Hanoi (VNA) – Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, a mis en avant mardi 30 juin la stratégie renouvelée du pays pour attirer des investissements étrangers de meilleure qualité et renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales, soulignant la nécessité de renouveler vigoureusement la pensée sur l’attraction des investissements.
Le Vietnam se trouve désormais dans une position différente ; la question n’est plus de savoir comment attirer davantage de capitaux étrangers, mais plutôt comment utiliser efficacement les ressources étrangères pour renforcer la puissance intérieure du pays, ses capacités technologiques, sa compétitivité et son autonomie, a-t-il souligné lors de la conférence nationale pour étudier et déployer la mise en œuvre de la résolution n°10-NQ/TW du 8 juin 2026 du Politburo sur le développement de l’économie à capitaux étrangers.
Selon le leader, la résolution n°10 a été promulguée par le Politburo sur la base du bilan de près de 40 ans de mise en œuvre de la politique du Parti en matière d’ouverture et d’attraction des investissements étrangers. Ce document reflète un changement de pensée dans la conception du développement, qui ne se limite plus à une simple ouverture aux flux de capitaux mais privilégie la sélection et l’utilisation proactives des ressources internationales pour renforcer la compétitivité nationale.
Regardant en face les limites dans l’attraction des investissements directs étrangers (IDE), le leader a déclaré que pour surmonter ces difficultés, la résolution n°10 fixe des objectifs et des exigences bien plus élevés : le développement de l’économie à capitaux étrangers doit être lié au renforcement de l’autonomie stratégique, des capacités productives, technologiques et de la compétitivité de l’économie.
D’ici à 2030, le Vietnam ambitionne de figurer parmi les pays les plus performants de l’ASEAN en matière d’environnement des affaires, de compétitivité, d’innovation, de qualité des services publics et de capacité à accueillir des projets d’investissement étrangers à haute valeur ajoutée.
Pour la période 2026-2030, le pays vise à attirer entre 200 et 300 milliards de dollars d’investissements étrangers enregistrés, soit de 40 à 50 milliards de dollars par an, ainsi qu’entre 150 et 200 milliards de dollars d’investissements effectivement réalisés, soit de 30 à 40 milliards de dollars par an.
Le secrétaire général et président Tô Lâm a fait remarquer que la mise en œuvre de la résolution n°10 est étroitement liée à la résolution du 14e Congrès national du Parti et aux résolutions stratégiques du Politburo, en particulier la résolution n°68 sur le développement de l’économie privée et la résolution n°79 sur le développement de l’économie étatique.
L’objectif de l’attraction des investissements étrangers durant la période actuelle est de transformer ces ressources en capacités de l’économie vietnamienne, a-t-il déclaré.
Pour ce faire, le secteur privé doit disposer des conditions nécessaires pour participer, apprendre et progresser graduellement dans la chaîne de valeur. Le secteur étatique doit investir et jouer un rôle moteur dans les secteurs fondamentaux et stratégiques, créer les infrastructures et les marges de développement dans les autres secteurs. Tous ces trois secteurs économiques ne doivent pas se développer isolément, mais doivent coopérer et créer des synergies dans le cadre d’une stratégie commune, a-t-il indiqué.
Il a exhorté tous les échelons, secteurs et localités à uniformiser leur prise de conscience, à renouveler leur pensée et à créer les conditions favorables permettant aux investisseurs compétents, technologiquement avancés, responsables et engagés sur le long terme d’investir et de faire des affaires avec succès au Vietnam.
Parallèlement, ils doivent examiner strictement et ne pas accepter les projets qui utiliseraient des technologies obsolètes et voraces en énergie, feraient un usage inefficace des terres, risqueraient de polluer l’environnement, pratiqueraient les prix de transfert abusifs et la fraude fiscale, contourneraient les règles d’origine, ou poseraient des risques pour la défense nationale, la sécurité, les données et les infrastructures critiques.
Il faut perfectionner le cadre institutionnel afin de garantir stabilité, transparence, prévisibilité et conformité aux pratiques internationales. Les ministères et secteurs doivent réviser et harmoniser les réglementations relatives aux investissements, aux entreprises et aux marchés. Les organismes d’État doivent opérer une transition radicale d’une logique de gestion vers une approche axée sur la falicitation du développement, la gouvernance moderne, et le service aux entreprises. Le système de gestion doit moderniser ses mécanismes d’incitation, passant progressivement des incitations traditionnelles à des mécanismes de soutien liés à la performance des projets.
Le leader a exhorté à développer activement l’écosystème industriel national et à établir des liens substantiels entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises vietnamiennes. Les ministères, les secteurs et les localités doivent non seulement attirer les entreprises étrangères, mais aussi renforcer simultanément la capacité des entreprises vietnamiennes à devenir leurs fournisseurs. Les grands groupes étrangers investissant au Vietnam doivent collaborer au développement des industries de soutien, à la formation des fournisseurs, au partage des normes, au transfert de connaissances et à la création des conditions permettant aux entreprises nationales de participer plus pleinement à la chaîne de valeur.
Le développement de ressources humaines de haute qualité est une condition essentielle. Les localités dotées de parcs industriels, de zones économiques et de zones de haute technologie doivent collaborer activement avec les établissements d’enseignement, les instituts de recherche et les entreprises afin de former le personnel en fonction des besoins des industries, des pôles de compétitivité et des projets stratégiques.
Il faut en même temps créer les conditions permettant aux Vietnamiens d’accéder progressivement à des postes techniques, de gestion, de recherche, de conception et d’exploitation de la chaîne d’approvisionnement au sein des entreprises à capitaux étrangers ; et investir davantage dans les infrastructures stratégiques et celles au service de la nouvelle économie ; les infrastructures doivent être considérées comme le fondement de la compétitivité nationale. -
Le secrétaire général et président Tô Lâm a également souligné l’importance de développer un marché des capitaux moderne afin d’attirer des flux d’investissements indirects stables, responsables et à long terme. La résolution n°10 porte non seulement sur les IDE, mais appelle également au développement du marché des capitaux, à la reclassification du marché boursier, des fonds d’investissement, des centres financiers internationaux et des zones franches.
Le Vietnam est appelé à devenir un pôle de mobilisation et d’allocation de capitaux, ainsi qu’un fournisseur de services financiers, de technologies et d’innovations pour la région. Ce processus doit impérativement s’inscrire dans un cadre de sécurité financière, de sûreté des systèmes, de transparence de l’information, de protection des investisseurs et de contrôle des risques liés aux flux de capitaux, au blanchiment d’argent, à la spéculation et à la manipulation des marchés, a-t-il encore indiqué. – VNA