Paris (VNA) - La ville de Da Nang s'impose progressivement comme destination favorite des nomades numériques du monde entier, rivalisant de plus en plus avec des destinations déjà bien établies comme Chiang Mai en Thaïlande et Bali en Indonésie.
Selon Le Courrier International, qui relayait le 3 mai un reportage du média américain Business Insider, la ville du centre du Vietnam attire un nombre croissant de travailleurs à distance malgré l’absence, pour l’instant, d’un visa spécifiquement destiné aux nomades numériques, contrairement à la Thaïlande ou à l’Indonésie. La plupart des visiteurs étrangers peuvent toutefois séjourner dans le pays grâce au visa électronique valable trois mois.
En 2019, The New York Times avait surnommé Da Nang "le Miami du Vietnam" et avait fait figurer la ville dans sa liste annuelle des "52 destinations à visiter" – pour ses 32 kilomètres de plages de sable blanc, ses complexes hôteliers "rutilants", ses restaurants de fruits de mer et ses bars.
Plus récemment, le quotidien américain a de nouveau évoqué la ville à l’occasion de l’ouverture d’un nouvel hôtel de luxe, dans un contexte où le gouvernement vietnamien a décidé de faciliter l’accès du pays aux visiteurs en élargissant ou en prolongeant les exemptions de visa pour les ressortissants de certains pays.
L’intérêt croissant des travailleurs à distance pour Da Nang s’est également manifesté à travers l’organisation du Da Nang Nomad Fest en mars dernier. Selon Business Insider, les médias vietnamiens mettent régulièrement en avant la popularité grandissante de la ville auprès des télétravailleurs étrangers.
Cette attractivité a toutefois des répercussions sur le coût de la vie, notamment sur les loyers. Un studio situé dans le centre-ville coûte désormais environ six millions de dongs, soit près de 200 euros par mois, tandis qu’un appartement avec chambre séparée peut atteindre le double, un niveau jugé difficilement accessible pour une partie des habitants locaux.
Sur place, les avis sont partagés quant aux avantages et aux inconvénients du succès rencontré par Da Nang auprès des nomades numériques. Hana Nguyen, une jeune Vietnamienne qui a créé un espace de coworking, estime que leur présence est "bénéfique pour la ville, la communauté et l’emploi". Elle souligne que certains d’entre eux font travailler du personnel vietnamien, “des graphistes, des traducteurs, des assistants”.
Et Daniel Schlagwein, un chercheur de l’Université de Chulalongkorn, en Thaïlande, qui a étudié les effets de la présence des travailleurs à distance notamment à Chiang Mai, souligne que de nombreux habitants préfèrent avoir affaire à eux plutôt qu’aux touristes. “Ils travaillent durant les jours ouvrables, comme les locaux, restent plus longtemps que les touristes et dépensent beaucoup d’argent sur place.”
Cependant, cet afflux n'est pas sans inconvénients. La hausse du coût de la vie, notamment du logement, figure parmi les principales préoccupations. Alors que Da Nang continue de tirer profit de l'essor mondial du télétravail, la ville doit relever le défi de concilier croissance économique et maintien d'un coût de la vie abordable et d'une bonne qualité de vie pour ses habitants. -VNA