Hanoi (VNA) – Après plus d’un an de mise en œuvre à l’échelle nationale du modèle d’administration locale à deux niveaux et d’efforts visant à rationaliser l’appareil organisationnel, le Vietnam a démontré que la réforme allait dans la bonne direction, traduisant la politique du Parti en améliorations concrètes pour la population.
Toutefois, pour accroître l’efficacité de ce modèle, il convient de continuer à lever les obstacles – notamment en matière de personnel, de données, de ressources et de mécanismes de coordination – qui ont été mis en évidence lors de la troisième phase d’inspection et de surveillance menée par le Politburo et le Secrétariat du Comité central du Parti.
Les conclusions de la troisième phase d’inspection et de surveillance menée en 2026 par le Politburo auprès des permanences des comités du Parti provinciaux et municipaux ont mis en évidence les efforts proactifs et résolus des comités du Parti à tous les échelons, tout en soulignant les obstacles à lever pour garantir un fonctionnement plus fluide et plus efficace.
Hô Chi Minh-Ville en est une illustration parfaite. Malgré l’ampleur de son périmètre administratif — englobant 173 organisations du Parti affiliées —, le Comité municipal du Parti a su préserver la solidarité et la stabilité, piloter la gestion du personnel sans créer de vacance de pouvoir et orienter progressivement son action de la « stabilisation de l’appareil » vers « l’amélioration de la qualité du personnel et de l’efficacité de la mise en œuvre ».
La mégapole du Sud a mis en place des mécanismes transitoires de décentralisation de la gestion du personnel et a eu recours à la technologie ainsi qu’à des indicateurs clés de performance (KPI) pour évaluer les résultats obtenus.
Dans le Nord, Hai Phong a poursuivi son objectif de croissance à deux chiffres, élargi son espace de développement et créé de nouveaux moteurs de croissance, notamment une zone économique spécialisée, le plan directeur de la zone économique côtière du sud et une zone de libre-échange. La ville portuaire a également résolu les difficultés rencontrées par 91 de ses 151 projets. L’organisation et le fonctionnement de son administration locale à deux niveaux se sont globalement stabilisés et sont désormais efficaces.
La province de Phu Tho n’est pas en reste, en levant les obstacles à la transformation numérique tout en maintenant sa croissance économique parmi les dix plus élevées du pays.
Ce processus a constamment fait l’objet d’une attention soutenue et d’orientations claires de la part des autorités centrales. Lors d’une conférence consacrée au projet de rapport sur la troisième phase d’inspection et de surveillance de la permanence du Comité du Parti de Hô Chi Minh-Ville, le président de l’Assemblée nationale, Trân Thanh Mân, a souligné que « la décentralisation doit permettre à l’appareil de traiter les dossiers plus rapidement, d’être au plus près de la population et de gagner en efficacité, sans pour autant entraîner un morcellement des responsabilités ni créer d’importantes disparités dans la qualité de la gouvernance entre les localités ».
Dans le même esprit, le Premier ministre Lê Minh Hung a demandé à la permanence du Comité du Parti de Hai Phong de préparer un vivier de dirigeants dotés d’une vision stratégique, de capacités de gouvernance axées sur le développement et d’une solide aptitude à mettre en œuvre les politiques publiques. L’esprit d’innovation en matière de direction et d’orientation impulsé par les autorités centrales doit se diffuser à tous les échelons des organisations du Parti.
L’Assemblée nationale et le gouvernement s’emploient également, en urgence, à réviser et à réduire les procédures administratives ainsi qu’à opérer une transition vers une gouvernance fondée sur les données ; parallèlement, ils ont décidé de mettre fin à la validité de la décision n°241/QD-TTg afin de l’aligner sur le modèle d’administration locale à deux niveaux et sur le nouveau système de planification.
Dans cette même optique, le Premier ministre Lê Minh Hung a exhorté la permanence du Comité du Parti de la ville de Hai Phong à former une équipe de dirigeants dotés d’une vision stratégique, capables de façonner et de piloter le développement, et disposant d’une solide capacité de mise en œuvre. La dynamique d’innovation en matière de direction et de pilotage impulsée au niveau central doit également se diffuser à tous les échelons de l’organisation du Parti.
Toutefois, la mise en œuvre a aussi révélé certaines difficultés. La charge de travail au niveau local a considérablement augmenté à la suite de la décentralisation, tandis que les capacités de conseil demeurent limitées dans de nombreuses localités, en raison notamment d’une pénurie de spécialistes en technologies de l’information et en données. La situation à Cao Bang illustre bien qu’il reste encore beaucoup à faire.
La troisième mission d’inspection et de surveillance menée par le Politburo et le Secrétariat du Comité central du Parti a révélé que, sur les 20 lacunes identifiées lors de la deuxième mission, 14 subsistaient encore à Cao Bang et faisaient l’objet de mesures correctives. Concernant la mise en œuvre du modèle d’administration locale à deux niveaux, seules deux des huit tâches prévues avaient été accomplies. La province comptait également 96 postes vacants au sein des comités du Parti à l’échelon communal (répartis sur 37 communes et quartiers), ainsi que six postes vacants au sein des bureaux permanents des comités du Parti dans six unités.
Il convient de noter qu’après le passage au modèle à deux niveaux, les exigences pesant sur les autorités communales se sont considérablement accrues, alors que les capacités du personnel, les mécanismes de gestion et les conditions de soutien n’ont pas été adaptés en conséquence.
En réponse, les autorités centrales ont enjoint à la province de Cao Bang de « ne pas invoquer des difficultés objectives pour justifier des retards imputables à des facteurs subjectifs ». La province a reçu pour instruction de pourvoir les postes vacants tout en transférant ou en détachant du personnel qualifié vers les zones reculées, défavorisées et frontalières, en privilégiant les cadres spécialisés dans les technologies de l’information, la transformation numérique, la construction ainsi que les ressources naturelles et l’environnement. L’affectation du personnel doit reposer sur les besoins opérationnels plutôt que sur les préférences individuelles.
Plus d’un an de mise en œuvre a démontré que le modèle d’administration locale à deux niveaux peut fonctionner de manière stable et tisser des liens concrets avec la vie des citoyens, à condition que les obstacles rencontrés soient reconnus en toute franchise et traités rapidement. L’enseignement majeur à en tirer est que la délégation de pouvoirs doit s’accompagner d’un renforcement des capacités de mise en œuvre ainsi que d’une inspection et d’une supervision rigoureuses.
À mesure que les autorités centrales améliorent le cadre juridique et que les autorités locales collaborent pour surmonter les obstacles pratiques et combler les lacunes en matière de ressources humaines et de mécanismes, ce modèle d’administration locale à deux niveaux pourra accroître davantage ses capacités et son efficacité. Il contribuera ainsi à l’émergence d’un système politique rationalisé, mieux à même de servir la population et les entreprises. – VNA