Le Vietnam a enregistré des signaux encourageants dans le commerce extérieur au cours des premiers mois de 2026, grâce à la hausse des commandes internationales et à des conditions tarifaires plus favorables. Cette dynamique ouvre de nouvelles opportunités de croissance et d’expansion sur les marchés étrangers pour les entreprises vietnamiennes.
Les performances de l’import-export au début de l’année sont considérées comme un levier important pour la croissance de l’ensemble de 2026. La hausse des commandes internationales, combinée à l’ajustement temporaire des droits de douane à 10 % sur les produits exportés vers les États-Unis, devrait soutenir les exportations dans les prochains mois.
Toutefois, face au conflit au Moyen-Orient et aux barrières environnementales imposées par les grands marchés, la sécurisation des sources d’approvisionnement en matières premières et l’exploitation des accords de libre-échange deviennent essentielles.
Renforcer l’autonomie des chaînes d’approvisionnement
Phan Thi Thanh Xuan, vice-présidente et secrétaire générale de l’Association vietnamienne du cuir, des chaussures et des sacs à main (Lefaso), a indiqué que les tensions au Moyen-Orient avaient jusqu’à présent un impact limité sur les exportations vietnamiennes de chaussures et de sacs. Selon elle, la plupart des commandes du premier trimestre 2026 avaient déjà été signées et les marchandises n’avaient pas encore été livrées.
Les entreprises espèrent une stabilisation progressive des activités logistiques dans les prochains mois afin d’alléger les pressions sur les chaînes d’approvisionnement, a-t-elle dit.
À long terme, il est nécessaire d’augmenter la part des composants produits localement afin de renforcer la résilience de la filière face aux chocs extérieurs. La maîtrise des matières premières permettrait aux entreprises vietnamiennes d’accroître la valeur ajoutée des produits, de mieux contrôler les délais de production et de réduire leur dépendance envers les fournisseurs étrangers.
Phan Thi Thanh Xuan a également souligné que les consommateurs européens accordaient une importance croissante aux produits respectueux de l’environnement, obligeant les entreprises vietnamiennes à investir dans des technologies plus propres afin de maintenir leur présence dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
De son côté, Truong Van Cam, vice-président et secrétaire général de l’Association vietnamienne du textile et de l’habillement (VITAS), a rappelé la forte dépendance du secteur textile aux matières premières importées. Selon lui, plusieurs accords de libre-échange imposent des règles strictes sur l’origine des produits. Dans ce contexte, l’absence de production locale de matières premières limite la capacité des entreprises vietnamiennes à profiter pleinement des avantages tarifaires prévus par ces accords.
Tirer parti de la « fenêtre dorée » de l’EVFTA
Nguyen Anh Son, directeur de l’Agence du commerce extérieur du ministère de l’Industrie et du Commerce, a indiqué que le commerce extérieur vietnamien avait enregistré des résultats positifs au cours des deux premiers mois de 2026, créant des conditions favorables pour atteindre l’objectif d’une croissance des exportations à deux chiffres cette année.
Les exportations nationales ont atteint 76,39 milliards de dollars, soit une hausse de 18,3 % par rapport à la même période de 2025. Ce chiffre dépasse l’objectif de croissance de 15 à 16 % fixé par le gouvernement pour l’ensemble de l’année 2026.
Bien qu’un déficit commercial de près de 3 milliards de dollars ait été affiché, il a précisé que les importations concernaient principalement des machines et des matières premières destinées à soutenir la production future.
Pour le marché européen, Tran Ngoc Quan, conseiller commercial du Vietnam en Belgique et auprès de l’Union européenne (UE), a souligné l’avantage important offert par l’Accord de libre-échange Vietnam-UE (EVFTA). Après six années d’application, cet accord a permis de supprimer plus de 80 % des lignes tarifaires sur les produits vietnamiens.
Selon lui, le Vietnam bénéficie actuellement d’une avance de trois à cinq ans sur les pays n’ayant pas encore conclu d’accord similaire avec l’Union européenne. Il s’agit donc d’une période clé pour renforcer la position du Vietnam avant que ses concurrents ne profitent des mêmes avantages.
Il a également encouragé les entreprises vietnamiennes à investir davantage dans la promotion de leurs marques et à renforcer leurs liens avec les partenaires européens afin de mieux répondre aux nouvelles normes du marché. -VietnamPlus