Hanoi (VNA) – La Banque d’État du Vietnam (BEV) a publié la circulaire n°53/2026/TT-NHNN réglementant la sécurité, la gestion des risques et le déploiement de systèmes d’intelligence artificielle (IA) dans le secteur bancaire, imposant une surveillance rigoureuse face à l’essor de l’automatisation.
L’IA de plus en plus intégrée au secteur bancaire
Selon la banque centrale, près de 89% des personnes âgées de 15 ans et plus disposaient d’un compte de paiement à la fin de l’année 2025, tandis que les transactions numériques représentaient plus de 95% des opérations au sein de nombreux établissements de crédit. Au premier semestre 2026, le volume des transactions de paiement sans numéraire a augmenté de 34,28% et leur valeur de 12,24% en glissement annuel.
Les banques intègrent de plus en plus l’IA dans l’analyse de données, les services personnalisés, la détection de la fraude et la gestion des risques. En août, la Banque commerciale par actions du commerce extérieur du Vietnam (Vietcombank) a lancé son projet «One Data Platform» (ODP) afin de soutenir l’analyse avancée et de jeter les bases d’applications fondées sur l’IA et l’apprentissage automatique.
Parallèlement, la Banque commerciale par actions Tiên Phong (TPBank) associe l’IA, le big data et l’analyse en temps réel pour détecter les schémas de transaction inhabituels. Nguyên Hung, directeur général de TPBank, a déclaré que ces outils permettent à la banque d’identifier les risques potentiels avant qu’ils n’entraînent des pertes.
Maintient du contrôle humain
Lors de la conférence sur la transformation numérique du secteur bancaire de 2026, tenue le 18 août, le gouverneur de la BEV, Pham Duc Ân, a appelé à une innovation ciblée et maîtrisée face aux défis croissants liés à la cybersécurité, à la fraude numérique, à la confidentialité et à la gouvernance de l’IA.
La circulaire, qui entrera en vigueur le 15 novembre, définit les exigences en matière de sécurité, de gestion des risques et de mise en œuvre pour l’utilisation de systèmes d’IA dans le secteur bancaire.
Elle classe notamment les systèmes d’IA selon leur niveau de risque ; sont ainsi considérés comme présentant un risque élevé les systèmes qui exécutent automatiquement des paiements dépassant certains seuils ou qui prennent des décisions de crédit automatisées pour des montants égaux ou supérieurs à 50 millions de dôngs. Les risques liés aux paiements sont évalués en fonction des transactions individuelles et de la valeur totale quotidienne.
Les paiements effectués par IA nécessitent des accords préalables définissant la portée, les limites, la durée et les conditions des transactions. Les clients doivent pouvoir résilier ces accords, ainsi que suspendre ou révoquer l’autorisation de paiement. Le montant quotidien des transactions exécutées par IA ne doit pas dépasser les limites internes ni les plafonds de 100 millions de dôngs pour les particuliers et de 500 millions de dôngs pour les organisations.
Les prestataires doivent surveiller en permanence les systèmes à haut risque et garantir que le personnel autorisé puisse intervenir, modifier ou suspendre les décisions de l’IA, ou encore activer un arrêt d’urgence. Toute intervention doit être documentée.
Lorsque l’IA interagit directement avec les clients, les prestataires doivent l’indiquer dès le départ. Ils sont également tenus de conserver les justifications et les facteurs clés ayant conduit aux décisions automatisées affectant la responsabilité juridique, les obligations financières ou l’accès aux services des clients, et de les expliquer sur demande.
Les données utilisées pour l’entraînement, les tests et le fonctionnement de l’IA doivent provenir de sources claires et licites. Les prestataires doivent traiter les données inexactes, manipulées ou « empoisonnées » et prévenir toute fuite de données.
La circulaire souligne la nécessité d’allier automatisation, responsabilité, protection des données et supervision humaine efficace. - VNA
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