Hanoï (VNA) – À l’invitation du président de l’Assemblée nationale du Vietnam (AN), Trân Thanh Mân, et de son épouse, son homologue lao, Sonexay Siphandone, et son épouse effectuent une visite officielle au Vietnam du 2 au 5 novembre. À cette occasion, l’ambassadrice du Laos au Vietnam, Khamphao Ernthavanh, a accordé une interview à la VNA sur la portée de cette visite et les perspectives de coopération entre les deux organes législatifs.
Selon la diplomate, cette visite témoigne de l’importance particulière que le Parti, l’État et l’AN du Laos accordent au renforcement de la grande amitié, de la solidarité spéciale, de la coopération intégrale et de la connexion stratégique entre les deux pays. Élu président de l’AN du Laos de la 10e législature le 5 octobre 2026, Sonexay Siphandone effectue ce déplacement dans une nouvelle étape de ses relations avec son homologue vietnamien. La visite doit permettre de poursuivre la mise en œuvre des accords existants et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération répondant aux besoins de développement des deux pays.
Elle constitue également une occasion d’évaluer les résultats obtenus et de définir des mesures concrètes pour améliorer l’efficacité des activités parlementaires, notamment dans les domaines législatif, du contrôle suprême et de la prise de décisions sur les grandes questions nationales. Dans un contexte régional et international marqué par des évolutions rapides et complexes, le partage d’expériences et la coordination en matière de perfectionnement des systèmes juridiques contribuent à créer un environnement politique, juridique et institutionnel favorable au développement de chaque pays. Cette coopération renforce aussi la confiance politique et les liens entre les deux peuples.
Pour l’ambassadrice, cinq domaines devraient retenir particulièrement l’attention. Le premier concerne le renforcement des mécanismes de coopération et des échanges de délégations, afin de partager les expériences relatives à l’organisation des sessions parlementaires, à l’élaboration et à l’examen des projets de loi, aux interpellations, au contrôle thématique, aux contacts avec les électeurs et au traitement des plaintes des citoyens. Elle a notamment salué les résultats des échanges entre les bureaux des deux AN, dont les séminaires annuels et les activités professionnelles contribuent à améliorer les compétences des fonctionnaires.
Le deuxième axe porte sur la coopération législative et le suivi des accords conclus à haut niveau. Les deux Parlements doivent partager leurs expériences dans l’élaboration, la révision et la mise en cohérence des textes juridiques avec les orientations et engagements bilatéraux. Le contrôle parlementaire devrait être renforcé pour évaluer l’application des accords signés par les deux gouvernements, ministères, secteurs et collectivités locales, identifier les difficultés et proposer des solutions. L’ambassadrice a appelé à aller au-delà des déclarations d’intention, en précisant les responsabilités des organismes concernés et en évaluant les résultats concrets des projets au bénéfice des populations et des entreprises.
Le troisième domaine concerne la coordination dans les forums parlementaires multilatéraux, notamment l’Union interparlementaire (UIP), l’Assemblée interparlementaire de l’ASEAN (AIPA) et le Forum parlementaire Asie-Pacifique (APPF). Cette coopération doit contribuer à renforcer la voix des deux pays, le rôle central de l’ASEAN et la paix et la stabilité régionales.
Le quatrième axe vise à améliorer les compétences des cadres, chercheurs, experts et parlementaires grâce à des formations, séminaires et échanges d’experts. Les activités devraient porter sur les techniques législatives, l’analyse des politiques publiques, le contrôle budgétaire et des investissements publics, les séances d’interpellation et l’information des électeurs. Une attention particulière devrait être accordée aux jeunes cadres, aux femmes et aux spécialistes.
Enfin, la diplomate a souligné l’importance stratégique de la transformation numérique et de la construction d’un Parlement numérique. Elle a estimé que cette évolution ne se limitait pas à l’introduction de logiciels dans l’administration, mais impliquait une modernisation de l’organisation, de la gestion de l’information, de la recherche et des fonctions législatives et de contrôle.
Le Vietnam dispose d’expériences dans l’application des technologies de l’information, la constitution de bases de données, la numérisation des documents et la gestion électronique des textes, dont le Laos pourrait s’inspirer. Les deux parties pourraient coopérer à la création de bibliothèques numériques, à la numérisation des textes juridiques et des dossiers parlementaires, ainsi qu’au développement d’outils facilitant les débats, les votes et les activités de contrôle. L’utilisation de l’IA pour rechercher des textes, synthétiser les avis des électeurs et analyser les données pourrait également être étudiée, sous réserve de garantir la sécurité de l’information, la cybersécurité, la protection des données et la transparence.
L’ambassadrice a rappelé que les deux bureaux parlementaires avaient déjà échangé leurs expériences concernant les bibliothèques numériques, les chaînes de télévision parlementaires, la formation des cadres et la gestion des infrastructures. Elle souhaite que ces échanges débouchent sur des programmes plus approfondis, des missions d’experts et des formations techniques permettant au Laos de développer progressivement un organe législatif numérique adapté à ses conditions.
Elle s’est dite convaincue que cette coopération contribuera non seulement à améliorer le fonctionnement des deux institutions, mais aussi à soutenir la transformation numérique nationale, le développement des gouvernements numériques, des sociétés numériques et des économies numériques dans les deux pays. La visite doit ainsi permettre de traduire la confiance politique et la solidarité spéciale entre le Vietnam et le Laos en programmes de coopération concrets, assortis d’objectifs, de plans et de résultats clairement définis. -VNA