Hanoï (VNA) – Face à la raréfaction du foncier et à la croissance des besoins en infrastructures urbaines, l’aménagement de l’espace souterrain offre à Hô Chi Minh-Ville de nouvelles perspectives de développement, notamment pour les transports et les services urbains.
Un nouvel espace de développement
Le Conseil populaire de Hô Chi Minh-Ville vient d’adopter une résolution définissant les modalités d’élaboration, d’examen, d’approbation et de révision des plans d’aménagement de l’espace souterrain, conformément à la loi sur le développement urbain du 28 août 2026.
Cette mesure intervient dans un contexte marqué par le développement de grands projets d’infrastructures, notamment les lignes et les stations de métro, les zones de développement orienté vers les transports en commun (TOD), les passages dénivelés et les parkings souterrains. En l’absence d’une planification d’ensemble, la coordination entre ces différents projets constitue un enjeu majeur.
Selon Trân Chi Trung, responsable du service de la planification et de l’investissement du Département municipal de la construction, une exploitation rationnelle du sous-sol permettrait de pallier le manque de terrains en surface, de limiter les conflits d’usage et d’améliorer la connectivité des transports publics.
Une étude récente estime qu’un parking souterrain à cinq niveaux dans le parc Lê Van Tam pourrait offrir environ 5 000 places, contribuant ainsi à réduire la pression sur le stationnement dans le centre-ville.
La résolution prévoit également des dispositions relatives à la profondeur d’exploitation du sous-sol, aux redevances et aux incitations à l’investissement. L’utilisation de l’espace souterrain jusqu’à une profondeur de 15 mètres à l’intérieur d’une parcelle serait exonérée de redevance. Au-delà de cette limite, les projets devront être conformes aux plans d’aménagement, garantir la sécurité technique et satisfaire à leurs obligations financières.
Pham Viet Thuan, directeur de l’Institut municipal d’économie des ressources et de l’environnement, a recommandé de ne pas appliquer rétroactivement ces redevances aux ouvrages mis en service avant le 1er janvier 2027. Il a également préconisé de réviser les coefficients de perception tous les trois ans.
Sécurité et vision à long terme
L’exploitation de l’espace souterrain comporte des risques liés à la nature des sols, aux nappes phréatiques, aux affaissements de terrain et aux conséquences possibles pour les ouvrages voisins. Ces facteurs doivent donc être pris en compte dès la phase de planification. Les autorités doivent également consulter les organismes chargés de la défense et de la sécurité nationales lorsque les projets sont susceptibles d’avoir une incidence sur ces domaines.
Parallèlement, le Comité de gestion des chemins de fer urbains a identifié trois pôles de connexion - Bên Thành, Tân Son Nhât et Thu Thiêm - autour desquels l’intégration des stations de métro à l’aménagement souterrain sera privilégiée. À Bên Thành, des stations desservant notamment les projets de lignes ferroviaires Bên Thành-Cân Gio et Bên Thành-Thu Thiêm sont envisagées.
Selon Phan Công Bang, directeur du Comité, l’espace souterrain constitue une composante du développement urbain orienté vers les transports en commun (TOD), qui intègre les espaces souterrains et de surface, et pourrait à terme englober également les espaces aériens.
Pour les experts, une planification intégrée est indispensable afin d’éviter les chevauchements entre les projets et d’assurer la cohérence des infrastructures. Hô Chi Minh-Ville devra notamment actualiser et numériser les données relatives aux ouvrages souterrains, ainsi que mettre en place un système d’information unifié pour faciliter la planification, la délivrance des permis et la gestion des investissements. -VNA