Hanoi (VNA) - L’économie vietnamienne a connu sa croissance la plus rapide depuis plus de vingt ans au cours du premier semestre 2026, jetant ainsi des bases solides pour l’objectif du gouvernement d’atteindre une croissance à deux chiffres cette année, bien que les autorités aient averti que l’incertitude mondiale continuait de présenter des risques importants.
Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 8,18 % entre janvier et juin, affichant une accélération par rapport au taux de 7,63 % enregistré sur la même période en 2025, selon les dernières données de l’Office national des statistiques (NSO). Ce chiffre représente la plus forte croissance semestrielle observée depuis que le NSO a commencé à publier des données comparables au début des années 2000.
Le PIB du deuxième trimestre a progressé de 8,39 % sur un an (estimation), reflétant une croissance généralisée dans les secteurs de l’industrie, de la construction et des services.
La directrice de l’Office national des statistiques (NSO), Nguyên Thi Huong, a déclaré que les résultats du premier semestre témoignaient de la résilience de l’économie, malgré la persistance de vents contraires à l’échelle mondiale.
L’industrie et la construction sont demeurées les principaux moteurs de la croissance au cours des six premiers mois, le secteur industriel enregistrant une hausse de 9,86% par rapport à l’année précédente.
La production manufacturière a également progressé de 10,23% sur un an, portée par le redressement des commandes à l’exportation et le soutien continu de l’investissement public à l’activité industrielle.
Le secteur de la construction a enregistré une croissance de 9,51%, tandis que la production et la distribution d’électricité ont augmenté de 9,34%. L’activité minière a rebondi avec une croissance de 6,67%, et les services de distribution d’eau et de gestion des déchets ont progressé de 7,72%.
Les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et de l’aquaculture ont poursuivi leur expansion soutenue, enregistrant une hausse de 3,57% sur un an, grâce à la stabilité de la demande intérieure en produits alimentaires et à la diversification continue des exportations agricoles vers de nouveaux marchés.
Le secteur des services a également affiché une croissance solide de 8,09%, portée par une augmentation des dépenses de consommation ainsi que par le dynamisme du commerce de détail, des transports et du tourisme.
Le commerce, un autre point lumineux
Le volume total des échanges de marchandises a atteint 549,69 milliards de dollars au premier semestre, soit une hausse de 27,1% par rapport à l’année précédente. Les exportations ont progressé de 21%, tandis que les importations ont augmenté de 33,4%.
Selon le NSO, la croissance plus soutenue des importations témoigne d’une demande accrue en intrants de production et reflète la reprise continue de l’activité manufacturière.
En raison d’un volume d’importations supérieur à celui des exportations, le Vietnam a enregistré un déficit commercial de 16,65 milliards de dollars sur cette période de six mois.
Les États-Unis sont demeurés le principal marché d’exportation du Vietnam, avec des expéditions d’une valeur de 86,5 milliards de dollars, tandis que la Chine a continué d’être la première source d’importations du pays, avec un montant de 115,2 milliards de dollars.
L’inflation est demeurée globalement maîtrisée malgré une expansion économique soutenue. L’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 4,38% au cours du premier semestre, permettant aux décideurs de continuer à favoriser la croissance tout en préservant la stabilité macroéconomique, a indiqué le NSO.
« La croissance de 8,18 % enregistrée au premier semestre constitue un résultat positif et offre une base solide pour atteindre les objectifs de développement fixés pour cette année », a déclaré Nguyên Thi Huong. Cependant, elle a prévu que l’intensification des risques mondiaux compliquera grandement l’atteinte d’une croissance à deux chiffres.
Le Fonds monétaire international, les Nations Unies et Fitch Ratings ont chacun abaissé leurs prévisions de croissance mondiale de 0,2 point de pourcentage, tandis que l’Organisation de coopération et de développement économiques et la Banque mondiale ont réduit leurs prévisions de 0,1 point de pourcentage, anticipant une croissance économique mondiale comprise entre 2,4% et 3,1% pour cette année.
Malgré des perspectives mondiales moins favorables, les organisations internationales continuent de prévoir que le Vietnam restera la grande économie d’Asie du Sud-Est affichant la croissance la plus rapide, avec des prévisions allant de 6,5% à 7,2%, contre 4,7 à 5,2% pour l’Indonésie, 4,2 à 4,7% pour la Malaisie, 3,2 à 4,4% pour les Philippines, 3,0 à 3,5% pour Singapour et 1,5 à 1,8% pour la Thaïlande.
Toutefois, en tant que l’une des économies les plus ouvertes au monde, le Vietnam continuera probablement de subir les répercussions d’évolutions imprévisibles de l’économie mondiale, de tensions géopolitiques, d’épidémies et de catastrophes naturelles, a estimé la directrice de la NSO.
Atteindre l’objectif de croissance à deux chiffres fixé par le gouvernement pour 2026 nécessiterait donc des efforts coordonnés de la part du gouvernement, des autorités locales, des entreprises et de la population, ainsi qu’un soutien continu des partenaires internationaux.
Nguyên Thi Huong a exhorté les ministères, les secteurs et les autorités locales à renforcer la prévision économique et à faire preuve de flexibilité dans la mise en œuvre des politiques afin de réagir rapidement à l’évolution de la conjoncture mondiale.
Il est crucial de suivre de près l’évolution de la situation économique et politique mondiale afin d’actualiser en temps utile les scénarios de croissance et d’inflation, de maintenir une gestion flexible des prix des carburants et d’éviter des hausses simultanées des prix administrés, de manière à atténuer les pressions inflationnistes.
Le Vietnam doit continuer à accélérer les réformes institutionnelles pour créer de nouveaux espaces de développement, tout en renforçant la connectivité régionale afin d’améliorer l’allocation des ressources et l’efficacité de l’administration publique, a-t-elle déclaré.
Alors que l’économie mondiale s’oriente vers la digitalisation, l’intelligence artificielle et la croissance verte, le Vietnam devrait saisir l’occasion de monter en gamme dans la chaîne de valeur et de restructurer son économie pour répondre aux exigences changeantes du marché international, a-t-elle ajouté.
Porté par l’augmentation des revenus et une expansion économique soutenue, le Vietnam accède au groupe des pays à revenu intermédiaire supérieur de la Banque mondiale. Son revenu national brut par habitant s’est établi à 4.970 dollars en 2025, franchissant ainsi le plancher de 4.636 dollars requis par l’organisation pour cette classification
Le NSO a indiqué que le reclassement opéré par la Banque mondiale reflétait des années de croissance économique soutenue et une hausse des revenus, mais qu’il ne devait pas être interprété comme le signe que le pays est devenu une économie développée.
Le Vietnam doit encore améliorer la productivité du travail et renforcer sa compétitivité, tout en approfondissant son intégration internationale, en attirant des investissements de meilleure qualité et en remontant davantage les chaînes de valeur mondiales. Il doit également accélérer la transition d’un modèle de croissance fondé sur le capital et le travail vers un modèle porté par la science, la technologie et l’innovation. — VNA