À la lumière de l'année écoulée et des perspectives pour 2026, les experts estiment que les entreprises et institutions financières doivent renforcer leurs capacités de gestion des risques pour faire face à un environnement mondial instable.
Dans son analyse, Douglas Matheson, responsable en chef des risques et de la conformité chez HSBC Vietnam, aux côtés de dirigeants de Vietcombank et BIDV, met en avant trois priorités : le risque de contrepartie dans un contexte incertain, la volatilité des taux de change et le rôle de la gouvernance et de la culture d’entreprise.
Malgré une croissance d’environ 8 % en 2025, les entreprises vietnamiennes ont évolué dans un environnement complexe, marqué notamment par des incertitudes liées aux politiques commerciales et tarifaires. L’absence de visibilité sur le calendrier et l’issue de ces politiques complique la fixation des prix, la prévision de la demande et la gestion des chaînes d’approvisionnement. À cela s’ajoute le retour de la volatilité des changes : l’appréciation du dollar a pesé sur les coûts d’importation et les flux de trésorerie, tandis que les fluctuations régionales ont complexifié les opérations transfrontalières. Dans ce contexte, la hausse des valeurs refuges comme l’or et l’argent reflète un climat d’incertitude accru.
Pour Matheson, la principale leçon de 2025 n’est pas de prévoir parfaitement les chocs, mais de disposer de cadres de gestion suffisamment flexibles pour identifier rapidement les risques et agir sans délai lorsque les informations sont incomplètes.
Les risques technologiques prennent également de l’ampleur. Selon Tong Tran Hieu, responsable de la gestion intégrée des risques chez Vietcombank, la transformation numérique accroît les menaces liées à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle. Si ces technologies offrent des gains d’efficacité, elles exigent des dispositifs de gouvernance adaptés.
Les cyberattaques, de plus en plus sophistiquées, peuvent entraîner des pertes financières et nuire à la réputation. D’où la nécessité de renforcer la sécurité des systèmes, d’investir dans des infrastructures multicouches et de préparer des plans de réponse aux incidents.
Du point de vue bancaire, Tran Phuong, vice-directeur général de BIDV, souligne deux enseignements majeurs. D’une part, les systèmes d’alerte précoce ne sont efficaces que s’ils déclenchent des actions concrètes, avec des seuils d’intervention clairs. D’autre part, les risques doivent être appréhendés de manière globale : la conformité à des normes comme Bâle III ne suffit pas, une vision intégrée du développement est essentielle pour assurer la résilience à moyen et long terme.
En 2026, ces risques devraient persister, dans un contexte marqué par la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que par les tensions géopolitiques affectant les chaînes d’approvisionnement. Face à cela, Matheson insiste sur l’importance de la pensée critique et de l’ouverture à des points de vue externes pour améliorer la prise de décision.
Il formule trois recommandations : suivre activement les nouvelles tendances, privilégier l’action et la coordination interne, et renforcer la gouvernance en encourageant l’esprit critique. Selon lui, la capacité à anticiper, se connecter et agir fera la différence entre les organisations qui subissent l’incertitude et celles qui parviennent à la maîtriser.
De son côté, Tran Phuong appelle les entreprises à améliorer l’efficacité de leur gestion des risques, en développant leur capacité d’observation et d’adaptation face aux mutations rapides de l’environnement mondial. -VietnamPlus