Washington (VNA) – Le directeur scientifique, fondateur et président de HeMemics Biotechnologies Inc, David Ho, a affirmé que le discours prononcé par le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien Tô Lâm, lors du débat général de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, reflétait fidèlement le paysage technologique mondial.
S’adressant à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) aux États-Unis, l’expert technologique américain a déclaré que l’analyse du leader suprême vietnamien concernant les opportunités et les défis liés à la science et à la technologie, à l’innovation, à la transformation numérique et à l’intelligence artificielle (IA) s’inscrit dans la droite ligne des tendances mondiales.
Selon David Ho, les avancées en matière d’IA et de transformation numérique nécessitent une infrastructure matérielle adéquate. Alors que des économies telles que la République de Corée, le Japon et Taïwan (Chine) investissent massivement dans l’IA et la fabrication de matériel — notamment les puces en silicium traditionnelles —, les technologies actuelles atteignent leurs limites physiques.
Il a souligné que cela offrait au Vietnam une opportunité d’intervenir au niveau le plus fondamental en maîtrisant les puces et les technologies à l’échelle moléculaire. La maîtrise de matériaux bidimensionnels comme le graphène pourrait, selon lui, servir de socle à la science de demain et permettre au Vietnam de faire un « bond en avant » pour occuper une position de premier plan dans les domaines des puces électroniques et de l’énergie de nouvelle génération.
Toutefois, seul un petit groupe de pays — dont les États-Unis, le Japon, la République de Corée et l’Espagne — est actuellement capable de produire du graphène, a-t-il fait remarquer, exhortant le Vietnam à maîtriser rapidement cette technologie pour éviter de dépendre des grandes puissances à l’ère de l’énergie verte et de la santé intelligente.
L’expert technologique américain a qualifié de vision hautement stratégique l’appel lancé par le secrétaire général et président Tô Lâm en faveur d’une gouvernance technologique inclusive, sûre, transparente et responsable, respectant la souveraineté nationale et numérique ainsi que le droit à l’autonomie de développement.
Il a souligné que la souveraineté numérique et l’autonomie de développement reposent sur la maîtrise des fondements physiques de la technologie, notant que la maîtrise des matériaux bidimensionnels (2D) tels que le graphène pourrait conférer au Vietnam une position stratégique unique en ouvrant la voie à de nouveaux domaines d’innovation à l’échelle moléculaire.
Un pays maîtrisant la technologie du graphène jouera un rôle déterminant dans la gouvernance technologique mondiale, car il contrôlera un matériau critique pour la sécurité énergétique — notamment pour les batteries et l’énergie solaire — ainsi que pour la sécurité sanitaire grâce aux biocapteurs, a-t-il affirmé.
David Ho a suggéré que le Vietnam mette en place des cadres réglementaires expérimentaux et des incitations novatrices pour attirer des entreprises comme HeMemics et les inciter à développer des technologies clés dans le pays. Ceci contribuerait à renforcer l’autonomie technologique du Vietnam et lui permettrait de jouer un rôle plus important dans l’élaboration des règles internationales.
Pour concrétiser la vision du secrétaire général et président Tô Lâm et réduire le risque de dépendance, le Vietnam ne devrait pas se contenter d’importer des technologies, mais devenir un pôle de production de ses propres fondements technologiques, a-t-il déclaré. Il a suggéré que le Vietnam tire parti de la tendance mondiale du «friendshoring», qui consiste à transférer les chaînes d’approvisionnement en technologies clés vers des pays partenaires de confiance.
David Ho a souligné la nécessité pour le Vietnam de prioriser trois axes politiques principaux : la mise en place de mécanismes de cadres réglementaires expérimentaux et d’incitations spécifiques pour les projets de haute technologie et de matériaux avancés tels que le graphène ; l’octroi de cofinancements ou d’un soutien infrastructurel, notamment foncier et administratif, pour développer des écosystèmes de recherche et développement (R&D) autour des usines de fabrication de haute technologie ; et l’harmonisation des politiques nationales avec les fonds d’investissement stratégiques de gouvernements partenaires comme les États-Unis afin d’attirer des capitaux pour la fabrication d’infrastructures matérielles plutôt que de se concentrer uniquement sur les logiciels.
L’expert technologique américain a également souligné l’importance d’introduire au Vietnam des technologies de pointe, d’accroître la production et de créer de la valeur économique, notant que la maîtrise de la production de matériaux essentiels pour les industries mondiales pourrait réduire la dépendance du pays à l’égard des technologies étrangères.
Il a indiqué que la coopération entre le Vietnam et les États-Unis pourrait créer des opportunités dans les technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle (IA), les nouveaux matériaux, la biotechnologie et l’énergie. Il a qualifié la coopération dans le domaine des nouvelles technologies de « moment historique privilégié », porté par les politiques américaines visant à réduire la dépendance à l’égard de chaînes d’approvisionnement risquées et à promouvoir le «friendshoring».
Concernant le marché mondial du graphène, David Ho a souligné que la majeure partie du graphène reste disponible sous des formes brutes et de faible qualité, inadaptées aux applications de haute technologie telles que les puces d’IA de nouvelle génération, les biocapteurs de pointe et les batteries haute performance. Il considère cette situation comme une lacune stratégique que le Vietnam et les États-Unis pourraient combler conjointement.
Selon lui, HeMemics collabore directement avec la Société américaine de financement du développement international (DFC), qui a manifesté un vif intérêt pour le financement et le soutien de l’entreprise dans la construction d’une usine de production de graphène dans la province de Khanh Hoa.
Le projet vise à introduire au Vietnam une technologie de fabrication de pointe pour produire du graphène de haute pureté à un prix révolutionnaire et commercialement viable, assurant ainsi au Vietnam, aux États-Unis et aux pays partenaires un approvisionnement stable en matériaux bidimensionnels (2D) de haute qualité destinés à des produits avancés et à des activités de recherche et développement. – VNA