies, aux catastrophes naturelles, aux cybermenaces, aux perturbations des chaînes d'approvisionnement ou aux effets transfrontaliers des nouvelles technologies. Dans ce contexte, la coopération multilatérale demeure la voie indispensable pour préserver la paix et la stabilité, tout en favorisant un développement durable.
Parlant au forte développement du pays, Dang Hoang Giang a estimé que quarante ans après le lancement du Renouveau (Doi moi), le Vietnam a considérablement élargi son réseau de relations extérieures en participant à plus de 70 organisations et forums multilatéraux et en assumant avec succès de nombreuses responsabilités au sein des Nations unies, de l'ASEAN, de l'APEC ainsi que d'autres mécanismes de coopération régionale et interrégionale. Le Vietnam est de plus en plus reconnu comme un membre proactif, actif et responsable, ainsi qu'un partenaire fiable, capable d'apporter des contributions constructives et de concilier les intérêts au sein des forums internationaux et régionaux.
Au sein de l'ASEAN, le Vietnam continue de jouer un rôle actif en contribuant au renforcement de la solidarité et de la résilience du bloc, en réaffirmant sa centralité et en promouvant une approche stratégique et globale face aux évolutions de l'environnement international.
Sa réélection au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2026-2028, son élection à la présidence de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ainsi que la présence, pour la première fois, d’un représentant vietnamien au Tribunal international du droit de la mer illustrent cette montée en puissance diplomatique.
Selon l’article, ces résultats montrent que le Vietnam réunit désormais toutes les conditions nécessaires pour franchir une nouvelle étape : passer de l'intégration internationale et d'une participation active à une démarche proactive consistant à proposer des initiatives, à apporter des contributions concrètes et à participer à l'élaboration des institutions, des règles et des normes internationales, dans le respect des intérêts nationaux et des grandes tendances progressistes de l'époque.
Selon le vice-ministre, la diplomatie multilatérale devra être étroitement articulée avec les diplomaties économique, scientifique, numérique, climatique, énergétique et culturelle afin de transformer les engagements internationaux en ressources au service du développement.
Le Vietnam intègre également avec efficacité ses priorités de développement dans la coopération au sein de l'ASEAN, en privilégiant une approche inclusive centrée sur les populations, notamment dans les domaines de l'éducation et de la formation, de l'emploi, du développement des ressources humaines, de l'adaptation au changement climatique, de la transformation numérique responsable et de la réduction des écarts de développement.
Le Vietnam devrait élever ses capacités pour renforcer sa contribution. Le développement d’une diplomatie multilatérale performante passe également par la formation de diplomates dotés de compétences interdisciplinaires, capables de maîtriser aussi bien le droit international que les questions économiques, technologiques, environnementales ou financières. La mobilisation des instituts de recherche, des universités, des entreprises et de la communauté vietnamienne à l’étranger est également présentée comme un facteur déterminant pour accroître la qualité des initiatives portées par le pays.
Selon Dang Hoang Giang, l’influence internationale d’un pays ne dépend pas uniquement de sa puissance économique ou démographique, mais aussi de la crédibilité de ses engagements, de la qualité de ses propositions et de sa capacité à concilier ses intérêts nationaux avec ceux de la région et de la communauté internationale. Dans cette perspective, la diplomatie multilatérale vietnamienne devra privilégier la qualité de sa participation plutôt que le nombre d’activités, en formulant des initiatives concrètes et en contribuant activement à l’évolution des institutions internationales.
Il estime que le Vietnam dispose aujourd’hui des atouts nécessaires pour franchir une nouvelle étape : passer d’une participation active à une contribution proactive, de l’application des règles internationales à leur élaboration, et faire de la diplomatie multilatérale un levier essentiel au service du développement national et du renforcement durable de la position du pays sur la scène internationale. -VNA