Ho Chi Minh-Ville (VNA) - À Ho Chi Minh-Ville, de nombreux dispositifs de formation professionnelle, d’orientation et de mise en relation avec les employeurs ouvrent de nouvelles perspectives aux personnes handicapées. Ils les aident à surmonter les obstacles liés notamment au manque de confiance, aux compétences et à l’accès à l’information pour mieux intégrer le marché du travail. Pour elles, un emploi stable représente non seulement une source de revenus, mais aussi une étape importante vers l’autonomie, la reconnaissance de leurs compétences et une participation plus active à la vie familiale et sociale.
Selon l’Association pour la protection des droits de l’enfant de Ho Chi Minh-Ville, la volonté des personnes handicapées d’accéder à l’emploi va au-delà du besoin de gagner leur vie : elle traduit aussi le désir de travailler, de voir leurs compétences reconnues et de trouver pleinement leur place dans la société.
Tran Vo Bao Khanh, qui présente une déficience intellectuelle et un trouble du spectre de l’autisme, en est un exemple. Après une formation au métier de préparateur de boissons au Centre municipal de protection sociale, de formation professionnelle et d’aide à l’emploi, il a été recruté par l’hôtel New World. Pour lui, les personnes handicapées n’attendent pas de la compassion, mais des possibilités de faire leurs preuves et de voir leur travail reconnu.
De son côté, Trinh Lu Phuong Doanh, une jeune femme malentendante de 22 ans, souhaite suivre gratuitement une formation à la préparation de boissons et être mise en relation avec des employeurs fiables. Son objectif est de trouver un emploi stable, de subvenir à ses besoins et d’alléger la charge financière de sa famille.
Pour des personnes plus âgées, comme Pham Lam Kim Thi, déficiente visuelle et âgée de près de 50 ans, qui vend des billets de loterie, continuer à travailler permet également de rester en contact avec les autres et de conserver une activité qui donne du sens au quotidien.
De nombreux parents recherchent par ailleurs activement des possibilités d’emploi adaptées pour leurs enfants, afin qu’ils puissent à terme gagner en autonomie.
L’accès à l’emploi reste toutefois limité par le manque d’informations sur les recrutements, les formations gratuites et les dispositifs de soutien. Chaque situation de handicap étant différente, une bonne évaluation de l’état de santé, des capacités et des compétences de chacun est également essentielle pour trouver un emploi adapté et pouvoir l’exercer dans la durée.
Du côté des entreprises, Nguyen Thi Ngoc Thu, représentante de la société May Tinh Vien, indique que le recrutement doit tenir compte de l’état de santé et du type de handicap afin de proposer un poste adapté. Certains emplois techniques ou de caisse peuvent ainsi convenir à des personnes ayant un handicap moteur.
Vu Dinh Cuong, chargé du recrutement de la société Khuon Be Suong Quyen, explique que son entreprise emploie plusieurs personnes ayant un handicap des membres inférieurs, le travail de fabrication des moules sollicitant principalement les bras. Les locaux n’étant toutefois pas encore adaptés aux fauteuils roulants, l’entreprise accueille surtout des personnes pouvant se déplacer avec des béquilles.
Nguyen Ngoc Hang, responsable de programmes à Save the Children International (SCI), estime que l’accès à l’information et l’orientation professionnelle jouent un rôle essentiel dans la recherche d’un emploi durable. Des canaux d’information fiables et transparents permettraient aux personnes handicapées d’accéder plus facilement aux offres d’emploi, aux formations et aux dispositifs d’aide. Elles doivent également pouvoir mieux identifier leurs points forts et leurs limites afin de choisir un métier adapté à leur situation, tout en bénéficiant d’un accompagnement dans leur parcours vers l’emploi et après leur recrutement.
Pham Dinh Nghinh, vice-président de l’Association pour la protection des droits de l’enfant de la ville, défend pour sa part une approche globale associant cinq groupes : les jeunes handicapés, leurs familles et aidants, les établissements de formation professionnelle, les employeurs et les organismes de mise en relation avec l’emploi. Il préconise notamment un suivi par des travailleurs sociaux pendant trois à six mois après la formation et le recrutement, afin d’accompagner chaque jeune en fonction de ses besoins.
De la formation à l’entrée dans la vie professionnelle, l’emploi peut ainsi changer concrètement la vie des personnes handicapées. Au-delà des revenus, il leur permet de gagner en autonomie, de faire reconnaître leurs compétences et de prendre pleinement leur place dans la société. -VNA