Hanoï (VNA) - Lors de son intervention devant l’Assemblée nationale le 31 octobre au matin, le ministre des Finances, Ngo Van Tuan, a souligné la nécessité de remédier aux lacunes dans la préparation des projets, d’accélérer le remboursement des avances et de mettre les ouvrages en exploitation afin d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des capitaux.
Concilier croissance et maîtrise de l’inflation
Lors des débats sur la situation socio-économique, les députés ont notamment examiné les résultats économiques des neuf premiers mois de 2026, marqués par une croissance de 9,01 % et une inflation de 4,52 %. Selon le ministre, ces performances sont d’autant plus remarquables qu’elles ont été réalisées dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la hausse des prix et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Le ministre a estimé que le maintien de l’inflation à 4,52 % constituait un effort considérable. Parallèlement, la politique monétaire a été conduite avec souplesse et rigueur afin de stabiliser le taux de change et les taux d’intérêt, tandis que des mesures budgétaires de grande ampleur ont été déployées pour soutenir les particuliers et les entreprises. En 2026, les exonérations et réductions d’impôts devraient représenter environ 240 000 milliards de dôngs, tandis que 120 000 milliards de dôngs d’impôts seraient reportés, soit un soutien total de 360 000 milliards de dôngs.
Diversifier les sources de financement
Pour atteindre une croissance supérieure à 10 % sur la période 2026-2030, l’investissement total de la société devra représenter environ 40 % du PIB, tandis que le coefficient marginal de capital (ICOR) devra être ramené entre 4,5 et 4,8. Les besoins de financement devraient, quant à eux, être multipliés par 2,21 par rapport à la période 2021-2025.
Face aux préoccupations des députés concernant la forte dépendance au crédit bancaire, le ministre a indiqué que le gouvernement avait anticipé ce risque et engagé, dans le cadre de la Stratégie de développement du marché boursier, des mesures visant à diversifier les sources de financement, avec de premiers résultats encourageants.
De son côté, le gouverneur de la Banque d’État, Pham Duc An, a rappelé que le système bancaire continuait de jouer un rôle central dans le financement de l’économie, en raison du développement encore limité des marchés de capitaux. Les dépôts à court terme représentent environ 80 % de l’ensemble des dépôts. Toutefois, une part importante de l’épargne des particuliers présente une relative stabilité, les dépôts étant régulièrement renouvelés.
La Banque d’État continue de contrôler la croissance du crédit, qui s’établit actuellement à environ 12,27 %. La progression du crédit immobilier est, quant à elle, limitée à 9,84 %, un niveau inférieur à celui du crédit dans son ensemble.
Concernant les petites et moyennes entreprises (PME), le gouverneur a indiqué que la Banque d’État travaillait avec leur association pour faciliter l’accès au crédit et réduire les taux d’intérêt, notamment grâce aux prêts fondés sur les flux de trésorerie. Il a appelé les entreprises à améliorer la transparence de leurs informations financières afin de permettre aux banques d’évaluer précisément leur situation financière et leur capacité de remboursement. La Banque d’État continuera d’encourager les établissements de crédit à élargir leurs prêts aux PME et d’améliorer le cadre juridique en la matière.
Améliorer la gestion des investissements publics
Concernant les reports importants de crédits budgétaires, le ministre a indiqué qu’ils avaient atteint 1,8 million de milliards de dôngs en 2025, soit plus de 40 % des prévisions. Cette situation s’explique par la forte hausse des recettes, notamment en fin d’année, ainsi que par le report des crédits destinés à des projets d’infrastructures pluriannuels.
Le gouvernement a ainsi adopté, le 8 octobre, la résolution n° 312/NQ-CP afin de renforcer la discipline budgétaire et d’accélérer le règlement des avances. Selon le ministre, la réduction du coefficient ICOR ne doit pas être appréciée uniquement à travers le montant des investissements décaissés, mais doit également tenir compte de l’avancement des travaux, de leur achèvement et de leur mise en service. Pour faire baisser cet indicateur, il est impératif que les ouvrages soient achevés et mis en exploitation dans les meilleurs délais.
Doubler les financements pour le delta du Mékong
Pour la période 2026-2030, le budget central prévoit 214 000 milliards de dôngs de transferts ciblés aux budgets des collectivités territoriales, auxquels devraient s'ajouter environ 56 600 milliards de dôngs de financements issus de l'aide publique au développement (APD).
Les ressources destinées au delta du Mékong pour soutenir son adaptation au changement climatique représenteront environ 18 % du montant total des transferts ciblés du budget central, soit le double de l'enveloppe allouée à cette région au cours de la période 2021-2025.
Le ministère des Finances poursuivra également ses négociations avec les organisations internationales afin de mobiliser des financements supplémentaires et d'accélérer la mise en œuvre des projets. -VNA