Hanoï (VNA) - L’implantation de Samsung à Bac Ninh en 2008 a marqué le début d’une nouvelle vague d’investissements sud-coréens au Vietnam. Près de deux décennies plus tard, ces capitaux évoluent vers des activités à plus forte valeur ajoutée, rapprochant le Vietnam du statut de pôle régional de production technologique et d’innovation.
C’est ce qu’a déclaré Peter Kim, directeur général de HSBC République de Corée, évoquant les investissements sud-coréens au Vietnam et les perspectives de coopération entre les deux économies.
Des investissements fondés sur la confiance
Selon Peter Kim, le Vietnam reste une destination privilégiée des entreprises sud-coréennes pour leurs investissements à l’étranger.
Avec plus de 95 milliards de dollars de capitaux enregistrés dans plus de 10 400 projets, la République de Corée est le premier investisseur étranger au Vietnam en termes cumulés. Ces investissements soutiennent quelque 10 000 entreprises sud-coréennes, créent plus de 900 000 emplois et représentent près de 30 % des exportations vietnamiennes.
Le commerce bilatéral atteint près de 95 milliards de dollars, les deux gouvernements visant 150 milliards de dollars d’ici 2030.
Samsung a investi plus de 23 milliards de dollars au Vietnam, tandis que les investissements de LG dépassent 8 milliards de dollars. Hyosung a engagé 4 milliards de dollars et prévoit d’investir davantage. D’autres groupes tels que SK, Lotte, CJ et Doosan renforcent également leur présence.
Ces investissements couvrent notamment l’électronique, les écrans, le textile, la pétrochimie, la logistique, la distribution, la finance, les énergies propres et les infrastructures numériques.
Pour Peter Kim, les investissements suivent la confiance, elle-même fondée sur la stabilité et la cohérence des politiques. Le Vietnam bénéficie notamment d’une stabilité macroéconomique, de 17 accords de libre-échange en vigueur et d’une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée.
De l’assemblage aux laboratoires de recherche
Les investissements sud-coréens évoluent progressivement de l’assemblage vers la production avancée, puis vers la recherche et développement.
Le centre de R&D de Samsung à Hanoï, d’un investissement de 220 millions de dollars et présenté comme le plus grand d’Asie du Sud-Est, emploie des milliers d’ingénieurs vietnamiens travaillant notamment sur l’IA, les logiciels et les équipements de nouvelle génération.
Le Vietnam a par ailleurs franchi le cap de 2 milliards de smartphones produits. Selon Peter Kim, le pays passe progressivement de l’assemblage de technologies à une participation accrue à leur conception et leur développement.
Cette évolution correspond aux orientations nationales visant à attirer des IDE à plus forte valeur ajoutée, renforcer la participation des entreprises vietnamiennes aux chaînes d’approvisionnement mondiales et encourager les multinationales à établir des centres de R&D au Vietnam.
De « Made in Vietnam » à « Designed with Vietnam »
Selon Peter Kim, les entreprises sud-coréennes trouvent au Vietnam un marché de grande taille, une main-d’œuvre abondante et un environnement politique de plus en plus favorable. Pour le Vietnam, ces investissements contribuent au transfert de technologies, à la montée en gamme des fournisseurs locaux et au développement des compétences.
L’objectif est ainsi de passer progressivement de « Made in Vietnam » à « Designed and developed with Vietnam ».
Présent au Vietnam depuis 1870, HSBC accompagne les entreprises sud-coréennes et internationales, notamment dans les secteurs manufacturiers de haute technologie et à forte valeur ajoutée, en facilitant leurs opérations d’investissement, de financement et de commerce.
« Près de deux décennies après l’implantation d’une usine à Bac Ninh, le Vietnam se trouve à un nouveau tournant : passer d’une destination des IDE à un partenaire de l’innovation, de “l’usine de l’Asie” au “laboratoire de la région” », a estimé Peter Kim.
Selon lui, la coopération entre les deux pays pourrait désormais se mesurer non seulement par les échanges commerciaux, mais aussi par le nombre de brevets, d’ingénieurs et les bénéfices communs générés par l’innovation. -Vietnam+