Le Vietnam et le Canada disposent d’un large potentiel de coopération dans la nouvelle ère

Les convergences entre les priorités de politique étrangère du Vietnam et du Canada ouvrent de nouvelles perspectives de coopération bilatérale, notamment dans l’investissement, les technologies, les chaînes d’approvisionnement et le renforcement de la résilience économique.

Le secrétaire général du Parti et président de la République Tô Lâm prononce un discours de politique étrangère sur le thème « Le partenariat stratégique Vietnam-Canada dans un monde en pleine mutation ». Photo : VNA
Le secrétaire général du Parti et président de la République Tô Lâm prononce un discours de politique étrangère sur le thème « Le partenariat stratégique Vietnam-Canada dans un monde en pleine mutation ». Photo : VNA


Hanoï (VNA) – Le message du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, Tô Lâm, à l’Assemblée générale des Nations unies, appelant à restaurer la confiance, à respecter le droit international et à promouvoir la coopération multilatérale, présente de nombreux points de convergence avec les priorités de la politique étrangère du Canada, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour approfondir la coopération entre les deux pays.

Dans une interview accordée à un correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) au Canada, Vina Nadjibulla, cofondatrice et directrice exécutive du Centre canadien d’études stratégiques, a estimé que l’un des éléments marquants du message du secrétaire général du Parti et président de la République Tô Lâm résidait dans sa convergence avec les positions défendues par le Canada aux Nations unies.

Selon elle, l’accent mis par le Vietnam sur la restauration de la confiance, le respect de la Charte des Nations unies et du droit international, le règlement responsable des différends et le maintien du dialogue dans un contexte de concurrence géopolitique croissante reflète les préoccupations communes de nombreux pays face aux défis actuels.

Cette convergence d’intérêts crée un espace propice à un approfondissement des relations entre le Vietnam et le Canada. Bien que les deux pays n’adoptent pas nécessairement des approches identiques sur toutes les questions internationales, ils ont intérêt à préserver un système fondé sur des règles, dans lequel les institutions et le dialogue contribuent à limiter la domination des rapports de force et permettent aux pays de disposer d’une plus grande marge d’autonomie dans leurs choix de développement.

S’agissant du rôle du Vietnam dans le système multilatéral, Vina Nadjibulla a identifié trois domaines dans lesquels le pays peut apporter une contribution concrète : le commerce fondé sur des règles, la diplomatie régionale et la gouvernance des technologies.

Dans le domaine commercial, le Vietnam est profondément intégré à l’économie mondiale et occupe une place de plus en plus importante dans les chaînes de production et d’approvisionnement internationales. Il a donc un intérêt direct à préserver des marchés ouverts, transparents et prévisibles, régis par des règles communes. Le fait que le Vietnam assure en 2026 la présidence de la Commission du CPTPP constitue également une occasion de contribuer au renforcement de ce cadre commercial fondé sur des règles, important dans la région indo-pacifique.

Sur le plan de la diplomatie régionale, le Vietnam joue un rôle actif au sein de l’ASEAN et dispose d’une expérience importante dans le maintien du dialogue et de la coopération avec des partenaires aux intérêts et aux positions différents. Selon l’experte canadienne, l’expérience vietnamienne dans l’équilibre des relations avec les grandes puissances tout en préservant son autonomie stratégique peut constituer une référence utile pour les pays en développement et les puissances moyennes.

Dans le domaine de la gouvernance technologique, elle a salué l’accent mis par le Vietnam sur la nécessité pour les pays en développement de disposer d’une voix substantielle dans l’élaboration des règles internationales relatives aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Le Vietnam peut contribuer à faire en sorte que les débats internationaux sur l’IA, la gouvernance numérique et la transition verte reflètent davantage les besoins de développement des économies émergentes et favorisent une gouvernance technologique plus inclusive.

Concernant les relations Vietnam-Canada, Vina Nadjibulla estime que la priorité, dans la prochaine étape, devrait être d’élargir la coopération au-delà du commerce des marchandises pour privilégier les investissements, les partenariats technologiques et le renforcement de la résilience économique. Les deux pays disposent déjà d’importants fondements institutionnels pour concrétiser cette orientation, notamment le CPTPP, le cadre bilatéral de coopération dans les domaines des sciences, des technologies et de l’innovation, ainsi que le Comité mixte sur l’économie Vietnam-Canada.

Selon elle, les deux pays devraient également renforcer leur dialogue sur la sécurité économique et la résilience, en mettant l’accent sur les minerais stratégiques, l’énergie, les chaînes d’approvisionnement, les technologies émergentes et l’investissement. Parallèlement, le Vietnam et le Canada devraient tirer pleinement parti du CPTPP ainsi que du processus de négociation d’un accord de libre-échange ASEAN-Canada, non seulement pour accroître les échanges de marchandises, mais aussi pour promouvoir les investissements et la coopération dans la production.

Le Canada dispose d’atouts dans les domaines de l’énergie, des minerais stratégiques, des capitaux ainsi que de la recherche sur l’IA et les technologies avancées, tandis que le Vietnam possède d’importantes capacités de production, un marché en croissance rapide et une intégration profonde aux réseaux de production d’Asie du Sud-Est. Ces atouts complémentaires créent des conditions favorables à la construction conjointe de chaînes d’approvisionnement plus diversifiées, flexibles et résilientes face aux évolutions extérieures.

Un autre axe de coopération prometteur consiste à renforcer les liens entre les entreprises, les universités et les établissements de recherche des deux pays dans les domaines de la gouvernance de l’IA, de la cybersécurité, des normes numériques, des technologies propres et du développement des ressources humaines. Selon Vina Nadjibulla, l’orientation visant à développer les technologies afin d’élargir les possibilités, plutôt que de créer de nouvelles formes de dépendance, revêt une importance directe pour la coopération Vietnam-Canada.

L’experte canadienne souligne que la prochaine étape du développement des relations bilatérales ne devrait pas être mesurée uniquement à l’aune de la croissance des échanges commerciaux, mais également au degré auquel les deux pays investissent ensemble, développent conjointement les technologies et construisent des chaînes d’approvisionnement permettant à leurs deux économies de renforcer leur résilience. - VNA

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